La vigilance du gouvernement du Québec face aux organismes littéraires subventionnés, une excellente approche

La vigilance du gouvernement du Québec face aux organismes littéraires subventionnés, une excellente approche

Tout gouvernement a le devoir d’évaluer la pertinence de ses programmes d’aide financière en lien avec leurs objectifs et les résultats attendu, notamment, en matière d’efficience et d’efficacité.

L’efficience est un composant important de la mesure de la performance. C’est l’optimisation de la consommation des ressources utilisées (intrants) dans la production d’un résultat (extrant).

Elle se mesure à partir de rapports entre les résultats obtenus et les ressources utilisées.

En conformité avec le modèle de Gilbert, il faut la distinguer de l’efficacité, qui vise à vérifier si les résultats obtenus sont en ligne avec les objectifs fixés, et de la pertinence, qui vise à procurer les moyens suffisants pour atteindre les objectifs fixés.

Source : Wikipédia.

Le cas de l’Académie des lettres du Québec

Ainsi, le Conseil des arts du Canada, le Conseil des Arts et des Lettres du Québec et le Conseil des arts de Montréal ont décidé de ne plus subventionner l’Académie des lettres du Québec. Le président de l’Académie des lettres du Québec, Émile Martel, a expliqué au quotidien LE DEVOIR pourquoi l’organisme a perdu ses subventions :

Peu de visibilité

Interrogé sur les raisons expliquant la fin des subventions, Émile Martel mentionne le peu de visibilité de l’Académie dans le public. « L’Académie n’est pas une très bonne relationniste », reconnaît-il. Au fil des ans, ses membres ont préféré assurer une présence constante mais discrète.

Source : Caroline Montpetit, L’Académie des lettres du Québec perd toutes ses subventions, LE DEVOIR, 24 mai 2018.

L’Académie des lettres du Québec a trouvé un appui dans la communauté des écrivains qui ont signé conjointement la lettre ouverte suivante :

Lettre ouverte au premier ministre du Québec

Montréal, le  23 mai 2018

Monsieur le Premier ministre,

Cette lettre ouverte provient d’un groupe statutairement formé de 50 écrivains. Elle raconte une histoire vraie.

Il était une fois, au Québec, en 1944, une petite assemblée d’une quinzaine de personnes dont la principale occupation était de traduire en romans, en poèmes, en essais, en pièces de théâtre et en contes cette réalité qui, sans les livres disent souvent les lecteurs, semble opaque. L’une de ces personnes avait roulé sa bosse jusqu’en Chine et en avait rapporté une œuvre singulière. C’était Alain Grandbois. Une autre avait vu la mer rouler ses paquets dans les replis de l’âme et l’avait mise en poème. C’était Rina Lasnier. Un autre  maniait férocement la plume, tout en enseignant la littérature à l’École des HEC. C’était Victor Barbeau. C’est d’ailleurs lui qui avait eu l’idée de cette petite assemblée. Une quinzaine, on a dit.

L’arme, l’outil, l’instrument de musique par excellence de ces gens était la langue française. Ils l’avaient reçue en héritage il y a trois siècles et, avec d’autres depuis, s’employaient à le faire fructifier sur les bords du Saint-Laurent. Comme ils avaient un peu voyagé et lu et vu ce qui se faisait ailleurs, cette petite assemblée, ils l’ont appelée une Académie des lettres. Elle a aujourd’hui 74 ans, ce qui fait d’elle une jeunesse aux côtés de l’Académie royale de langue et de littérature française de Belgique (98 ans), de l’Académie française (383 ans), de l’Académie royale des sciences et des lettres du Danemark (276 ans), de l’Académie des sciences et des lettres de Lisbonne (219 ans) ou de tant d’autres de ses vis-à-vis à l’étranger. Et de 15, le nombre de ses membres réguliers a depuis été fixé à 50, auxquels s’ajoute une dizaine d’autres, dits membres émérites.

Oui, l’Académie des lettres du Québec est jeune. Elle est également fort active, entre les quatre prix littéraires prestigieux qu’elle décerne chaque année, la Rencontre internationale des écrivains qu’elle organise depuis des décennies, son colloque (non universitaire et ouvert à tous) ou ses activités publiques au Musée des beaux-arts de Montréal, pour s’en tenir à ces quelques activités. Jeune, elle a donc aussi plein de projets. Par exemple, elle se voit très bien se joindre à d’autres organismes, pour combattre, sabre au clair,  l’hydre de l’analphabétisme qui fait en sorte que 19 p. cent des Québécois ne savent pas du tout lire la réalité tandis que 34,3 p. cent d’autres ne peuvent la lire que partiellement.

