Hommage à John F. Kennedy à l’occasion du centième anniversaire de sa naissance – 29 mai 2017

Sur l’un des murs de notre salon, vous verrez cette photographie du président américain John F. Kennedy. À chaque jour, elle me rappelle l’espoir d’un avenir meilleur pour le monde incarné par cet homme et sa mémoire en mon âme et conscience. Au sujet de la photographie : John F. Kennedy in his Senate Office, 1959. Photograph by John Vachon for LOOK Magazine, in the LOOK Magazine Collection, Library of Congress.

Discours d’investiture du Président John Fitzgerald Kennedy

Capitole des États-Unis

Washington, D.C.

20 janvier 1961

VIDÉO EN ANGLAIS ET TRANSCRIPTION TEXTUELLE EN FRANÇAIS

Monsieur le Vice-président Johnson, Monsieur le Président, Monsieur le Président de la Cour suprême, Monsieur le Président Eisenhower, Monsieur le Vice-président Nixon, Monsieur le Président Truman, révérend clergé, chers concitoyens :

Nous célébrons aujourd’hui non pas la victoire d’un parti, mais celle de la liberté, qui symbolise aussi bien une fin qu’un commencement, et qui marque un renouveau et un changement. Car je viens de prêter solennellement serment devant vous et devant Dieu tout-puissant comme nos ancêtres l’ont fait il y a près de 175 ans.

Aujourd’hui, le monde est très différent. L’homme détient entre ses mains mortelles le pouvoir d’abolir toute forme de pauvreté humaine et toute forme de vie humaine. Et pourtant, les mêmes convictions révolutionnaires, pour lesquelles nos ancêtres se sont battus, sont toujours en jeu dans le monde entier, notamment la certitude que les droits de l’homme n’émanent pas de la générosité de l’État, mais de la main de Dieu.

Nous ne saurions oublier aujourd’hui que nous sommes les héritiers de cette première révolution. Que tous, amis comme ennemis, sachent dès aujourd’hui et en ce lieu que le flambeau a été passé à une nouvelle génération d’Américains, née en ce siècle, tempérée par les combats, disciplinée par une paix difficile et amère, fière de son héritage ancien, et qui refuse d’assister et de laisser place à la lente décomposition des droits de l’homme pour lesquels cette nation s’est toujours engagée, et pour lesquels nous nous engageons aujourd’hui dans notre pays et dans le monde entier.

Que chaque nation, bienfaitrice ou malintentionnée, sache que nous paierons n’importe quel prix, que nous supporterons n’importe quel fardeau, que nous surmonterons n’importe quelle épreuve, que nous soutiendrons n’importe quel ami et que nous combattrons n’importe quel ennemi pour assurer la survie et la victoire de la liberté.

Nous en faisons solennellement la promesse.

À nos anciens alliés dont nous partageons les origines culturelles et spirituelles, nous promettons la loyauté des amis fidèles. Unis, il y a peu que nous ne puissions faire dans le cadre d’initiatives de coopération. Divisés, il y a peu que nous puissions faire, car deux nations en désaccord et éloignées ne sont pas en mesure de relever les plus grands défis.

À ces jeunes États que nous accueillons parmi les États libres, nous promettons que la domination coloniale n’a pas été abolie simplement pour être remplacée par une tyrannie plus féroce. Nous ne nous attendons pas à ce qu’ils soutiennent toujours notre point de vue. Mais nous espérons toujours qu’ils défendront avec force leur propre liberté et qu’ils se rappelleront que, par le passé, ceux qui ont bêtement cherché à triompher aux dépens des autres s’y sont brûlé les ailes.

À ces hommes qui vivent dans des cabanes et des villages sur la moitié de la planète et qui luttent pour briser les chaînes de la misère de masse, nous promettons de tout mettre en œuvre pour les aider à s’aider eux-mêmes, peu importe le temps que cela prendra, non pas parce que c’est ce que les communistes feraient, ni parce que nous cherchons à obtenir leurs voix, mais parce que cette action est juste. Si une société libre ne peut pas aider la multitude de personnes vivant dans la pauvreté, elle ne peut pas sauver la minorité de personnes plus aisées.

