Je crois dans les activités en loisir littéraire comme un moyen de meubler la solitude, de briser l’isolement social et de soutenir l’engagement social chez les personnes âgées

La solitude chez les personnes âgées me préoccupe autant dans ma vie personnelle que professionnelle. Je crois dans les activités en loisir littéraire comme un moyen de meubler la solitude, de briser l’isolement social et de soutenir l’engagement social.
Mon tout premier recueil de poèmes écrit et publié au cours de mon adolescence s’intitulait LUEUR DE SOLITUDE et mon tout premier poème mettait en vedette un homme de 98 ans vivant seul.
Je n’ai aucun mauvais souvenir de ma solitude au cours de mon adolescence car elle était CRÉATRICE. Et cette créativité s’est inscrite dans ma solitude ma vie durant et elle sera ma compagne jusqu’à la mort.
Le meilleur moyen d’alléger le poids de la solitude chez les personnes âgées : la CRÉATIVITÉ.

L’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement publie son premier rapport sur la santé et le vieillissement au Canada et consacre le cinquième chapitre à la solitude.

Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys


L’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement publie son premier rapport sur la santé et le vieillissement au Canada

22 Mai 2018


À propos

L’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement (ÉLCV) est une vaste étude nationale à long terme, qui permettra de suivre environ 50 000 Canadiens et Canadiennes âgé(e)s de 45 à 85 ans au moment du recrutement, pendant une période d’au moins 20 ans. L’ÉLCV recueillera des renseignements sur les habitudes de vie des participants, ainsi que les aspects biologiques, médicaux, psychologiques, sociaux, économiques de leur vie. Ces facteurs seront étudiés dans le but de comprendre comment, seuls ou en combinaison, ils influencent le maintien de la santé et le développement de maladies et d’incapacités en vieillissant.


L’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement publie son premier rapport sur la santé et le vieillissement au Canada

Ce rapport présente les conclusions principales quant aux aspects physiques, psychologiques et sociaux associés au vieillissement, tirées de données recueillies auprès de 50 000 Canadiens âgés de 45 à 85 ans

L’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement (ÉLCV), l’étude canadienne la plus importante et la plus exhaustive sur la santé et le bien-être de la population vieillissante du pays, a publié aujourd’hui le Rapport de l’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement (ÉLCV) sur la santé et le vieillissement au Canada : résultats de la collecte de données (2010-2015). Ce rapport présente les conclusions principales quant à différents aspects physiques, psychologiques et sociaux associés au vieillissement, tirées de données recueillies auprès des 50 000 participants de l’ÉLCV, qui étaient âgés de 45 à 85 ans lorsqu’ils ont été recrutés pour l’étude.

Le Rapport de l’ÉLCV sur la santé et le vieillissement au Canada établit que :

  • 95 % des aînés canadiens jugent que leur santé mentale est excellente, très bonne ou bonne;
  • les femmes rapportent les sentiments de solitude et d’isolement social plus souvent que les hommes, et il y a une corrélation notable entre le sentiment de solitude et la prévalence de la dépression chez les aînés canadiens;
  • 44 % des aînés canadiens rapportent prodiguer un certain niveau de soins à d’autres personnes, et que c’est chez les personnes âgées de 55 à 64 ans qu’on retrouve la plus forte proportion d’aidants (près de 50 % d’entre elles);
  • la conduite automobile est le moyen de transport le plus utilisé par les aînés canadiens, indépendamment de l’âge, du sexe, de l’emplacement géographique, de la santé et de l’état fonctionnel.

Le rapport complet fait ressortir les résultats liés, entres autres, à la santé physique et mentale, à la solitude et à l’isolement social, à la prestation et à l’obtention de soins, au transport et à la mobilité, au travail et à la retraite, à la fonction physique, à l’incapacité et aux chutes, au vieillissement des personnes homosexuelles et bisexuelles, et au mode de vie et au comportement.

Pour consulter le Rapport de l’ÉLCV sur la santé et le vieillissement au Canada, veuillez visiter le www.clsa-elcv.ca/rapportdelELCV.

« L’abondance de données obtenues dans le cadre de l’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement permet aux chercheurs d’explorer les facteurs biologiques, médicaux, psychologiques, sociaux, économiques et liés au mode de vie qui sont associés au vieillissement en santé », explique le Dr Parminder Raina, chercheur principal désigné de l’ÉLCV et membre du Conseil national des aînés. Le Dr Raina est aussi titulaire de la Chaire de recherche du Canada en géroscience à l’Université McMaster. « Nous sommes très heureux de publier nos conclusions initiales dans ce rapport, qui aborde un vaste éventail de sujets, en espérant que celles-ci seront utilisées pour élaborer des politiques et des programmes de santé et de services sociaux fondés sur des données probantes, dans le but d’améliorer la qualité de vie des Canadiens de tous âges. »

Le financement pour l’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement (ÉLCV) a été octroyé par le gouvernement du Canada, par l’entremise des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI). Le financement et le soutien pour le Rapport de l’ÉLCV sur la santé et le vieillissement au Canada proviennent de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) et d’Emploi et Développement social Canada (EDSC).