Elle voit très bien aussi le rôle qu’elle pourrait jouer au sein de la francophonie, quand les Académies des lettres des différents pays qui la composent décideront d’œuvrer de concert sous la grande tente du rayonnement de la langue française, comme il en est de plus en plus question dans les milieux informés. Récemment, devant l’Académie française, le président de la République, Emmanuel Macron, a appelé à une fédération des académies de langue française, à l’avènement, en somme, d’une Académie des Académies. Comment le Québec, si prompt à affirmer son rôle au sein de la francophonie, pourrait-il alors se passer de l’Académie des lettres du Québec ?

Il y a des jours où cette dernière se dit que les 50 écrivains qui la composent représentent un formidable vivier d’expériences en matière de langue et de littérature. Le fait que ceux-ci soient cooptés par leurs pairs, en reconnaissance de leurs accomplissements présents et à venir comme c’est la règle dans l’univers des Académies, ne fait d’eux ni des snobs, ni des passéistes, ni des traditionalistes, contrairement à une certaine idée reçue. Au cinéma, l’Académie des Oscars est une instance légitime et considérée comme actuelle et nécessaire. Pourquoi l’Académie des lettres le serait-elle moins? Pourquoi l’Académie des lettres du Québec, qui compte parmi ses membres nombre de lauréats des prix David et du Gouverneur général, de récipiendaires de l’Ordre national du Québec et de l’Ordre national du Canada, pour ne rien dire de ceux qui sont membres aussi de la Société royale du Canada, pourquoi l’Académie des lettres du Québec, où figurent notamment Hubert Reeves, Marie-Claire Blais ou Antonine Maillet, devrait-elle être déconsidérée ou ignorée à ce point des pouvoirs publics? Pire : pourquoi devrait-elle maintenant disparaître, faute de moyens, malgré le bénévolat de ceux et celles qui l’animent?

C’est que l’histoire racontée dans cette lettre ouverte, Monsieur le Premier Ministre, pourrait mal se terminer. À 74 ans bien sonnés, l’Académie des lettres du Québec ne sait plus vers qui se tourner pour poursuivre sa contribution à la culture québécoise. Les Conseils des arts et autres instances gouvernementales, à divers paliers, et en particulier le Conseil des arts et des lettres du Québec, qui l’a soutenue pendant des décennies, ne peuvent pas ou ne veulent plus lui faire une place dans leurs programmes en raison de leurs critères d’attribution. Les fonctionnaires du cabinet de la ministre de la Culture ne savent pas quoi faire d’elle. Depuis sept mois, elle lance des appels à l’aide dans les dédales de votre propre cabinet. En vain. Sont-ils seulement remontés jusqu’à vous? Dans l’intervalle, l’Académie a bien passé le chapeau auprès de ses membres. Ils ont donné. Ça ne suffit pas. Elle a frappé aux portes de mécènes privés. Une seule s’est ouverte, où l’on a donné, mais de manière ponctuelle. Ça ne suffit pas. Récemment, la ministre de la Culture du Québec a accepté, sur son insistance, de recevoir les membres de son bureau de direction élargi. Pendant un peu moins de trente minutes, entourée de ses fonctionnaires, madame Montpetit a écouté ceux-ci avec perplexité. Puis elle les a fait raccompagner à la sortie. Voilà qui est loin de suffire.

Un lecteur assidu comme vous, monsieur le Premier ministre, connaît sûrement l’existence de cette catégorie d’ouvrages appelée «les livres dont vous êtes le héros». Vous voilà en plein dedans. L’Académie des lettres du Québec est déjà une institution littéraire de premier plan. Faites en sorte, monsieur le Premier ministre, que l’État québécois, à l’initiative de votre gouvernement, lui accorde un statut officiel à l’avenant, dont ne peut que bénéficier ce Québec où les mots «culture», «langue française» et «littérature» sont chargés de sens. Reconnaissez par là son apport essentiel à la vie littéraire québécoise et donnez-lui les moyens, modestes mais réels, de poursuivre son action. Ce n’est pas que l’histoire doive bien finir. C’est qu’elle est loin d’être terminée. Il n’en tient qu’à vous, monsieur le Premier ministre, de le signifier et d’en ouvrir un nouveau chapitre.

Ont signé cette lettre :

Émile Martel, président; Laurier Lacroix, secrétaire général; Marie-Andrée Lamontagne, vice-présidente; Antonine Maillet, Hubert Reeves, Marie-Claire Blais, Lise Bissonnette, Gérard Bouchard, Yves Beauchemin, Louis Jolicoeur, Lise Gauvin, France Théoret, Daniel Canty, Hélène Dorion, Pierre Ouellet, Denise Desautels, Jacques Beauchemin, Madeleine Monette, Georges Leroux, Louise Dupré, Michel-Marc Bouchard, Carole Fréchette, Joël DesRosiers, Monique Proulx, Jean Royer, Monique LaRue, Nicole Brossard, Rober Racine, Jean-Paul Daoust, Micheline Cambron, Monique Deland, Danielle Fournier, André Ricard, Naïm Kattan, Jean-Claude Corbeil, Jean-Guy Pilon, Jacques Allard, Martine Audet, Pierre Nepveu, Catherine Mavrikakis, Paul Bélanger, André Brochu, Paul-Chanel Malenfant, Rodney Saint-Éloi, Suzanne Jacob, Madeleine Gagnon, André Vanasse, Gilles Pellerin, Sherry Simon, Yvan Lamonde, Fernande Saint-Martin, Robert Lalonde

Source : Académie des lettres du Québec.