À nos républiques sœurs au sud de nos frontières, nous faisons une promesse particulière, celle de convertir nos bonnes paroles en actions, dans le cadre d’une nouvelle alliance pour le progrès, afin d’aider les hommes libres et les gouvernements libres à s’affranchir de la pauvreté. Mais cette révolution pacifique fondée sur l’espoir ne peut pas devenir la proie de puissances hostiles. Que tous nos voisins sachent que nous nous unirons à eux pour faire face, ensemble, à toute agression ou subversion sur l’ensemble du continent américain. Que toutes les autres puissances sachent que cet hémisphère entend rester maître en sa demeure.

À l’assemblée mondiale des États souverains, l’Organisation des Nations Unies, qui incarne notre dernier espoir à une époque où les instruments de guerre l’emportent largement sur les instruments de paix, nous renouvelons notre promesse de soutien, pour veiller à ce qu’elle ne devienne pas un simple lieu d’invectives, pour renforcer sa protection pour les nouveaux venus et les plus faibles, et pour étendre son champ d’action.

Enfin, à ces nations qui voudraient se muer en adversaire, nous ne faisons pas de promesses, mais nous leur adressons une requête : que nos deux camps relancent la quête de la paix, avant que les puissances obscures de la destruction décuplées par la science ne fassent sombrer l’humanité dans un processus d’autodestruction organisée ou accidentelle.

Nous ne les tenterons pas par notre faiblesse. Ce n’est que lorsque nos armes seront sans aucun doute suffisantes que nous serons absolument certains que nous ne les emploierons pas.

Mais deux grandes puissances ne sauraient se satisfaire de la situation actuelle, étant toutes deux accablées par le coût de l’armement moderne, toutes deux alarmées à juste titre par la prolifération continue de l’arme atomique, et pourtant toutes deux lancées dans la course à la modification de l’équilibre incertain de la terreur qui empêche le déclenchement d’une guerre ultime pour l’humanité.

Alors repartons sur de bonnes bases. Que les deux camps se souviennent que la civilité n’est pas synonyme de faiblesse, et que la sincérité reste toujours à prouver. Ne bâtissons jamais de négociations sur la peur. Mais n’ayons jamais peur de négocier.

Que les deux camps étudient les problèmes qui nous unissent plutôt que d’aggraver ceux qui nous divisent.

Que les deux camps, pour la première fois, formulent des propositions sérieuses et précises concernant l’inspection et le contrôle des armements et placent le pouvoir absolu de détruire d’autres nations sous le contrôle absolu de toutes les nations.

Que les deux camps cherchent à évoquer les merveilles de la science plutôt que ses abominations. Ensemble, découvrons les étoiles, conquérons le désert, éradiquons la maladie, explorons les profondeurs des océans et encourageons les arts et le commerce.

Que les deux camps s’unissent pour honorer, aux quatre coins de la terre, le commandement d’Isaïe de « soulager les lourds fardeaux… (et) de libérer les opprimés ».

Et si un début de coopération parvient à dissiper les soupçons, que les deux camps s’unissent dans un même effort, non pas pour créer un nouvel équilibre du pouvoir, mais pour donner naissance à un nouveau monde de droit, où les forts sont justes, les faibles, en sécurité et où la paix est préservée.

Nous n’accomplirons pas tout cela dans les cent premiers jours. Ni dans les mille premiers jours, ni sous ce gouvernement, ni même peut-être au cours de notre existence sur cette planète. Mais nous pouvons commencer.

C’est entre vos mains, mes chers concitoyens, plus que dans les miennes, que reposera le succès ou l’échec final de notre entreprise. Depuis la fondation de notre nation, chaque génération d’Américains a dû témoigner de sa loyauté envers notre pays. Les jeunes Américains qui ont répondu à cet appel reposent dans le monde entier.

Aujourd’hui, la trompette retentit de nouveau, non pas comme un appel aux armes, bien que nous ayons besoin d’armes, non pas comme un appel au combat, bien que nous ayons des combats à mener, mais comme un appel à porter le fardeau d’une longue lutte crépusculaire, année après année, « en s’abreuvant d’espoir et en faisant preuve de patience dans l’adversité », une lutte contre les ennemis communs de l’homme : la tyrannie, la pauvreté, la maladie et la guerre elle-même.

Pouvons-nous constituer contre ces ennemis une grande alliance mondiale unissant Nord et Sud, Est et Ouest, en mesure d’assurer une vie plus féconde pour l’humanité tout entière ? Vous associerez-vous à cet effort historique ?