« Nous sommes conscients des enjeux liés au vieillissement de la population canadienne auxquels nous faisons face, affirme l’honorable Ginette Petitpas Taylor, ministre de la Santé. L’ÉLCV fournit les preuves dont nous avons besoin pour déterminer les principales priorités en santé et pour concevoir un plan d’action, afin de pouvoir faire la promotion de la santé et de la qualité de vie des aînés canadiens. »

« L’espérance de vie de la population canadienne a augmenté et le nombre de personnes âgées dépasse maintenant le nombre de personnes de moins de 15 ans. Le moment est bien choisi pour étudier les facteurs qui permettent aux Canadiens de bien vivre en vieillissant, précise la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada. Les données probantes issues du Rapport de l’ÉLCV sur la santé et le vieillissement au Canada joueront un rôle clé dans l’orientation de nos efforts pour soutenir efficacement le vieillissement en santé. »

« Je veux féliciter l’équipe de l’ÉLCV pour la publication de son premier rapport, souligne le Dr Yves Joanette, directeur scientifique de l’Institut du vieillissement des IRSC. Cette étude a été créée dans le but de répondre à une visée à long terme, celle de fournir des données probantes pour élaborer des politiques et des programmes qui soutiennent le vieillissement en santé des Canadiens, tout en mettant la recherche à la disposition des Canadiens afin qu’ils puissent prendre des décisions à l’égard de leur propre santé. À la suite de la publication de ce premier rapport, nous commençons maintenant à voir comment l’investissement des IRSC dans l’ÉLCV nous permettra d’obtenir des données probantes précieuses pour les responsables des politiques et une mine de données pour les chercheurs. Ce rapport, et tous les rapports qui suivront, découle du travail acharné des deux directeurs scientifiques précédents de l’Institut du vieillissement, depuis les premiers efforts du Dr Réjean Hébert jusqu’à l’engagement plein et entier de la Dre Anne Martin-Matthews, en collaboration avec le reste des IRSC et du milieu canadien de la recherche. »

L’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement (ÉLCV)

L’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement est une importante plateforme de recherche nationale qui suit plus de 50 000 hommes et femmes, pendant 20 ans ou jusqu’à leur décès. Ces personnes étaient âgées de 45 à 85 ans au moment de leur recrutement, qui a commencé en 2010. Les projets de recherche et les collaborations en cours qui utilisent les données de l’ÉLCV sont issus des domaines de la santé biologique, de la santé clinique, de la santé sociale et de la santé des populations. Ils ont pour but de comprendre les conséquences de différents facteurs sur le maintien de la santé physique et mentale, de même que sur le développement de maladies et d’incapacités au fil du vieillissement. Pour en savoir plus sur l’ÉLCV, visitez le https://www.clsa-elcv.ca/fr.

Pour consulter le Rapport de l’ÉLCV sur la santé et le vieillissement au Canada, veuillez visiter le www.clsa-elcv.ca/rapportdelELCV.

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Source : Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement (ÉLCV).


EXTRAIT

CHAPITRE 5

Solitude, isolement social et engagement social

Andrew Wister Université Simon-Fraser

Verena Menec Université du Manitoba


Principaux points saillants

Le présent chapitre a pour objet d’examiner les tendances en matière de solitude, d’isolement social et d’engagement social dans l’ÉLCV et la façon dont ils sont liés aux facteurs sociodémographiques, notamment le groupe d’âge, le sexe, l’état matrimonial et la situation dans le ménage. On y aborde également les associations par rapport au bonheur perçu, à la satisfaction à l’égard de la vie et à la dépression. Les résultats donnent un aperçu exploratoire de ce sujet important et peuvent être utilisés pour stimuler la recherche future dans ce domaine.

Les analyses présentées dans ce chapitre révèlent ce qui suit :

  • L’isolement social est un concept multidimensionnel, comme l’indique la variation des associations dans les différentes mesures.
  • Le pourcentage de personnes déclarant se sentir seules au moins une partie du temps est plus élevé chez les femmes de tous âges que chez les hommes, et ce pourcentage n’augmente avec l’âge que chez les femmes.
  • La préférence pour un plus grand nombre d’activités est élevée dans l’ensemble, mais elle diminue dans tous les groupes d’âge.
  • Le nombre moyen d’activités communautaires (fourchette = de 0 à 8 activités) tourne autour de 4 activités pour tous les groupes d’âge, soit le point médian de la fourchette, mais ce nombre est légèrement plus élevé chez les femmes que chez les hommes.
  • Les scores moyens au titre de l’échelle de soutien social de la Medical Outcome Study varient entre 78,81 (femmes de 45 à 64 ans) et 82,78 (hommes de 65 à 74 ans), ce qui reflète des niveaux relativement élevés de soutien social pour tous les groupes d’âge et les sexes.
  • Le pourcentage de personnes déclarant se sentir seules une partie ou la totalité du temps est plus élevé chez les personnes non mariées/qui n’ont pas de conjoint(e) (c.-à-d. les personnes veuves, divorcées/séparées et célibataires, dans cet ordre). De plus, la solitude est plus importante chez les femmes mariées que chez les hommes mariés, mais cette différence selon le sexe change pour tous les autres groupes de personnes qui n’ont pas de conjoint(e). Les taux de solitude déclarés diminuent dans les trois groupes d’âge, sauf chez les femmes mariées.
  • Le désir d’une plus grande participation aux activités est plus élevé dans le groupe des personnes divorcées/séparées, et dégage une forte association inverse parmi les groupes d’âge.
  • La solitude perçue est beaucoup plus répandue chez les personnes vivant seules que chez celles qui vivent avec quelqu’un. Cette tendance est plus prononcée chez les hommes, et elle peut être observée dans tous les groupes d’âge, à de légères variations près.
  • La préférence pour la participation à un plus grand nombre d’activités est la plus élevée chez les personnes d’âge moyen (de 45 à 64 ans), comparativement aux groupes d’âge des 65 à 74 ans et des 75 ans et plus, et cette tendance est la même chez les personnes vivant seules ou non.
  • Les personnes qui déclarent se sentir seules au moins une partie du temps sont beaucoup moins susceptibles de se déclarer heureuses, et cette tendance diminue avec l’âge. Les personnes qui déclarent rarement/ne jamais se sentir seules affichent des niveaux de bonheur plus élevés; cette constatation s’applique à tous les groupes âge, tant pour les femmes que les hommes.
  • Les personnes qui expriment leur désir de participer à un plus grand nombre d’activités ont tendance à se déclarer moins heureuses que celles qui ne souhaitent pas faire plus d’activités, quel que soit leur âge ou leur sexe.
  • Les personnes qui déclarent se sentir seules au moins une partie du temps affichent un niveau de satisfaction à l’égard de la vie moins élevé que celles qui disent rarement/ne jamais se sentir seules.
  • Le désir de participer à un plus grand nombre d’activités est légèrement associé à un moindre niveau de satisfaction à l’égard de la vie.
  • La solitude est fortement associée aux scores de dépistage de la dépression du CES-D.
  • Le désir de participer à un plus grand nombre d’activités n’est que faiblement associé à la mesure de la dépression de du CES-D, mais fortement associé au schéma de dépistage de la dépression du CES-D.
  • Les données de l’ÉLCV offrent des possibilités d’examiner et de comprendre davantage les causes complexes et les conséquences de la solitude, de l’isolement social, de l’engagement social et du vieillissement.