Le président Émile Martel a signé une autre lettre adressée au Premier ministre du Québec à titre de simple citoyen :

Montréal, le 4 juin, 2018

Monsieur le premier ministre,

j’ai un fils qui a posté très publiquement 101 lettres à un premier ministre. On en a, à l’époque, fait grand cas dans les médias. Pour ma part, je ne vous en ai adressé que deux ces derniers mois, puis ne recevant pas de réponse, 51 – 51! – collègues de l’Académie des lettres du Québec vous ont signé le 13 mai une troisième lettre, rendue publique, celle-là ; comme président je me suis joint à eux.

Cette lettre-ci ne vient pas du président de l’Académie des lettres du Québec.Elle vient de ce que l’on appelle ‘un simple citoyen’ dont le fils a donné l’exemple d’un désir respectueux de dialogue avec le chef de son gouvernement.

On sait que vous êtes un lecteur, on dit que vous aimez la littérature. Vous en connaissez donc l’importance dans ce qui nous singularise, ce qui nous explique à nous-mêmes et au monde. C’est dans le numérique, certes, mais tellement dans l’écrit.

N’allez pas croire que je vais parler d’autre chose que du sort de l’Académie. Yann parlait à M. Harper du sort de son pays et du besoin qu’il avait d’un leadership éclairé, informé, sophistiqué, qui a lu et souhaite qu’on lise. La même courtoisie dont je n’ai pas manqué d’émailler les lettres que je vous ai faites, il l’a utilisée sans faille, mais sans réponse.

L’énergie que j’ai consacrée à vous présenter mon inquiétude en exposant les tenants et les aboutissants de la demande qu’on accorde à l’Académie des lettres du Québec une reconnaissance officielle, accompagnée d’un modeste viatique, ces lettres sont restées sans réponse. Que dois-je faire pour qu’on en parle, vous et moi?

C’est bien de la société québécoise dont on parle, et d’un aspect de son avenir ancré dans son passé.  C’est de culture qu’il s’agit. Et, quel que soit le titre de vos ministres, l’expérience d’une réunion récente avec celle qui est responsable de la culture nous prouve que c’est vraiment chez vous, sur votre table que cette affaire doit être traitée. C’est une affaire modeste, certes, mais c’est une affaire d’État.

Je prends l’audacieux risque de vous répéter la première phrase de ma première lettre, celle qui date du 11 octobre dernier : je ne peux commencer cette demande sans affirmer que ce qui est inutile est souvent nécessaire et ce qui est hors de prix peut parfois coûter très peu.  C’est un simple citoyen qui vous présente cette demande.

Avec mes respects et mes salutations distinguées

émile martel

Source : Académie des lettres du Québec.

Gérard Bouchard, historien et sociologue, a lui aussi ajouté son grain de sel à la démarche de l’Académie des lettres du Québec par une lettre d’opinion publiée le 25 mai dernier dans le quotidien LA PRESSE et intitulée Le Québec traite mal ses écrivains. En voici un extrait :

Pour ce qui est de l’aspect financier, les demandes de l’Académie sont pourtant très modestes, grâce en partie aux contributions de ses membres. Néanmoins, pour des raisons très difficiles à comprendre, les trois organismes subventionnaires parapublics qui soutenaient ses activités lui ont retiré leur appui, l’un après l’autre, mais sans lui reprocher quoi que ce soit, tout simplement en vertu soit de coupes budgétaires, soit de nouveaux critères de financement qui disqualifient désormais un organisme comme l’Académie.

Source : Gérard Bouchard, Le Québec traite mal ses écrivains, LA PRESSE, 25 mai 2018.

Je suis très étonné de l’amalgame fait par ce sociologue et historien québécois de premier plan. Ce n’est pas parce que les instances gouvernementales décident de ne plus subventionner un organisme, en l’occurrence l’Académie des lettres du Québec, qu’elles mal traitent les écrivains québécois.

Mario Girard de LA PRESSE a consacré l’une de ses chroniques à la situation de L’Académie des lettres du Québec sous le titre  »Qui a peur du mot « académie » ? » où il s’interroge sur les motivations des instances gouvernementale et dont voici un extrait :

Où est-ce parce qu’on aurait peur tout simplement du mot « académie » ? Une académie, ça fait pompeux, ça fait costume d’apparat, ça fait épée, ça sent la vieille pipe. Une académie, ça évoque tout cela et pire encore. Une académie, ça fait intellectuel.

