Nouveauté : Bien mal acquis… – Série Jacques Audet – Tome 1, roman policier, Raymond LeBlanc, Fondation littéraire Fleur de Lys

Bien mal acquis…
Série Jacques Audet – Tome 1
Raymond LeBlanc
Roman policier,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2017, 494 pages.
ISBN 978-2-89612-537-1
Couverture souple couleur
Format 6 X 9 pouces
Reliure allemande
Exemplaire papier : 24.95$ canadiens
Exemplaire numérique (PDF): 7.00$ canadiens

PRÉSENTATION

Un toast à l’honnêteté! À l’art de ne pas se faire prendre ! C’est Jacques Audet, l’antihéros de Bien mal acquis… qui résume ainsi sa philosophie de vie. Il a 41 ans. Au fil de ces années, il a été pensionnaire, assassin, millionnaire, heureux puis malheureux en amour et finalement ruiné. Et voilà que des malfrats veulent profiter de sa déchéance pour lui faire accomplir leurs basses œuvres. Les loups sont affamés. Tout va se jouer sur son habileté à décevoir. Et s’il devait disparaître à la fin, aurait-il vraiment perdu la partie ?


EXTRAIT

PROLOGUE

Il y a des personnes qu’on dit mauvaises.

Il est difficile de savoir si elles sont nées mauvaises.

Nous aimons croire que non.

Nous aimons croire qu’elles ont fait un choix.

Nous aimons croire que c’est leur faute !

Ah ! Le libre arbitre ! Ce concept imaginé par les créationnistes pour délester Dieu de la responsabilité du péché. Libre ? Vraiment ?

Il y a des filles et des gars qui se retrouvent mal pris et qui sont amenés de ce fait à poser des gestes sur lesquels les gens trouvent souvent à redire.

Mal pris par la faute des autres.

Mal pris par leur propre faute.

Mal pris par carences innées de tous types.

Mais si ces mauvaises personnes n’avaient eu que la « méchanceté » comme moyen d’aspirer à une vie normale. Si ce penchant, personne n’avait su, voulu, ou pu le redresser, ces pécheurs seraient-ils aussi coupables ?

A-t-on le droit de pécher quelques fois sans se voir tatouer « mauvaise personne » dans le front ?

Curieusement, c’est un passage des Écritures traitant d’une bonne personne qui répond partiellement à cette question. On lit dans Ecclésiastes (VII, 20), par exemple : Certes, aucun homme sur terre n’est assez juste pour faire le bien sans jamais pécher.

Voilà, nous pouvons pécher et demeurer justes. Plus même. Nous ne pourrons pas nous empêcher de pécher. Le même raisonnement vaut sans doute aussi pour le mauvais qui peut faire le bien.

Mais « sans jamais pécher », qu’est-ce que ça signifie ? Deux fois, comme dans « la police qui pardonne » de la compagnie d’assurances Bélair Direct ? Trois fois, comme dans les lois amé¬ricaines de type « Three Strikes, You’re Out ! » ? La majorité simple comme à un référendum québécois dans le grand livre de fin de vie ? Nul ne le sait, ce qui ne nous empêche pas de porter des jugements définitifs.

D’ailleurs, si ce n’était de l’opprobre dont elles sont accablées par le public, ces mauvaises personnes le seraient-elles toujours autant aux yeux de tous ? À leurs propres yeux ?

Ce public accablant, c’est moi.

Ce public accablant, c’est vous.

C’est chacun de nous qui avec ses valeurs personnelles uniques porte un jugement sur des actes d’autrui, souvent à partir de faits tronqués, faussés ou mal compris. Avec le résultat que, quand le jugement tombe :

– coupable pour toi, non coupable pour moi ;

– non coupable pour elle, coupable pour lui,

– chacune et chacun convaincus d’avoir raison. Ce qui est sans doute le cas, eu égard à l’éventail de valeurs qui nous est unique à chacun de vous et à moi et à partir duquel nous jugeons.

Dans Bien mal acquis…, Jacques Audet et son entourage sont confrontés à des situations qui les amènent à prendre des décisions, à poser des gestes, disons, discutables. En réalité, ces antihéros seraient le plus souvent vus comme des malfrats, des profiteurs, des assassins.

Par vous aussi ?