Tout au long de l’histoire du monde, seules quelques générations ont été appelées à défendre la liberté lorsqu’elle était grandement menacée. Je ne recule pas devant cette responsabilité, je m’en réjouis. Je crois qu’aucun d’entre nous n’échangerait sa place contre celle d’un autre ou de n’importe quelle autre génération. L’énergie, la foi et le dévouement dont nous faisons preuve dans cette entreprise éclaireront notre pays et tous ceux qui le servent, et cette lueur peut réellement se diffuser au monde entier.

Ainsi, mes chers compatriotes américains : ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais bien ce que vous pouvez faire pour votre pays.

Mes chers concitoyens du monde : ne demandez pas ce que l’Amérique peut faire pour vous, mais ce qu’ensemble nous pouvons faire pour la liberté de l’homme.

Enfin, que vous soyez citoyens d’Amérique ou citoyens du monde, exigez de nous autant de force et de sacrifices que nous vous en demandons. Avec une bonne conscience comme seule récompense, avec l’histoire pour juge ultime de nos actes, à nous de diriger ce pays que nous aimons, en demandant la bénédiction et l’aide de Dieu, tout en sachant qu’ici sur terre, son œuvre doit être la nôtre.


Visitez le site web dédié au centième anniversaire de naissance de John F. Kennedy : https://jfkcentennial.org/


Le Président et la presse

Discours devant

l’American Newspaper Publishers Association

President John F. Kennedy

Waldorf-Astoria Hotel

New York City, le 27 avril 1961

AUDIO-VIDÉO EN ANGLAIS ET TRANSCRIPTION TEXTUELLE EN FRANÇAIS

Mr. Le Président, mesdames et messieurs,

J’apprécie beaucoup votre généreuse invitation à être ici ce soir.

Vous avez supporté de lourdes responsabilités ces jours derniers et un article que j’ai lu il y a quelques temps m’a rappelé combien le fardeau des événements en cours pouvait peser sur votre profession.

Vous savez peut-être qu’en 1851 le New York Herald Tribune, alors sous la direction de Horace Greeley, employait comme correspondant à Londres un obscur journaliste du nom de Karl Marx.

On raconte que le correspondant étranger Marx, fauché, et avec une famille malade et mal nourrie, demandait sans cesse à Greeley et au directeur de l’édition Charles Dana une augmentation de son mirifique salaire de 5$ par article, un salaire que lui et Engels nommèrent ingratement la « tricherie de l’infect et insignifiant bourgeois ».

Mais lorsque toutes ses requêtes financières furent refusées, Marx chercha d’autres moyens de subsistance et de reconnaissance, mit finalement fin à sa collaboration avec le Tribune et consacra ses talents à plein temps à la cause qui devait léguer au monde le germe du léninisme, du stalinisme, de la révolution et de la guerre froide.

Si le journal capitaliste de New York l’avait traité plus correctement, si Marx était resté un correspondant étranger, l’histoire aurait été différente. J’espère que tous les éditeurs garderont cette leçon à l’esprit la prochaine fois qu’ils recevront une requête pour une misérable augmentation de la part d’un obscur journaliste.

J’ai choisi comme titre de mes observations de ce soir « Le président et la presse ». D’aucuns pourraient suggérer qu’il devrait plus naturellement s’intituler « Le président contre la presse ». Mais ce ne sont pas mes sentiments de ce soir.

Il est vrai, cependant, que quand un célèbre diplomate d’un autre pays demanda récemment que notre département d’état désavoue des articles attaquant son collègue, il n’était pas nécessaire pour nous de répondre que l’administration n’était pas responsable de la presse, puisque la presse avait déjà clairement indiqué qu’elle n’était pas responsable de cette administration.

Néanmoins, mon but ici ce soir n’est pas de délivrer une de ces attaques usuelles contre la presse. Au contraire, durant les derniers mois, j’ai rarement entendu de quelconques plaintes de pressions politiques sur la presse, à part de quelques républicains. Mon but ici ce soir n’est pas non plus de justifier ou discuter la diffusion télévisuelle des conférences de presse présidentielles. Je pense qu’il est fortement bénéfique qu’il y ait régulièrement quelques 20,000,000 d’américains assis devant leurs télévisions pour regarder, si l’on peut dire ainsi, les qualités courtoises et inspirées affichées par vos correspondants à Washington.

