Qu’est-ce que la citoyenneté culturelle ?

Le tout est plus grand que la somme de ses parties : Culture Montréal est un regroupement indépendant et non partisan qui rassemble tout citoyen reconnaissant le rôle fondamental de la culture dans l’essor de la métropole. Ce réseau est vaste et compte sur l’apport d’experts et d’intervenants de différents milieux. Source.

Définition : citoyenneté culturelle

La notion de citoyenneté culturelle :

  • Suppose une appropriation, par les individus, des moyens adéquats de création, de production, de diffusion et de consommation culturelles.
  • Adopte une perspective qui va du bas vers le haut, soit des citoyens vers les institutions.
  • Encourage l’expression des groupes plus alternatifs ou marginalisés par la culture dominante (le mainstream), ouvre de nouveaux espaces culturels et politiques, entraîne une multiplication de l’espace public.
  • Conçoit la culture comme vecteur de lien social.

Source : Culture Montréal.


Conseil des arts du Canada

Sommet des Amériques sur la culture

Citoyenneté culturelle

La citoyenneté culturelle est le thème principal du Sommet. Sur le plan conceptuel, la citoyenneté culturelle se fonde sur l’expression de pratiques et d’identités culturelles diverses et sur la pleine participation à la vie culturelle. Elle mise sur des conditions propices à l’épanouissement des artistes de tous horizons et à un engagement des citoyens envers les arts et la culture, qui témoigne de leur liberté personnelle et collective.

Droits culturels

Les droits culturels touchent à l’expression de la créativité artistique ainsi qu’à l’accès et à la participation à la vie culturelle selon des conditions d’égalité, de dignité humaine et de non-discrimination. Ils englobent, notamment la langue, le contenu culturel et artistique, le patrimoine culturel, les droits de propriété intellectuelle, les droits d’auteur, les droits des minorités ainsi que les droits et la participation culturels des Autochtones.

Démocratisation de la technologie à l’ère numérique

La démocratisation de la technologie signifie un accès accru à la technologie et un sentiment d’autonomie plus grand grâce à son utilisation. Les nouveaux outils numériques influencent radicalement la manière dont l’art est créé, partagé et vécu. Les algorithmes influencent de plus en plus nos choix et remettent en question notre libre arbitre. La valeur intrinsèque des arts et leur pleine expression au cœur du numérique peuvent et devraient mettre en question cette dynamique de dépossession.

Arts et changement social

Les arts nous aident à jeter un regard critique sur les enjeux de justice sociale et à imaginer d’autres possibilités et à bâtir un monde plus équitable. Ils permettent aux gens et aux communautés de raconter leurs histoires. Dans les Amériques et partout dans le monde, les artistes et les organismes adoptent des approches novatrices afin de contribuer à l’engagement citoyen et à l’évolution sociale.

Réconciliation

Des dizaines de pays, dont bon nombre des Amériques, ont entrepris un travail de vérité, de mémoire et de réconciliation au cours des dernières décennies, en réexaminant l’histoire nationale afin d’honorer et de respecter les survivants de cette histoire, et de mieux comprendre l’origine de la violence. Le travail de vérité et réconciliation se concentre sur la recherche de solutions pour s’attaquer aux inégalités, aux stigmates et aux divisions dans des sociétés où les communautés minoritaires, défavorisées ou autochtones ont été et sont encore victimes de violence et de discrimination. De plus, la réconciliation avec les peuples autochtones reconnaît « la nécessité urgente de respecter et de promouvoir les droits intrinsèques des peuples autochtones, qui découlent de leurs structures politiques, économiques et sociales et de leur culture, de leurs traditions spirituelles, de leur histoire et de leur philosophie […] » (extrait de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.)

Diversité et inclusion

La diversité et l’inclusion consistent à reconnaître la différence et à autonomiser les personnes marginalisées et défavorisées en raison de leur race, de leur âge, de leur handicap, de leur statut économique, de leur sexe ou de leur orientation sexuelle. L’inclusion favorise la création de conditions justes pour que tous participent également à la vie sociale, reconnaissant ainsi que tous n’ont pas un accès égal aux ressources, aux possibilités ou aux avantages offerts. Un secteur des arts et de la culture diversifié permet de contrer la fragmentation et la marginalisation, et crée un sentiment d’appartenance au sein des populations.

Source : Conseil des arts du Canada.