CHAPITRE 1

Jacques Audet faisait partie de la catégorie « beau bonhomme » selon les femmes de son entourage. Quarante-et-un ans, un mètre quatre-vingt-deux (un mètre quatre-vingt-dix dans ses Walk-Tall Shoes), svelte, les cheveux châtains peignés sur le côté avec raie à gauche, les yeux gris-bleu, la mâchoire ferme et volontaire, le visage tanné à peine ridé, il présentait l’image même de la santé et de la réussite. On le voyait en ville portant toujours chemise et cravate sous un complet gris, élégant et bien pressé, un homme choyé par la vie.

Monsieur Jacques, comme il aimait être nommé par ses clients, surtout les plus âgés qui ne tutoyaient pas facilement les gens, avait cette personnalité charmeuse qui mettait immédiatement les personnes autour de lui dans de bonnes dispositions à son égard. D’ailleurs, comment ne pas aimer un homme aux si nombreux talents ?

Féru d’électronique, il était toujours parmi les tout premiers à se procurer les derniers produits qui arrivaient constamment sur le marché dans le domaine des appareils intelligents. Il était même disposé à faire la démonstration des multiples fonctions de ceux qu’il possédait pour peu qu’on lui en offre l’occasion. Ou sans.

— Même si tu vivais jusqu’à cent ans, lui objectait-on, tu ne pourrais jamais explorer toutes les fonctions de tes appareils. À quoi ça sert d’avoir toutes ces possibilités si tu ne vas pas t’en servir ?

— Mets-toi bien une chose dans la tête, répondait-il. On ne se procure pas de tels appareils avec l’espoir d’en épuiser les possibilités. Ce serait débile. On les achète parce qu’ils mettent pratiquement tous les services au bout des doigts en cas de besoin, en cas de goût, en cas de caprice. C’est ça qui est formidable.

Jacques Audet était aussi très adroit de ses mains. Il avait su installer dans son condo un système d’alarme multifonctionnel capable de détecter le feu, les dégâts d’eau et les intrusions. Le système transmettait ses données à son téléphone intelligent, un appareil qu’il trouvait très bien nommé si l’on tenait compte de toutes ses capacités. Il avait doté sa résidence de mini caméras avec vision nocturne. Il les avait soigneusement dissimulées et il pouvait les brancher soit sur son téléphone pour observation en direct, soit sur son lecteur-enregistreur DVD pour filmer en son absence. Et, comble du luxe dans son esprit, il avait voulu reproduire chez lui une chose qu’il avait vue dans des films, la commande à distance. Il s’était équipé d’un récepteur domotique télécommandé qui lui permettait de contrôler depuis son téléphone l’éclairage, la radio, le téléviseur, la climatisation et le chauffage, voire l’ouverture et la fermeture des tentures du salon et de la chambre.

— Est-ce que tu sais ce qui se passe chez toi en ce moment, demandait-il à un collègue à brûle-pourpoint ? Tiens, regarde. Moi, je sais qu’il n’y a personne chez moi. Tu vois, je repasse toutes les pièces une à une et si je fais un gros plan sur le thermostat, je constate qu’il fait 23 C. Ça, c’est du renseignement à la minute.

— Et tous ces renseignements, ils te servent à quoi exactement ?

— Sais-tu, je pense que tu es jaloux.

— Je ne suis pas jaloux, mais tu fais suer à la fin avec tous ces airs de « je suis bien meilleur que toi ». C’est peut-être vrai, mais tu pourrais te garder une petite gêne. Moi en tout cas, je ne joue pas ce jeu-là.

Ce que ce collègue ignorait, ce que tout l’entourage de Jacques Audet ignorait, c’était que le bonhomme était passé maître dans la lecture du langage corporel. Les indices émotionnels et relationnels tout comme ceux de l’attirance et du pouvoir lui étaient aussi familiers que le menu de son bistrot préféré.

Observateur de nature, il avait été intrigué par une information glanée au hasard de la lecture d’un article d’un professeur de l’Université de Californie à Los Angeles selon lequel l’acte de communication était réalisé à 55 % par le langage corporel, à 38 % par le ton de la voix et à seulement 7 % par les mots prononcés. Il avait trouvé ces chiffres exagérés. Après tout, les mots servaient de façon minimale à déterminer le sujet de la conversation. Et cela ne représenterait que 7 % du message ?