Finalement ces observations n’ont pas non plus pour but d’examiner le juste degré d’intimité que la presse devrait accorder à tout président et à sa famille.

Si durant les quelques derniers mois vos reporters et photographes à la maison blanche ont dû assister avec régularité à des offices religieux, cela ne leur a sûrement pas fait de mal.

D’un autre coté, je réalise que votre personnel et vos photographes de revues de presse peuvent se plaindre qu’ils n’aient pas profité de mêmes verts privilèges au parcours de golf que ceux dont ils ont profité une fois.

Il est vrai que contrairement à moi, mon prédécesseur ne refusait pas de faire des photos en action d’une de ses prouesses golfiques. Mais d’un autre coté il n’avait jamais assommé un agent des services secrets avec une balle.

Mon sujet de ce soir est plus sobre et s’adresse aussi bien aux rédacteurs qu’aux éditeurs.

Je veux parler de notre responsabilité commune face à un danger qui nous concerne tous. Les événements des récentes semaines peuvent nous avoir, pour certains, aidés à mettre à jour le défi ; mais du fait de son ampleur la menace a envahit l’horizon pour de nombreuses années. Quels que soient nos espoirs pour le futur, pour réduire la menace ou vivre avec, on ne peut échapper à la gravite ou la globalité du défi pour notre survie et notre sécurité, un défi qui nous confronte de manières inhabituelles dans chaque domaine de l’activité humaine.

Ce défi mortel impose à notre société deux exigences concernant à la fois la presse et le président – deux exigences qui peuvent sembler presque contradictoires, mais qui doivent être réconciliées et satisfaites si nous devons rencontrer ce péril national. Je fais référence, premièrement, au besoin d’une plus grande information du public, et, deuxièmement, au besoin d’un plus grand secret officiel.

I

Le mot « secret » est répugnant dans une société libre et ouverte ; et nous sommes en tant que personnes fondamentalement et historiquement opposes aux sociétés secrètes, aux serments secrets, aux procédures secrètes. Nous avons décidé il y a longtemps que les dangers à occulter de manière excessive et injustifiée des faits pertinents étaient de loin plus importants que les dangers justifiant leur occultation. Aujourd’hui encore, il y a peu d’intérêt à assurer la survie de notre nation si nos traditions ne survivent pas avec. Et il y a un très grave danger pour qu’un besoin annoncé d’une sécurité accrue soit saisi par des anxieux pour étendre la signification aux limites extrêmes de la censure et de la dissimulation officielles. Ce que je n’ai pas l’intention de permettre dans l’espace de mes fonctions. Et aucun officiel de mon administration, que son rang soit haut ou bas, civil ou militaire, ne doit interpréter mes mots ici ce soir comme une raison pour censurer l’information, étouffer une contestation, couvrir nos erreurs ou dissimuler à la presse ou au public des faits qui seraient dans leur intérêt de connaitre.

Mais je demande à chaque rédacteur, à chaque éditeur, et chaque journaliste de notre nation de réexaminer ses propres principes, et de reconnaitre la nature du péril de notre pays. En temps de guerre, le gouvernement et la presse se sont habituellement joints dans un effort largement basé sur l’autodiscipline, pour éviter des divulgations non autorisées à l’ennemi. En temps de danger clair et présent, les tribunaux ont conclu que les droits et privilèges du 1er amendement doivent céder devant les besoins en sécurité nationale du public.

Aujourd’hui, aucune guerre n’est déclarée – et cependant quelque féroce que soit la bataille, elle peut ne jamais être déclarée de manière traditionnelle. Notre mode de vie est en danger. Ceux qui se présentent comme nos ennemis progressent à travers la planète. La survie de nos amis est en danger. Et aucune guerre n’a été déclarée, aucune frontière n’a été traversée par des troupes, aucun missile n’a été tiré.

Si la presse attend une déclaration de guerre avant de s’imposer l’autodiscipline des conditions de combat, alors je peux seulement dire qu’aucune guerre n’a jamais représenté une telle menace pour notre sécurité. Si vous attendez un avis de « clair et présent danger », alors je peux seulement dire que le danger n’a jamais été plus clair et sa présence plus imminente.