Gagné, Stéphane, Mieux comprendre la citoyenneté culturelle, Le Devoir,

Letarte, Martine, Citoyenneté culturelle, médiation et accessibilité – La culture sera citoyenne!, Le Devoir, 25 février 2012

Doyon, Frédérique, Vers une citoyenneté culturelle?, Le Devoir, 29 septembre 2012


Extrait

CULTURE + CITOYENNETÉ = CITOYENNETÉ CULTURELLE

Origines et descriptifs des concepts

L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), définit la culture comme «l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances».

L’un des grands penseurs de la citoyenneté moderne, le sociologue britannique Thomas Humphrey Marshall la définissait ainsi: «la citoyenneté est un statut accordé à ceux qui sont des membres à part entière d’une communauté. Tous ceux qui jouissent de ce statut sont égaux en regard des droits et des devoirs dont un tel statut est doté». La citoyenneté revêt donc à la fois la notion d’appartenance à une communauté et un devoir de participation.

Comment créer, générer cette notion d’appartenance? Et comment encourager la notion de participation citoyenne? Les arts et la culture sont au cœur de l’expression de l’identité d’un peuple. Ils sont le reflet de l’histoire, du passé, des traditions, mais aussi des bouleversements et des tendances émergentes. À travers l’art et la création, il est possible de s’exprimer et d’établir un dialogue. Les arts agissent comme des moteurs d’appartenance.

S’approprier sa culture, créer des socles communs auxquels nous identifier, tout cela contribue à former de meilleurs citoyens.

Le concept de citoyenneté culturelle a quant à lui germé dans la tête du sociologue britannique Raymond Williams, instigateur du courant des Cultural Studies, au milieu du XXe siècle. Ce dernier évoque pour la première fois le droit d’accès à la culture de chaque citoyen. Le citoyen fait sien les différents outils culturels et les institutions se doivent de favoriser l’expression culturelle du plus grand nombre.

Au Québec, le chercheur Christian Poirier de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) décrit la citoyenneté culturelle comme une évolution du rapport entre l’État et l’art, passant de la démocratisation de la culture (du haut vers le bas) à la démocratie culturelle qui fait référence à l’appropriation par les individus des moyens de création, production, diffusion et consommation culturelles (du bas vers le haut, soit des citoyens aux institutions). L’individu n’est plus simplement considéré comme spectateur et consommateur, mais devient à la fois créateur et diffuseur.

La citoyenneté culturelle contribue à la construction identitaire ainsi qu’à la rencontre et aux interactions avec «autre» que soi, elle ouvre au dialogue. Elle permet une ouverture vers la sphère publique et le politique. Elle conçoit la culture comme vecteur de lien social. Elle met à l’avant-scène les citoyens comme des acteurs culturels, des créateurs. Tout cela se reflète à l’heure actuelle dans la réalité numérique, de plus en plus présente, voire omniprésente dans le cas des jeunes.

La citoyenneté culturelle des jeunes: un enjeu de développement

De nombreuses études font état de la relation entre les arts et le bien-être, mais également du rôle unique des arts dans le développement des jeunes, notamment de leur impact sur la réussite scolaire. La National Assembly of State Arts Agencies (NASAA), basée à Washington, a publié une étude éclairante sur le sujet en 2009. Cette étude résume bien les bénéfices décrits par la littérature scientifique.

«La recherche en éducation montre que les enfants qui étudient les arts font preuve d’un meilleur rendement scolaire dans l’ensemble. L’éducation constituant une priorité fonda-mentale en matière de politique publique, le rôle des arts dans l’apprentissage représente un intérêt grandissant pour les parents, les enseignants, les législateurs, les autorités municipales et les propriétaires d’entreprises. Les programmes artistiques permettent aux étudiants d’avoir davantage confiance en eux, renforcent la capacité des enfants et des adolescents à communiquer et à trouver des solutions, et préparent les jeunes à devenir des personnes qui résoudront les problèmes de façon créative et ingénieuse, recherchées par les employeurs pour former leurs effectifs actuels.»

«Je me souviens… Je sens mon cœur qui bat vite, mais je respire calmement. Je danse pour la première fois sur scène et tout le monde me regarde. Je me sens belle et talentueuse…

Je suis un jeune créatif!»