Introduction

L’engagement social est un aspect fondamental de la condition humaine. L’isolement social reflète l’absence d’engagement social et de liens sociaux au sein de la famille, des cercles d’amis et des réseaux sociaux communautaires. Il s’agit d’un concept multidimensionnel qui est souvent défi ni comme étant « le fait d’avoir peu de contacts et de piètre qualité avec autrui » et qui tient compte du nombre et des types de contacts sur les réseaux sociaux, du sentiment d’appartenance, du sentiment d’engagement envers autrui et des attributs connexes1-5. Ces dimensions sociales ont retenu l’attention dans la littérature du domaine gérontologique, étant donné que les réseaux sociaux, qui comprennent la famille et les amis, ont tendance à rétrécir avec l’âge, que la résilience diminue et qu’il devient de plus en plus difficile de vivre de façon autonome au sein de la collectivité au fi l de l’âge6-8. De plus, l’isolement social a été associé à un recours accru aux services de soins de santé et à une mauvaise santé chez les personnes d’âge plus avancé9,10.

Alors que l’isolement social se rapporte habituellement aux contacts sociaux objectifs dans le réseau social d’une personne, la solitude est la perception subjective que les besoins intimes et sociaux ne sont pas satisfaits. Ainsi, l’isolement social et la solitude ont en commun des dimensions conceptuelles et empiriques, mais ils sont également uniques. Par exemple, une personne ayant des liens sociaux modérés peut se sentir seule et, à l’inverse, une personne isolée socialement peut ne pas se sentir seule parce qu’elle préfère cette situation. Les perceptions subjectives de la solitude et les évaluations objectives de l’isolement social tous deux des corrélats importants de la santé et du bien-être à un âge moyen et à un âge avancé, incluant la santé mentale, la fragilité, les maladies chroniques et la mortalité7,9,11.

Dans des études antérieures, la prévalence de l’isolement social variait selon la population et le type d’enquête. Selon les estimations, environ 16 % des personnes âgées se sentaient isolées souvent ou à l’occasion, d’après l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes12 de 2008-2009; et 22,7 % se sentaient seules, d’après les analyses de l’évaluation de surveillance des données de départ de l’ÉLCV 2010-2013 (21 241)13. Cependant, on estime que la prévalence des personnes qui sont isolées ou qui se sentent seules de façon chronique est considérablement inférieure; environ 10 % déclarent avoir été touchées par l’isolement social pendant de longues périodes3,14.

Une autre façon d’examiner les liens sociaux consiste à se pencher sur l’engagement social, l’activité sociale ou le capital social, qui ont tous été jugés comme étant des facteurs importants pour la santé et le bien-être5,15,16. Les liens sociaux peuvent prendre différentes formes en fonction de la quantité ou de la qualité des réseaux sociaux (famille ou cercle d’amis), des configurations différentes ou des types de groupes de réseaux6, ainsi que de la participation à des organismes communautaires (p. ex. bénévolat, loisirs ou activités religieuses), qui contribuent tous à l’isolement ou à l’engagement social tout au long de la vie17. Bien que la plupart des personnes d’âge moyen et des personnes plus âgées fassent partie d’un réseau de soutien social mutuel et qu’elles soient généralement engagées socialement, il existe un sous-ensemble de personnes qui doivent composer avec des niveaux d’isolement social et de solitude qui sont néfastes pour leur santé mentale et physique ainsi que pour leur bien-être.

Des lacunes sur le plan de la recherche persistent au chapitre de l’établissement des facteurs de risque et de protection associés à l’isolement social, à la solitude et à l’engagement social, ainsi qu’à leurs effets sur la santé et le bien-être, surtout chez les groupes plus âgés vulnérables. Les groupes ciblés comprennent, sans toutefois s’y limiter : les personnes veuves, qui vivent dans la pauvreté, qui vivent seules et qui vivent dans des régions rurales ou éloignées; les aidants naturels; les membres de groupes marginalisés; et les personnes aux prises avec des problèmes épisodiques ou permanents de santé physique ou mentale2,3,7,11,13.

L’échantillon de l’ÉLCV

Les données des évaluations globale et de surveillance combinées (versions 3.2 et 3.3, respectivement, de l’ÉLCV, n = 51 338) ont été utilisées aux fi ns de ces analyses (voir le chapitre 2 du présent rapport pour de plus amples détails). Les données ont été pondérées à l’aide des coefficients de pondération combinés simplifiés de l’ÉLCV pour les analyses descriptives. Nous avons utilisé l’échantillon complet des personnes de 45 à 85 ans. Il n’y avait que de faibles pourcentages de données manquantes, mais ces données ont été supprimées de toutes les figures et de tous les graphiques.

Même s’il existe de nombreuses mesures possibles de la solitude, de l’isolement social et de l’engagement social, ainsi que divers corrélats et résultats découlant de ces mesures, le présent rapport porte uniquement sur quelques facteurs clés. Ce chapitre présente une description des tendances liées aux associations, mais ne comprend pas de tests statistiquement significatifs.