Tout cela requiert un changement dans le mode de pensée, un changement des tactiques, un changement des missions – pour le gouvernement, le peuple, pour chaque patron, chaque ouvrier, et pour chaque journal. Puisque nous sommes confrontés à travers la planète à une conspiration massive et impitoyable basée principalement sur des moyens cachés pour étendre sa sphère d’influence, l’infiltration au lieu de l’invasion, la subversion au lieu des élections, l’intimidation au lieu du libre arbitre, les guérillas de nuit au lieu des armées de jour. Il s’agit d’un système qui a enrôlé de vastes ressources humaines et matérielles dans la construction d’un étroit filet, machine très efficace qui combine des opérations militaires, diplomatiques, de renseignement, économiques, scientifiques et politiques.

Ses projets sont cachés, et non publiés. Ses erreurs sont enterrées, et non révélées. Ses dissidents sont bâillonnés, et non admirés. Aucune dépense n’est discutée, aucune rumeur imprimée, aucun secret révélé. Cela conduit à la guerre froide, en bref, une discipline de temps de guerre avec laquelle aucune démocratie n’espèrerait ou souhaiterait s’assortir.

Néanmoins, toute démocratie reconnait les restrictions nécessaires à la sécurité nationale – et la question demeure de savoir si ces restrictions doivent être plus strictement observées si nous sommes opposés à ce type d’attaque plutôt qu’à une invasion absolue.

Car les faits sont que les ennemis de notre nation se vantent ouvertement d’acquérir par nos journaux des informations qu’ils auraient autrement acquises par le vol, l’espionnage ou la corruption, en embauchant des agents ; ces détails des préparations cachées de notre nation pour contrer les opérations cachées des ennemis ont été rendues disponibles à tout lecteur des journaux, ami ou ennemi ; la taille, la force, la position et la nature de nos forces et armes, nos plans et stratégies pour leur utilisation, ont tous été indiqués avec précision dans la presse, et d’autres medias, à un degré suffisant pour satisfaire toute puissante étrangère ; et, au moins dans un cas, la publication de détails concernant un mécanisme top-secret par lequel des satellites sont suivis a requis sa modification au prix d’une considérable perte de temps et d’argent.

Les journaux qui ont imprimé ces histoires étaient loyaux, patriotes, responsables et bien-pensants. Si nous avions été engagés dans une guerre ouverte, ils n’auraient sans aucun doute jamais publié de telles choses. Mais en l’absence de guerre ouverte ils subirent seulement le contrôle du journalisme et non le contrôle de la sécurité nationale. Et ma question ce soir et de savoir si des contrôles additionnels ne devraient pas être adoptés maintenant.

Vous devez répondre seuls à cette question. Aucun officiel ne devrait répondre pour vous. Aucun plan gouvernemental ne devrait imposer ses contraintes contre votre volonté. Mais je faillirais à mon devoir envers la nation, considérant toutes les responsabilités que nous portons maintenant et tous les moyens àportée de main pour satisfaire à ces responsabilités, si je ne portais pas ce problème à votre attention, et ne vous pressais à sa considération réfléchie.

A diverses occasions par le passé, j’ai dit – et vos journaux l’ont constamment dit – que ce sont des temps qui appellent au sens du sacrifice et à l’autodiscipline de chaque citoyen. Ces temps invitent chaque citoyen à peser ses droits et conforts par rapport à ses obligations envers le bien commun. Je ne peux désormais pas croire que ces citoyens qui œuvrent dans le métier du journalisme se considèrent exempts de cet appel.

Je n’ai aucune intention de mettre en place un nouveau bureau de l’information de guerre pour gouverner les flux de nouvelles. Je ne suis pas en train de suggérer de nouvelles formes de censure ou de nouveaux types de classification des niveaux de sécurité. Je n’ai pas de réponse facile au dilemme que je viens de poser, et je ne chercherais pas à en imposer si j’en avais une. Mais je demande aux membres des professions de la presse et de l’industrie de ce pays de réexaminer leurs propres responsabilités, de considérer le degré et la nature du danger présent, et de tenir compte du devoir d’auto-restriction que ce danger nous impose à tous.

Chaque journal se demande habituellement, pour chaque histoire: « Est-ce bien une nouvelle ? ». Tout ce que je suggère, c’est d’ajouter la question : « Est-ce d’un intérêt pour la sécurité nationale ? ». Et j’espère que chaque groupe en Amérique – les syndicats, les patrons, les officiels à tout niveau – se posera la même question au sujet de leurs projets, et soumettront leurs actions aux mêmes contrôles.