— Solene Bourgeois-Cantin, Élève de l’école secondaire Paul-Hubert et de l’école de danse Quatre-Temps, rcrcq.ca

Source : Vers un plan d’action sur la citoyenneté culturelle des jeunes, Rapport de synthèse des forums régionaux 2014-2016, Réseau des Conseils régionaux de la culture.


* Nouveau * La pratique artistique amateur : vers une citoyenneté culturelle dans les quartiers

Ce programme remplace les programmes Inclusion et innovation en loisir culturel ainsi que Collaboration Loisir et culture.

Le programme La pratique artistique amateur : vers une citoyenneté culturelle dans les quartiers permet d’offrir une aide financière pour le développement et la réalisation de projets novateurs et structurants en pratique artistique amateur. Il vise à améliorer l’infiltration de la culture à l’échelle montréalaise grâce à des projets qui valorisent l’autonomisation du citoyen dans sa pratique artistique amateur.

Il est rendu possible grâce à l’Entente sur le développement culturel de Montréal conclue entre la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec.

  • Il s’agit ici du seul appel de projets lancé en 2018.
  • Date limite du dépôt des demandes : 22 octobre 2018.
  • Dorénavant, les organismes pourront, après avoir respecté certaines conditions, soumettre le même projet pour plus d’un appel. Un projet ne pourra cependant pas être soutenu plus de trois fois.
  •  Les projets se déroulant dans les résidences pour aînés, les HLM, les centres de détention, les centres jeunesse et dans le milieu de la santé sont maintenant admissibles. 
  • Les organismes pourront également soumettre un projet pluriannuel se déroulant en deux phases (sur deux ans).  Ils ne pourront toutefois pas être financés plus d’une fois.
  • Trois rencontres publiques ont eu lieu pour découvrir notre nouveau programme

Documents nécessaires pour préparer une demande 

Source : Ville de Montréal.


Notre commentaire

Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

Je ne parvient pas encore à saisir clairement le concept de citoyenneté culturelle. Je comprends davantage lorsque le concept est lié à la pratique culturelle en amateur. Certains intervenants parlent du «droit d’accès à la culture de chaque citoyen» et d’autres soutiennent que «L’individu n’est plus simplement considéré comme spectateur et consommateur, mais devient à la fois créateur et diffuseur».

Les citations ci-dessous nous éclairent :

Le concept de citoyenneté culturelle a quant à lui germé dans la tête du sociologue britannique Raymond Williams, instigateur du courant des Cultural Studies, au milieu du XXe siècle. Ce dernier évoque pour la première fois le droit d’accès à la culture de chaque citoyen. Le citoyen fait sien les différents outils culturels et les institutions se doivent de favoriser l’expression culturelle du plus grand nombre.

Au Québec, le chercheur Christian Poirier de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) décrit la citoyenneté culturelle comme une évolution du rapport entre l’État et l’art, passant de la démocratisation de la culture (du haut vers le bas) à la démocratie culturelle qui fait référence à l’appropriation par les individus des moyens de création, production, diffusion et consommation culturelles (du bas vers le haut, soit des citoyens aux institutions). L’individu n’est plus simplement considéré comme spectateur et consommateur, mais devient à la fois créateur et diffuseur.

Source : Vers un plan d’action sur la citoyenneté culturelle des jeunes, Rapport de synthèse des forums régionaux 2014-2016, Réseau des Conseils régionaux de la culture.

Je rencontre une forte résistance à ce concept lorsqu’on approche le citoyen comme un «consommateur» de la culture.

Mais si les pratiques culturelles, loin de s’effriter, s’étaient simplement décuplées et déplacées ? La dernière enquête du ministère de la Culture sur les pratiques culturelles des boomers et des jeunes à travers le temps avance cette hypothèse. La participation culturelle implique cette notion élargie de la culture, en évitant de la réduire aux seules activités institutionnelles. Elle intègre l’apport créatif de l’individu lui-même, qu’il écrive son journal ou qu’il enregistre une pièce musicale. Une approche qui a aussi le mérite de dépasser le simple rapport consumériste à la culture.

Source : Doyon, Frédérique, Vers une citoyenneté culturelle?, Le Devoir, 29 septembre 2012

Selon moi, la citoyenneté culturelle implique de considérer les personnes s’adonnant à des pratiques culturelles en amateur comme des citoyens et, à ce titre, ayant droits au développement des services publics dans leur domaine de pratique plutôt que des services privés.

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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