Mesures

VENTILATION SELON L’ÂGE ET LE SEXE

Les taux de prévalence (y compris les intervalles de confiance) des indicateurs de solitude, d’isolement social et d’engagement social sélectionnés

ont été ventilés selon le groupe d’âge (de 45 à 64 ans, de 65 à 74 ans et 75 ans et plus), ainsi que selon le sexe. Il convient de préciser que l’ÉLCV n’englobait que des participants âgés de 85 ans et moins.

SOLITUDE, ISOLEMENT SOCIAL ET ENGAGEMENT SOCIAL

Le présent rapport présente les tendances qui se dégagent en matière d’isolement social (y compris la solitude) et d’engagement social fondés sur les données de départ de l’ÉLCV. Quatre mesures ont été utilisées dans les analyses subséquentes.

1) La solitude se fonde sur un seul élément de l’échelle d’évaluation de l’état dépressif du Centre for Epidemiological Studies Depression (CES-D)18, qui vise à évaluer la fréquence à laquelle les participants s’étaient sentis seuls au cours de la dernière semaine. Cette mesure allait de « tout le temps, de 5 à 7 jours », « occasionnellement, de 3 à 4 jours », « parfois, de 1 à 2 jours » à « rarement ou jamais, moins de 1 jour ». Cette échelle de Likert a été recodée en dichotomie (« au moins une partie du temps » et « rarement ou jamais »). Les analyses impliquant des associations entre l’échelle de solitude à un seul élément n’ont pas été menées à l’aide des scores du CES-D en raison d’un biais possible; toutefois, elles ont été réalisées pour le dépistage de la dépression, étant donné l’effet moindre que cela aurait sur l’atteinte du seuil d’inclusion du CES-D. 2) Le désir de participer à un plus grand nombre d’activités sociales était évalué au moyen d’une série de questions à réponse « oui ou non ». 3) La fréquence de la participation à la vie communautaire/ sociale a été calculée selon le nombre d’activités auxquelles les participants avaient participé plus d’une fois par mois au cours des douze derniers mois. Nous avons utilisé les huit activités citées dans l’ensemble de données de l’ÉLCV : sport, religion, bénévolat, activités éducatives ou culturelles, clubs ou fraternités, associations de quartier, autres loisirs, et famille/amis à l’extérieur de la maison. La participation sociale était une mesure catégorique élaborée par les chercheurs de l’ÉLCV. Cette variable permettait de connaître la fréquence de participation aux activités avec la famille ou les amis au cours des douze derniers mois. Les choix de réponse étaient « une fois par jour », « au moins une fois par semaine », « au moins une fois par mois », « au moins une fois par année » et « jamais ». Cette question a été recodée à « au moins une fois par semaine ou plus » et à « au moins une fois par mois ou moins ». 4) Le soutien social a été mesuré au moyen de l’échelle de soutien social de l’Étude des issues médicales19. Cette étude comprend 19 éléments qui permettent de mesurer les éléments du soutien émotionnel/informationnel, le soutien affectif, le soutien tangible et les interactions sociales positives. Chaque question varie de 1 (jamais) à 5 (tout le temps). Les scores de l’échelle varient de 19 à 95, et un score plus élevé dénote un meilleur soutien social.

Corrélats et mesures des résultats

Par ordre de présentation dans les tableaux, les mesures suivantes ont été utilisées : 1) L’état matrimonial a été codé de la manière suivante :

« marié/vivant avec un(e) conjoint(e) de fait »,

« jamais marié ou n’ayant jamais vécu avec un(e) conjoint(e) de fait », « divorcé(e)/séparé(e) »

et « veuf(veuve) ». 2) Vivant seul(e) a été codé comme une question à réponse « oui ou non », selon une caractéristique de la situation dans le ménage. 3) Le bonheur a été déterminé au moyen d’un seul élément ordinal, dichotomisé comme suit : « rarement ou jamais », « tout le temps/ parfois/à l’occasion » et « tout le temps » (compte tenu de l’asymétrie négative de la distribution pour cette variable). 4) L’Échelle de satisfaction de vie de Diener à cinq énoncés20 va de 5 à 35, les scores les plus élevés indiquant une plus grande satisfaction à l’égard de la vie. On répondait aux questions individuelles sur une échelle allant de 1 (« tout à fait en désaccord ») à 7 (« tout à fait d’accord »). 5) L’échelle de dépression du CES-D-10 18 comporte dix questions sur des symptômes précis de la dépression comme l’espoir, l’appétit et la concentration. Chaque question comporte des choix de réponse pouvant aller de 0 (« rarement ou jamais, moins de 1 jour ») à 3 (« la plupart du temps ou tout le temps, 5 à 7 jours »), et le score total peut varier de 0 à 30. 6) Le dépistage de la dépression du CES-D-10 est une classification dichotomique de la dépression fondée sur les scores du CES-D-10.

Tendances en matière de solitude, d’isolement social et d’engagement social selon l’âge et le sexe

LA SOLITUDE TOUCHE DAVANTAGE LES FEMMES PLUS ÂGÉES

Le tableau 1 présente les tendances de nos quatre mesures : la solitude, le désir de participer à un plus grand nombre d’activités sociales, la participation communautaire et l’échelle de soutien social de la Medical Outcome Study par groupe d’âge (de 45 à 64 ans, de 65 à 74 ans et 75 ans et plus) et selon le sexe. Deux tendances clés peuvent être observées dans ces données. Le pourcentage de personnes déclarant se sen-tir seules au moins une partie du temps est plus élevé chez les femmes de tous âges que chez les hommes, et ce pourcentage n’augmente avec l’âge que chez les femmes. Par exemple, 23,10 % des femmes âgées de 45 à 64 ans, 24,71 % des femmes âgées de 65 à 74 ans et un taux élevé de 30,83 % des femmes âgées de 75 ans et plus déclarent se sentir seules au moins une partie du temps. Chez les hommes, ces pourcentages sont de 20,44 %, de 17,91 % et de 19,41 % respectivement, par groupe d’âge. En effet, il semble que la solitude soit relativement stable, avec un profil légèrement curviligne pour les hommes de ces groupes d’âge.