Je l’ai souvent affirmé : les Québécois craignent les intellectuels. On préfère les cacher. Ou alors, s’ils s’expriment, il faut qu’ils le fassent dans un enrobage de culture populaire et de quelques jurons bien placés. Là, ça passe. Mais une bande d’écrivains qui réfléchissent ? Wouash ! Envoyez-moi ça au plus vite chez Pivot.

Source : Mario Girard, Qui a peur du mot « académie », LA PRESSE, 13 mai 2018.

Le principe de base d’une communication efficace repose sur la codification par l’émetteur de son message dans un langage compréhensible par le récepteur (la ou les personnes à qui s’adresse le message), et ce, au risque de ne pas être compris.

L’allusion du chroniqueur de LA PRESSE à un «enrobage populaire et de quelques jurons bien placés» relève de préjugés face aux Québécois. Nous détestons par-dessus tout les gens qui s’expriment dans un langage hermétique que nous ne pouvons pas comprendre nous rappelant sans cesse les limites de nos connaissances. En revanche, nous adorons les vulgarisateurs parce qu’ils nous rendent intelligible le langage hermétique.

L’Académie des lettres du Québec me laisse d’impression d’une organisation refermée sur elle-même, incapable de remplir sa mission au vue et au su de tous. « L’Académie n’est pas une très bonne relationniste » nous dit le président de l’organisme.

Ce genre d’organismes se réveille le jour où ils perdent leur aide de l’État. Mais cela ne signifie pas qu’ils comprennent vraiment ce qui leur arrive, tellement leur coma était profond et leur comportement ancré dans le passé. Ils se débattent avec vantardise mettant de l’avant leur mission et leurs réalisations, bref avec un ego démesuré alimenté en partie par l’espace médiatique conquis. Mais dans le cas de l’Académie des lettres du Québec, le gouvernement n’a pas été dupe.

Le cas de la Fédération québécoise du loisir littéraire

Je vous rappelle que la Fédération québécoise du loisir littéraire (FQLL) a subit le même sort. Le ministère de la Culture et des Communications du Québec (MCCQ) lui a retiré son accréditation d’organisme national en loisir culturel et, du même coup, son financement dans le cadre de son programme Aide au fonctionnement, parce que l’organisation ne répondait plus aux normes gouvernementales.

Contrairement à l’Académie des lettres du Québec, la Fédération québécoise du loisir littéraire n’a pas recouru aux médias pour se faire entendre du gouvernent et pour mobiliser la population. Elle s’est soumise à une loi trop souvent appliquée dans les milieux littéraires : l’omerta (la loi du silence).

Elle a tout de même informé ses membres en ces mots :

«Périodes d’incertitude et de doutes, mais aussi de rêves et d’espoir, la Fédération québécoise du loisir littéraire vogue sur une mer agitée, en ce moment.

Le plan d’action élaboré à l’aide des consultations qui ont eu lieu dans 7 régions a été présenté le 20 septembre dernier, aux membres de la FQLL. Il est disponible sur notre site internet. Ce document donnera une direction aux différentes activités menées par la FQLL. Il aidera aussi à répondre plus adéquatement aux besoins des membres et du grand public en matière de loisir littéraire. Il représente l’espoir.

Néanmoins, cette phase d’optimisme est atténuée par l’instabilité financière. En effet, la FQLL est toujours en pourparlers avec son bailleur de fonds principal. Les activités sont mises sur la glace en attendant une réponse, on l’espère, positive qui permettra de mettre en branle le plan d’action.»

Le Passeur, No 42, année 2017-2018, Fédération québécoise du loisir littéraire

Malgré ce Plan d’action stratégique 2018 -2020 et les pourparlers avec le ministère de la Culture et des Communications du Québec, ce dernier n’est pas revenu sur sa décision. La FQLL ne respecte pas les normes d’accréditation du MCCQ et même si elle s’y engage, ce n’est pas encore un état de fait puisque l’organisme se donne jusqu’en 2020 pour se soumettre aux normes. De plus, la FQLL demandait au gouvernement de financer sa mise aux normes gouvernementales, une aide non-prévue dans le programme d’Aide au fonctionnement du MCCQ ouvert uniquement aux organismes qui répondent déjà aux normes.

Un message des citoyens payeurs de taxes et d’impôts

Lorsque le gouvernement refuse de renouveler son aide, une grande humilité s’impose car, en fin compte, le message provient des citoyens payeurs de taxes et d’impôts. La vigilance du gouvernement face aux organismes qu’il subventionne dans tous les domaines, y compris littéraire, répond aux demandes des citoyens.

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