La littérature sans estomac, Pierre Jourde

Quand la critique de la littérature «industrielle», «surfaite» et «professionnelle», provient de l’intérieur, on se console aisément avec la pratique de l’écriture en amateur, sans prétention.

Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

Quatrième de couverture

Par calcul ou par bêtise, des textes indigents sont promus au rang de chefs d’œuvre. Leur fabrication suit des recettes assez simples. Pierre Jourde en donne quelques-unes. Il montre comment on fait passer le maniérisme pour du style et la pauvreté pour de la sobriété. Cette « littérature sans estomac mélange platitudes, niaiseries sentimentales et préoccupations vétilleuses chez Christian Bobin, Emmanuelle Bernheim ou Camille Laurens. Il existe aussi des variétés moins édulcorées d’insignifiance, une littérature à l’épate, chez Darrieusecq, Frédéric Beigbeder ou Christine Angot. La véhémence factice y fait proliférer le cliché. Ce livre renoue avec le genre du pamphlet et s’enthousiasme pour quelques auteurs qui ne sont pas des fabricants de livres, mais des écrivains. En prélude à ces vigoureuses relectures, un sort particulier est fait au symbole par excellence de cette confusion des valeurs, Philippe Sollers, ainsi qu’à son « organe officiel », le supplément littéraire d’un prestigieux journal du soir.


PRÉSENTATION

La Littérature sans estomac a d’abord été un article publié dans la revue Hesperis, où ont paru divers éreintements. L’ensemble, avec d’autres textes, plus louangeurs, formait un petit livre sur la littérature contemporaine, proposé d’abord aux presses universitaires de Grenoble, qui n’ont pas donné suite, puis, par l’intermédiaire d’Eric Dussert, à l’Esprit des péninsules que dirigeait Eric Naulleau. Celui-ci a demandé que la partie polémique soit étoffée, d’où l’ajout de chapitres consacrés à Philippe Sollers, Beigbeder, Camille Laurens par exemple.

L’ouvrage est né d’une expérience devenue cou-rante : lire la recension élogieuse d’un livre dans un respectable supplément littéraire, acheter le livre, et tomber sur d’accablantes platitudes ou de ridicules boursouflures. Il ne s’agissait donc ni de tomber sur la littérature contemporaine en général, comme on l’a beaucoup écrit, ni de s’en prendre exclusivement aux écrivains connus et médiatisés. Une simple consultation du som-maire, ou une lecture de la préface ne laissent pas de doute là-dessus. De même, ce n’est pas la poésie contemporaine dans son ensemble qui est visée dans le chapitre qui lui est consa-cré, mais une forme d’académisme. Néanmoins, certaines lettres envoyées par des poètes visés

comparaient la démarche du critique avec celle des nazis brûlant les livres. Cela en dit long sur la place accordée à la controverse dans le champ littéraire en 2002. L’auteur, formé à la lecture de Bar-thes, Sarraute et Blanchot, est un grand amateur de littérature contemporaine, qu’il a ardemment défendue à l’université et publiée dans la revue qu’il dirigeait. Simplement, qu’on puisse ne pas tout aimer, ne pas être du même avis que quelques journalistes influents, et le dire, arguments à l’appui, voilà qui ne semblait pas admissible.

Il s’agissait en effet, essentiellement, d’analyser de près, et, en dépit des apparences, très sérieuse-ment, des écrivains réputés de qualité par des journaux sérieux, une littérature censée représentative de la modernité, mais qui ne constitue qu’un dévoiement de cette modernité. Ce ne sont donc, pour l’essentiel, ni la littérature populaire ni la littérature expérimentale qui sont visées dans La Littérature sans estomac. Même s’il est vrai qu’on vend plus facilement la médiocrité, faite pour plaire à tout le monde, la qualité d’une œuvre n’est pas en rapport systématique avec son lectorat, sa médiatisation, sa plus ou moins grande difficulté d’accès.

Il s’agissait aussi de prôner, dans la critique, un retour au texte même, examiné de près. D’où l’abon-dance des citations de toutes sortes, abondantes, parfois longues, des relevés lexicaux ou rhétoriques, afin d’éviter de stigmatiser trop facilement un texte sur un court extrait. Ce qui n’a pas empêché bien des journalistes de se jeter sur le cliché des « citations détachées de leur contexte ». En réalité, ces extraits, très parlants, se suffiraient presque et ont sans doute fait beaucoup pour le succès du livre, comme si l’on avait perdu l’habitude de prêter attention à la réalité du texte.

Enfin, le parti-pris consistait, non pas à polémiquer comme au XIXe siècle, par l’imprécation et l’injure, mais plutôt en faisant rire aux dépens du texte, sans que cela nuise à l’analyse détaillée de celui-ci. Cela n’empêche pas quelques nuances, et de reconnaître certaines qualités aux œuvres de Philippe Delerm, Jean-Philippe Toussaint, Michel Houellebecq, voire Philippe Sollers.

L’erreur et l’injustice sont bien entendu consubstantielles au genre. De même, un écrivain peut se montrer inégal, certains de ceux qui figurent dans La Littérature sans estomac ont publié parfois d’excellents textes, ce qu’a reconnu volontiers l’auteur.

Le livre a connu un succès assez inattendu, avec tous les malentendus qui accompagnent le succès, et a reçu le prix de la critique de l’Académie française. S’il est le premier de son auteur a avoir été très médiatisé, la satire n’a jamais été considérée par lui, avant et après La Littérature sans estomac, que comme une activité annexe par rapport au roman et aux essais plus « sérieux » comme Littérature et authenticité. Reste que la critique devrait être considérée comme faisant naturellement partie du travail d’un écrivain, suivant les exemples de Gracq, Sartre, Barbey d’Aurevilly, Baudelaire, Bloy, etc.

Pour les réactions, publiques et privées, engendrées par ce livre, on se reportera à la présentation de Petit déjeuner chez Tyrannie.


EN SAVOIR PLUS

Télécharger le dossier de presse (PDF)

Site web de l’auteur


REVUE DE PRESSE

La littérature sans estomac – Pierre Jourde, Fahrenheit 451 – Littérature

La Littérature sans estoma, Thierry Guichard, Le Matricule des Anges

La littérature sans estomac, P. Jourde, Irma Krauss, e-litterature.net 


 

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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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Publié dans Actualité au jour le jour

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