LE DÉSIR D’UN PLUS GRAND NOMBRE D’ACTIVITÉS SOCIALES EST ÉLEVÉ ET DIMINUE AVEC L’ÂGE

Le tableau 1 indique également le pourcentage de personnes déclarant vouloir participer à un plus grand nombre d’activités selon le groupe d’âge et le sexe. La préférence pour un plus grand nombre d’activités est élevée dans l’ensemble, mais elle diminue dans tous les groupes d’âge.

Elle est également légèrement plus élevée chez les femmes que chez les hommes. Le nombre de femmes manifestant le désir de faire plus d’activités diminue avec l’âge, passant de 48,86 % chez les 45 à 64 ans, à 35,42 % chez les 65 à 74 ans, et à 32,75 % chez les plus de 75 ans. Chez les hommes, ces pourcentages sont de 46,90 %, de 31,15 % et de 30,51 %, respectivement.

LA PARTICIPATION COMMUNAUTAIRE/ SOCIALE DEMEURE STABLE DANS TOUS LES GROUPES D’ÂGE ET EST UN PEU PLUS ÉLEVÉE CHEZ LES FEMMES

Le tableau 1 présente également le niveau moyen des huit mesures de participation communautaire selon le groupe d’âge et le sexe. La fréquence moyenne (fourchette = de 0 à 8) de la participation tourne autour de 4 dans tous les groupes d’âge, mais elle est légèrement plus élevée chez les femmes que chez les hommes. Chez les femmes, elle varie de 3,75 % (de 45 à 64 ans) à 4,05 % (de 65 à 74 ans), alors que chez les hommes, elle varie de 3,59 % (de 65 à 74 ans) à 3,83 % (75 ans et plus).

LE SOUTIEN SOCIAL EST ÉLEVÉ ET DEMEURE STABLE DANS TOUS LES GROUPES D’ÂGE

Le tableau 1 indique également le niveau moyen (fourchette = de 0 à 100) de l’échelle de soutien social de la Medical Outcome Study selon le groupe d’âge et le sexe. Il convient de souligner qu’il s’agit d’une échelle composite permettant de mesurer les critères du soutien émotionnel/informationnel, du soutien affectif, du soutien tangible et de l’interaction sociale positive. Les scores moyens de la Medical Outcome Study se situent entre 83,87 (femmes de 45 à 64 ans) et 83,75 (hommes de 65 à 74 ans), ce qui refl ète des niveaux relativement élevés de soutien social stable pour tous les groupes d’âge et tous les sexes.

En résumé, la solitude touche davantage les femmes plus âgées que les hommes, et le désir de participer à un plus grand nombre d’activités sociales s’atténue avec l’âge. Le nombre moyen d’activités communautaires et sociales et l’échelle de soutien social de l’Étude des issues médicales sont relativement stables dans tous les groupes d’âge, et seul le premier présente un nombre moyen d’activités communautaires/sociales plus élevé pour les femmes que pour les hommes.

Tendances en matière de solitude, d’isolement social et d’engagement social selon l’état matrimonial, l’âge et le sexe

INTERACTIONS ENTRE L’ÉTAT MATRIMONIAL, L’ÂGE ET LE SEXE EN CE QUI A TRAIT À LA SOLITUDE

Comme le montre la figure 1a (voir les tableaux complets à l’annexe), il y a trois principales tendances : a) la solitude perçue est nettement plus élevée chez les personnes veuves, divorcées/ séparées et célibataires, et chez les personnes mariées/vivant avec un(e) conjoint(e) de fait, dans cet ordre (comparer les colonnes groupées selon l’état matrimonial); b) la solitude est plus importante chez les femmes mariées que chez les hommes mariés, mais cette tendance se renverse pour tous les autres états matrimoniaux non groupés; et c) la solitude est moins marquée dans les trois groupes d’âge, sauf pour les femmes mariées. Chez les femmes mariées, le pourcentage de personnes déclarant se sentir seules au moins une partie du temps s’élève à 18,71% chez les 45 à 64 ans, à 17,52 % chez les 65 à 74 ans et à 20,40 % chez les 75 ans et plus. Chez les hommes mariés, ces taux s’élèvent à 14,83 %, à 12,66 % et à 12,89 % respectivement. En revanche, les taux de personnes affirmant se sentir seules sont beaucoup plus élevés chez les personnes veuves. Chez les femmes veuves, le pourcentage de personnes déclarant se sentir seules au moins une partie du temps s’élève à 39,63 % chez les 45 à 64 ans, à 42,20 % chez les 65 à 74 ans et à 41,21 % chez les 75 ans et plus. Chez les hommes veufs, ces taux s’élèvent à 56,34 %, à 59,23 % et à 50,16 % respectivement.

Comme nous pouvons le voir à la figure 1a, les tendances au chapitre de la solitude chez les personnes seules et divorcées/séparées se situent entre ces extrêmes et sont relativement semblables à quelques nuances près, par exemple chez les femmes célibataires de 75 ans et plus qui affichent le plus faible taux de solitude (27,63 %).

En résumé, dans l’ensemble, la tendance au chapitre du sentiment de solitude est plus prononcée chez les personnes veuves, en particulier chez les hommes veufs âgés de 45 à 64 ans, quoique les autres groupes d’âge affichent eux aussi des taux élevés de solitude. Par conséquent, l’état matrimonial a une incidence plus marquée sur la solitude, suivi de l’âge et du sexe, mais la combinaison de ces variables se traduit par des interactions intéressantes. Par exemple, les hommes veufs âgés de 45 à 64 ans affichent le plus haut taux de solitude déclarée, alors que les hommes mariés âgés de 75 ans et plus affichent le taux le plus faible. De même, les taux de solitude les plus élevés chez les personnes mariées sont signalés chez les femmes plus âgées (75 ans et plus), comparativement aux autres catégories d’âge et de sexe (voir la figure 1a). Ces résultats cadrent avec ce que l’on trouve dans la documentation montrant que le mariage a un effet protecteur plus prononcé pour les hommes, et que l’expérience du veuvage plus tôt dans la vie est plus difficile qu’à un stade plus avancé de la vie21.