Il avait donc résolu de faire sa propre enquête sur le sujet et pendant deux semaines, il s’était efforcé de fermer ses oreilles aux mots et d’observer ce que la voix et le corps en disaient. Il s’était vite rendu compte qu’en agissant de cette façon, il ouvrait tous ses sens au message. Il ne saurait jamais si les chiffres de l’auteur de l’article avaient un véritable ancrage dans la réalité, mais il avait acquis la conviction que l’enveloppe du message représentait effectivement son contenu.

Fort de ses expériences, il avait décidé de tenter un test audacieux. Quelques jours avant les examens de fin de trimestre, il avait demandé à son professeur de physique si les trois premiers chapitres de leur manuel faisaient partie de la matière qui serait couverte par l’examen. La réponse affirmative du professeur n’avait pas surpris l’élève. Il avait donc persisté en signalant que ces contenus étaient généraux et se trouvaient tous repris sous une forme ou une autre dans les quatre chapitres suivants.

Le professeur s’était trouvé un peu pris de court par cette affirmation. Il avait dû ouvrir le manuel un peu au hasard pour tenter d’étoffer sa réponse initiale pendant que tout dans son comportement et dans ses hésitations tendait à indiquer qu’il n’avait pas relu ces chapitres lors de la préparation de l’examen. Jacques Audet décida alors de jouer le tout pour le tout et de ne concentrer ses efforts que sur les quatre derniers chapitres.

L’examen ne comportait aucune question sur les trois premiers chapitres et l’expert en herbe obtint ainsi sa meilleure note à vie lors d’un examen de physique.

Chanceux ?

Adroit ?

Perspicace ?

En tout cas, rien ne ferait plus croire à Jacques Audet que l’on ne pouvait pas lire les messages les plus secrets des gens dans leur langage corporel. Il s’était dès lors fait un devoir de toujours prendre cette dimension en ligne de compte dans toutes les communications importantes de sa vie. C’est ainsi qu’il évaluait le mérite d’un sourire, d’un froncement de sourcils, de l’intensité du regard droit dans les yeux et d’un comportement expansif aussi précisément que les meilleurs joueurs de poker.

Il faut dire que les conditions dans lesquelles s’était faite la formation du jeune Jacques Audet s’étaient avérées idéales pour l’épanouissement de ce talent. Fils de parents qui ne voulaient pas d’enfant, il avait passé l’essentiel de son enfance et de son adolescence dans des pensionnats pendant l’année scolaire et dans des camps d’été lors de la période des vacances. Les parents n’avaient cependant pas lésiné sur la qualité, surtout définie par le prix, des établissements, comme s’ils voulaient ainsi se faire pardonner leur manque de sentiments à son égard.

« Rien que ce qu’il y a de mieux pour mon gars ! » disait mécaniquement son père en bombant un peu le torse quand le hasard amenait à parler de son fils, mais c’était tout ce qu’il avait à dire et on glissait rapidement vers un autre sujet de conversation.

Il faut dire que ses parents avaient eu la chance d’avoir un fils qui avait adopté les membres de chacun des établissements où il s’était retrouvé comme s’il s’agissait de ceux de sa propre famille. Et avec autant de maîtres et d’enfants de tous les types imaginables, il avait disposé d’un vaste laboratoire pour se préparer à la vie. Il en aurait besoin.


AU SUJET DE L’AUTEUR

Après avoir complété les exigences du baccalauréat ès arts à l’Université de Montréal (1960), Raymond LeBlanc obtint un Baccalauréat en pédagogie et un Brevet A d’enseignement (1962) avant de poursuivre avec succès des études de Licence ès lettres, mentions Français, Anglais, Linguistique (1965).

Il passa ensuite trois ans sur le marché du travail, d’abord aux Écoles de langue de l’Université de Montréal dont il assurait la direction, puis au Bureau des langues de la Fonction publique fédérale comme spécialiste des contenus dans le matériel en français langue seconde produit à l’intention des fonctionnaires dont le poste comportait des exigences de bilinguisme.

Il partit alors entreprendre des études de doctorat à l’Université de Grenoble sous la direction du professeur René Gsell, mais les effets des événements de 1968 en France perdurant, c’est à l’Université d’Aix-Marseille qu’il put finalement soutenir une thèse de doctorat en linguistique portant sur l’évaluation des compétences langagières des apprenants de langues secondes ou étrangères (1970).