Comme le montre la figure 1b, on observe clairement une tendance inversée des âges sur le plan du désir de participer à un plus grand nombre d’activités, en particulier chez les 45 à 64 ans et dans les deux groupes plus âgés, parmi tous les groupes d’état matrimonial. Bien que la tendance la plus marquée soit la diminution avec l’âge, la préférence la plus marquée pour une participation accrue peut être observée chez les personnes divorcées/séparées de tous les groupes d’âge et de tous les sexes. Par exemple, chez les femmes divorcées/séparées, le désir de participer à un plus grand nombre d’activités se chiffre à 50,90 % chez les 45 à 64 ans et chute à 36,16 % et à 37,63 % chez les 65 à 74 ans et les 75 ans et plus, respectivement. Chez les femmes mariées, il est de 43,98 % et chute à 36,93 % et à 28,57 % chez les 65 à 74 ans et les 75 ans et plus, respectivement. La question de savoir si cela témoigne d’un déclin avec l’âge du besoin de prendre part à des activités ou des processus adaptatifs (p. ex. l’acceptation d’un niveau d’activité inférieur avec l’âge) devra être abordée dans une autre étude.

Tendances au chapitre de la solitude et de l’isolement social, selon la situation dans le ménage, l’âge et le sexe

LA SOLITUDE EST PLUS PRÉSENTE CHEZ LES PERSONNES VIVANT SEULES, EN PARTI-CULIER LES HOMMES

Trois observations importantes peuvent se dégager de la figure 1c : a) la solitude perçue est beaucoup plus répandue chez les personnes vivant seules que chez celles qui ne vivent pas seules; b) cette tendance est plus prononcée chez les hommes; et c) les tendances ci-dessus sont observées dans tous les groupes d’âge, sous réserve de variations modestes. Le pourcentage de personnes déclarant se sentir seules au moins une partie du temps varie d’environ 40 % à 50 % chez les personnes vivant seules pour tous les groupes d’âge et quel que soit le sexe, alors que ce pourcentage n’est que de 13 % et 21 % respectivement pour les personnes qui ne vivent pas seules. En comparant les niveaux de solitude perçue chez les hommes vivant seuls, on constate que 50,98 % des 45 à 64 ans, 47,95 % des 65 à 74 ans et 44,90 % des 75 ans et plus affirment se sentir seuls, comparativement à 40,71 %, à 39,14 % et à 40,82 % (respectivement) chez les femmes vivant seules et faisant partie des mêmes groupes d’âge (voir la fi gure1c, tableau 1c). Bien que les personnes vivant seules ne soient pas forcément isolées socialement, la situation dans le ménage est un corrélat important de cette condition, quels que soient les autres facteurs démographiques.

LE DÉSIR D’UN PLUS GRAND NOMBRE D’ACTIVITÉS DIMINUE AVEC L’ÂGE, GRANDEMENT D’UNE SITUATION DANS LE MÉNAGE À L’AUTRE

La figure 1d présente les pourcentages de personnes ayant manifesté le désir de participer à un plus grand nombre d’activités selon la situation dans le ménage, l’âge et le sexe. La tendance la plus forte est que cette préférence est la plus élevée chez les personnes d’âge moyen dans l’échantillon. Même si certaines petites différences peuvent être observées chez les personnes vivant seules ou non (taux un peu plus élevés chez les personnes vivant seules) selon l’âge et le sexe, le désir de participer à un plus grand nombre d’activités est invariablement élevé. Par exemple, chez les femmes vivant seules, le pourcentage de personnes désirant participer à un plus grand nombre d’activités est de 49,70 % chez les 45 à 54 ans, puis passe à 38,78 % chez les 65 à 74 ans et à 31,78 % chez les 75 ans et plus. Des taux semblables peuvent être observés chez les hommes vivant seuls (voir la figure 1d, tableau 1d). Il semblerait que les changements liés au vieillissement ou à l’âge aient une plus grande influence que la situation dans le ménage sur le désir de participer à un plus grand nombre d’activités.

Tendances au chapitre de la solitude et de l’isolement social en fonction du bonheur, de la satisfaction à l’égard de la vie et de la dépression

LA SOLITUDE EST ASSOCIÉE À UN NIVEAU DE BONHEUR MOINDRE ET AUGMENTE AVEC L’ÂGE

La figure 2a montre la répartition des personnes qui ont déclaré être heureuses en tout temps, selon qu’elles aient affirmé se sentir seules. Deux tendances se dégagent : a) les personnes qui ont déclaré se sentir seules au moins une partie du temps sont considérablement moins susceptibles de se déclarer heureuses (en tout temps); et b) cette tendance diminue avec l’âge. Chez les femmes qui se sentent seules, le pourcentage de personnes qui se disent être heureuses est de 40,11 % chez les 45 à 54 ans, de 48,38 % chez les 65 à 74 ans et de 51,04 % chez les 75 ans et plus. De même, pour les hommes déclarant se sentir seuls, les pourcentages sont respectivement de 37,38 %, de 45,49 % et de 54,88 % pour les mêmes groupes d’âge. Chez les personnes qui se sentent rarement seules ou qui ne se sentent jamais seules, les pourcentages pour ce qui est du bonheur sont très élevés et relativement stables dans tous les groupes d’âge et pour les deux sexes, variant entre 67,98 % (hommes de 45 à 64 ans) et 76,53 % (femmes de 75 ans et plus). Comme prévu, la solitude est associée à d’autres états subjectifs, comme le bonheur, mais cette association semble diminuer quelque peu chez les personnes plus âgées.

LE DÉSIR D’UN PLUS GRAND NOMBRE D’ACTIVITÉS EST SYSTÉMATIQUEMENT ASSOCIÉ À UN NIVEAU DE BONHEUR MOINDRE

Comme le montre la figure 2b, les personnes qui désirent participer à un plus grand nombre d’activités ont tendance à déclarer des niveaux de bonheur plus faibles (en tout temps) que celles qui n’éprouvent pas le désir de participer à un plus grand nombre d’activités, quel que soit leur âge ou leur sexe. Toutefois, ces différences sont moins importantes que celles observées au niveau de la solitude perçue. Parmi les personnes qui désirent participer à un plus grand nombre d’activités, le pourcentage de personnes qui se disent heureuses varie entre 55,20 % (hommes de 45 à 64 ans) et 65,61 % (hommes de 75 ans et plus); chez les personnes ne manifestant pas ce désir, la propension au bonheur varie entre 67,48 % (hommes de 45 à 64 ans) et 72,86 % (femmes de 65 à 74 ans). Les taux pour les femmes sont très semblables à ceux des hommes pour tous les groupes d’âge. Ces tendances soulignent l’incidence de l’isolement social sur les indicateurs du bien-être subjectif.

LA SOLITUDE EST LIÉE À DES NIVEAUX PLUS FAIBLES DE SATISFACTION À L’ÉGARD DE LA VIE

Comme on pouvait s’y attendre, les personnes qui déclarent se sentir seules au moins une partie du temps affichent des niveaux moyens inférieurs sur l’échelle d’évaluation de la satisfaction à l’égard de la vie que celles qui affirment se sentir seules rarement ou jamais (voir le tableau 2c). Par exemple, les scores moyens sur l’échelle d’évaluation de satisfaction à l’égard de la vie chez les personnes qui ont déclaré se sentir seules varient entre 23,40 (femmes de 45 à 64 ans) et 26,70 (hommes de 75 ans et plus). En revanche, il n’y a que peu de variation dans l’ensemble des groupes d’âge chez les personnes qui ont déclaré ne jamais ou rarement se sentir seules, lesquelles affichent des scores moyens entre 29,01 (hommes de 45 à 64 ans) et 29,99 (hommes de 65 à 74 ans). Le fait que la variation entre les groupes d’âge soit plus grande pour les personnes disant se sentir seules reflète les constatations sur le bonheur pour tous les groupes d’âge (les personnes plus âgées sont plus heureuses, même si elles se sentent seules), et laisse entrevoir la possibilité que des processus de résilience et d’adaptation soient en cause.

LE DÉSIR D’UN PLUS GRAND NOMBRE D’ACTIVITÉS N’EST QUE MODÉRÉMENT ASSOCIÉ À DES NIVEAUX INFÉRIEURS DE SATISFACTION À L’ÉGARD DE LA VIE

Le tableau 2d présente les différences modestes qui peuvent être observées au chapitre des scores de satisfaction à l’égard de la vie (SV) parmi les catégories désirant participer à un plus grand nombre d’activités, ainsi qu’une variation minime au niveau de l’âge et du sexe. Les personnes qui désirent participer à un plus grand nombre d’acti-vités ont des scores de SV variant entre 26,29 (femmes de 65 à 74 ans) et 27,65 (hommes de 75 ans et plus), alors que chez les personnes qui n’éprouvent pas le désir de participer à un plus grand nombre d’activités, la fourchette demeure étroite, à savoir entre 29,08 (hommes de 45 à 64 ans) et 30,00 (hommes de 65 à 74 ans).

Comme dans les associations susmentionnées, ces tendances pourraient être attribuables aux niveaux élevés de satisfaction à l’égard de la vie (asymétrie) et à la variabilité réduite de cette mesure.

LA SOLITUDE EST FORTEMENT ASSOCIÉE AU DÉPISTAGE ET À LA PRÉSENCE DE DÉPRESSION

La probabilité de satisfaire aux critères de dépistage de la dépression du CES-D était plus élevée chez les personnes disant se sentir seules (tableau 2e). Par exemple, chez les personnes qui se sentaient seules, la prévalence la plus élevée du dépistage positif des cas de dépression était de 50,46 % (femmes de 45 à 64 ans), comparativement à seulement 9,42 % chez les femmes âgées de 45 à 64 ans qui ont affirmé ne jamais ou rarement se sentir seules. Même si ces constatations indiquent que la solitude est associée à la dépression, il pourrait y avoir une certaine bidirectionnalité dans cette association. En d’autres termes, la solitude peut entraîner la dépression et, inversement, les personnes déprimées peuvent couper leurs liens sociaux.

LE DÉSIR D’UN PLUS GRAND NOMBRE D’ACTIVITÉS EST ASSOCIÉ À LA DÉPRESSION

Comme le montre le tableau 2f, les scores de dépression sont légèrement plus élevés chez les personnes qui désirent participer à un plus grand nombre d’activités que chez celles qui n’ont pas ce désir. Ces associations sont beaucoup plus prononcées lorsque nous examinons les résultats

à l’aide du dépistage positif de la présence de dépression. Par exemple, le pourcentage le plus élevé de personnes visées par un dépistage de la dépression (30,77 %) a pu être observé chez les femmes de 75 ans et plus qui désirent participer à un plus grand nombre d’activités, comparativement à seulement 16,60 % chez les femmes de 75 ans et plus qui ne désirent pas participer à un plus grand nombre d’activités. On observe aussi des différences marquées entre les femmes et les hommes, en vertu desquelles les femmes ayant fait l’objet d’un dépistage de dépression sont beaucoup plus susceptibles de manifester un désir de participer à un plus grand nombre d’activités (voir le tableau 2f). Par exemple, chez les personnes désirant participer à un plus grand nombre d’activités, seulement 18,87 % des hommes de 75 ans et plus ont fait l’objet d’un dépistage de dépression, comparativement à 30,77 % des femmes du même groupe d’âge. Ces constatations mettent en évidence l’importance que joue l’isolement social à l’égard de la santé mentale chez les adultes d’âge moyen et les personnes âgées.