Recruté par le département de Linguistique de l’Université d’Ottawa cette même année, il fut professeur de ce département tout en assurant la direction de l’Institut des langues secondes pendant deux périodes différentes (1970-1980 et 1990-1998). Professeur adjoint (1970-1980), agrégé (1980-1987) puis titulaire (1987-1999), il est maintenant retraité depuis juin 1999.

Au cours de sa carrière, Raymond LeBlanc fut désigné à plusieurs reprises comme porte-parole canadien dans des organismes internationaux. Mentionnons pour mémoire sa participation (1992-1998) à titre de représentant nord-américain au Comité pédagogique et de gestion de la filière LATA (Langue, Tourisme et Affaires) du programme AUPELF-UREF à l’Université Cheikh Anta Diop à Dakar au Sénégal.

Au Canada, il a contribué à l’étude de l’état de l’enseignement des langues secondes au pays. Il fut d’abord membre de la Commission Bibeau sur l’enseignement des langues dans la Fonction publique (1976-77) puis, à la suite du décès subit de H. H. Stern en 1987, il assuma la direction de L’Étude nationale sur les programmes de français de base commanditée par Patrimoine canadien qui devait mener en 1990 à la publication d’un rapport-synthèse sous sa plume et à quatre autres volumes examinant plus en profondeur les divers aspects de l’étude.

Au fil des ans, il a fait paraître plusieurs dizaines d’articles, tant en français qu’en anglais, dans des revues savantes. Il a préparé une vingtaine de rapports techniques pour le compte de son université et de divers organismes gouvernementaux sur divers aspects de l’enseignement, de l’apprentissage et de l’évaluation dans le domaine des langues secondes. Il a aussi fait plus de 150 présentations orales, conférences et communications scientifiques, tant au Canada qu’à l’étranger.

Son principal ouvrage théorique a été une Introduction à la linguistique générale, un ouvrage en cinq fascicules qu’il a fait paraître avec Claude Germain aux Presses de l’Université de Montréal au début des années quatre-vingt.

Sa contribution la plus importante se situe cependant au plan du matériel pédagogique où il a signé ou cosigné 64 titres différents. Parmi ceux-ci, Le Français international, 2e version a occupé une place de choix dans l’évolution de la didactique du français langue seconde au Canada. Pierre Calvé, Claude Germain, Florence Rondeau et lui reprirent l’œuvre originale de Vinay et Rondeau à partir de 1972 en y introduisant un souci pédagogique qui devait redéfinir l’enseignement de la langue seconde au pays pendant de nombreuses années.

Il conviendrait aussi de signaler la série de vidéos Pour tout dire réalisée par l’Office national du film du Canada au milieu des années quatre-vingt. Imaginée par Roger Tremblay et lui, les deux en assurant également l’appareillage pédagogique, ces productions reçurent à tour de rôle la Médaille d’or lors du International Film and Video Festival of New York (Teaching Resources) à New York en 1988 et la Médaille d’or Panavision (vidéos pédagogiques) à Edmonton en 1989.

Parmi les autres honneurs qui lui furent conférés en cours de route, on pourrait retenir le Prix Ghislaine-Coutu-Vaillancourt de l’Association québécoise des enseignants de français langue seconde (AQEFLS) et le prix Robert-Roy de l’Association canadienne des professeurs de langues secondes (ACPLS).

Enfin, au cours de l’année qui a suivi sa retraite, l’Université d’Ottawa lui a décerné le titre de Professeur émérite de l’Institut des langues officielles et du bilinguisme en reconnaissance de l’ensemble de sa contribution au domaine de la didactique des langues secondes et à la vie de son institution.

Marié depuis 1959 à Gisèle Painchaud, ci-devant professeure titulaire à la faculté des Sciences de l’éducation et vice-rectrice aux ressources humaines de l’Université de Montréal, il est père d’un enfant, Michel, nucléiste et directeur du département de Médecine nucléaire à l’hôpital Saint-Joseph de Trois-Rivières. Outre l’écriture, ses principaux loisirs incluent la lecture et la marche sportive.

Après avoir fait paraître un recueil de sonnets intitulé Sonnets de la vie ordinaire chez Fondation Fleur de Lys, l’auteur se lance maintenant dans un ensemble de romans policiers dont Bien mal acquis… constitue la première partie. Ces incursions dans la rédaction plus proprement artistique représentent pour lui une sorte de retour aux sources puisqu’au départ, ses études supérieures devaient le mener vers la littérature.


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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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