LA PARTICIPATION COMMUNAUTAIRE/ SOCIALE EST ASSOCIÉE AU DÉPISTAGE DE LA DÉPRESSION

Dans l’ensemble, le nombre moyen de types de participations varie légèrement selon l’âge et le sexe, mais il est légèrement plus élevé chez les personnes qui n’ont pas atteint le seuil d’inclusion pour le dépistage de la dépression comparativement à celles qui l’ont atteint (voir le tableau 2g). Par exemple, parmi les personnes souffrant de dépression d’après l’instrument de dépistage, le nombre moyen de participations à des activités communautaires/sociales varie entre 2,93 pour les hommes de 45 à 64 ans et 3,60 pour les femmes de 65 à 74 ans. Parmi les personnes qui n’ont pas fait l’objet d’un dépistage de la dépression, le nombre moyen de participations à des activités communautaires/sociales est légèrement plus élevé, variant entre 3,70 pour les hommes de 45 à 64 ans et 4,15 pour les femmes de 65 à 74 ans. Ces différences subtiles pourraient témoigner de l’absence de variabilité sur le plan de la participation communautaire/sociale dans l’ÉLCV.

Discussion

L’isolement social retient de plus en plus l’attention dans la documentation gérontologique didactique, gouvernementale et générale1,4,6,7. Ce chapitre vise à faire l’examen initial des composantes subjectives et objectives de l’isolement social en se fondant sur les données de départ récemment publiées de l’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement et des évaluations de surveillance et globale combinées. Ces analyses ont pour but de mettre en évidence le potentiel des données de l’ÉLCV pour ce qui est du traitement des questions importantes en matière de recherche et de politiques.

Même si l’isolement social peut être défi ni de différentes façons et que les mesures couvrent un large spectre, nous avons décidé d’inclure la solitude, le désir de participer à un plus grand nombre d’activités, les niveaux de participation communautaire et l’échelle de soutien social de l’Étude des issues médicales. Ces indicateurs de l’isolement social font l’objet d’une enquête visant trois groupes d’âge (de 45 à 64 ans, de 65 à 74 ans et 75 ans et plus), ainsi que les femmes et les hommes. Un certain nombre de tendances se dégagent selon la mesure de l’isolement social utilisée. Nous présentons également ces données pour les personnes vivant seules ou non et pour différents états matrimoniaux, compte tenu de l’importance de ces facteurs sociodémographiques dans la détermination des tendances au chapitre de l’isolement social. De solides associations sont ressorties entre les mesures de l’isolement social et l’état matrimonial, ainsi qu’avec le mode de vie (personnes vivant seules ou non). Enfin, on examine les associations entre les mesures sélectionnées de l’isolement social et quatre corrélats potentiels : le bonheur, la satisfaction à l’égard de la vie, le score de dépression et le dépistage clinique de la dépression. De solides associations sont ressorties entre les variables de l’isolement social sélectionnées et ces quatre résultats. Dans l’ensemble, ces analyses exploratoires révèlent un certain nombre de tendances et d’associations importantes dans les mesures de l’isolement social, mais méritent d’être approfondies.

L’analyse de tous ces liens et domaines dépasse la portée du présent chapitre, mais ceux-ci témoignent néanmoins de l’importance de s’attaquer à la solitude, à l’isolement social et à l’engagement social, qui sont des enjeux sociaux de plus en plus présents auxquels doit faire face la population vieillissante du Canada. L’ÉLCV nous offre l’occasion d’approfondir nos connaissances dans ces domaines de recherche importants.

Les recherches futures dans ce domaine devront permettre d’approfondir les éléments de causalité fondamentaux entourant l’isolement social, ainsi que l’éventail complet des résultats potentiels à court et à long terme des niveaux épisodiques, modérés et chroniques de l’isolement social. Tout d’abord, il faudra recueillir des données longitudinales pour déterminer la complexité de ces processus et de ces liens, par exemple en élaborant des processus de modération, de médiation et d’interaction ainsi que des associations bidirectionnelles. Ensuite, il faudra examiner les changements dus au vieillissement au fi l du temps, afi n d’établir une distinction entre les effets de l’âge, de la période et de la cohorte, dans la mesure du possible. Troisièmement, des lacunes persistent dans l’étude d’un plus vaste éventail de mesures potentielles de l’isolement social et des concepts connexes dans l’ÉLCV. Cela comprend l’élaboration d’indices et d’échelles composites pouvant tenir compte du caractère multidimensionnel de l’isolement social, exprimée dans des études conceptuelles, théoriques et empiriques. Quatrièmement, il nous faut des recherches qui mettent l’accent sur l’isolement social chez les groupes d’adultes âgés vulnérables, à savoir : les personnes ayant subi des pertes au niveau cognitif, sensoriel ou physique; les immigrants plus âgés ou les personnes plus âgées d’une autre origine ethnique; les aînés autochtones; les aînés qui sont des lesbiennes, des gais, des bisexuels ou des transsexuels; les aidants naturels accablés d’un lourd fardeau; et les personnes vivant dans des régions rurales ou éloignées. Finalement, nous devons mener des recherches permettant d’estimer et de préciser les répercussions à court terme et à long terme de l’isolement social sur les soins de santé, lesquelles pourraient être renforcées au moyen de liens entre l’ÉLCV et les données administratives. Le domaine de l’isolement social et du vieillissement s’élargit rapidement, et les données telles que celles contenues dans l’ÉLCV offrent de nouvelles perspectives dans ce domaine d’études.

Annexes

 

Références

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Source : Chapitre 5 : Solitude, isolement social et engagement social, Rapport de l’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement (ÉLCV) sur la santé et le vieillissement au Canada.

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