Et si la presse américaine envisage et recommande de nouveau contrôles et mécanismes, je peux vous assurer que nous coopérerons sans réserve à ces recommandations.

Peut-être n’y aura-t-il aucune recommandation. Peut-être n’y a-t-il aucune réponse au dilemme rencontré par une société libre et ouverte dans une guerre froide et secrète. En temps de paix, les discussions sur ce sujet, et les actions qui en résultent, sont douloureuses et sans précédent. Mais il s’agit d’un temps de paix et de péril qui ne connait aucun précédent dans l’histoire.

II

C’est la nature sans précédent de ce défi qui donne naissance à votre seconde obligation – une obligation que je partage : il est de notre obligation d’informer et d’alerter le peuple américain, pour être sûr qu’il connaisse tous les faits qu’il a besoin de connaitre, et qu’il les comprennent parfaitement bien ; les périls, les perspectives, les buts de nos programmes et les choix que nous devons faire.

Aucun président ne devrait craindre la surveillance citoyenne de son programme, afin que de cette surveillance vienne la compréhension, et que de cette surveillance vienne support ou opposition. Les deux sont nécessaires. Je ne suis pas en train de demander à vos journaux de supporter l’administration, mais je vous demande votre aide dans l’énorme tâche qui est d’informer et d’alerter le peuple américain, afin que j’aie entière confiance en la réponse et l’implication de nos citoyens pourvu qu’ils soient parfaitement informés.

Je pourrais me contenter seulement de ne pas réprimer la controverse parmi vos lecteurs – je l’accueille volontiers. Cette administration a pour but d’être candide à propos de ses erreurs. Comme un homme avisé l’a dit « Une erreur ne devient pas une faute, à moins de refuser de la corriger ». Nous avons l’intention d’accepter l’entière responsabilité de nos erreurs, et nous comptons sur vous pour nous indiquer quand nous les manquerions.

Sans débat, sans critique, aucune administration et aucun pays ne peut réussir, et aucune république ne peut survivre. C’est pour cela que le législateur athénien Solon décréta qu’il s’agissait d’un crime pour tout citoyen d’éviter la controverse. Et c’est pourquoi notre presse fût protégée par le 1er amendement, le seul métier en Amérique spécifiquement protégé par la Constitution, pas pour amuser et divertir, pas pour développer le banal et le sentimental, pas pour simplement « donner au public ce qu’il veut », mais pour informer, pour éveiller, pour réfléchir, pour faire état de nos dangers et nos opportunités, pour indiquer nos crises et nos choix, pour diriger, éduquer et quelques fois même irriter l’opinion publique.

Cela veut dire une plus grande couverture et analyse des nouvelles internationales, si ce n’est pas trop éloigné et à portée de main. Cela veut dire une plus grande attention pour une meilleure compréhension des nouvelles ainsi qu’une communication améliorée. Et cela veut dire, finalement, que le gouvernement, à tous les niveaux, doit satisfaire à ses obligations de vous fournir les informations les plus complètes, en dehors des limites restreintes de la sécurité nationale, et nous avons l’intention de le faire.

III

C’est au début du 17ème siècle que Francis Bacon remarqua trois récentes inventions déjà en train de transformer le monde : la boussole, la poudre à canon, l’imprimerie. Maintenant les liens entre les nations d’abord forgés par la boussole nous ont tous faits citoyens du monde, les espoirs et les menaces pour un devenant des espoirs et des menaces pour nous tous. Dans ces efforts pour vivre ensemble dans ce monde commun, l’évolution de la poudre à canon dans ses ultimes limites a averti l’humanité des terribles conséquences de l’échec.

Et ainsi, c’est dans la presse écrite, la mémoire des actions de l’homme, le gardien de sa conscience, le courrier de ses nouvelles, que nous cherchons force et assistance, confiant qu’avec votre aide l’homme sera ce pourquoi il est né : libre et indépendant.


John F. Kennedy contre le racisme

Radio and Television Report to the American People on Civil Rights, June 11, 1963

President John F. Kennedy
The White House
June 11, 1963

Good evening my fellow citizens:

This afternoon, following a series of threats and defiant statements, the presence of Alabama National Guardsmen was required on the University of Alabama to carry out the final and unequivocal order of the United States District Court of the Northern District of Alabama. That order called for the admission of two clearly qualified young Alabama residents who happened to have been born Negro.

That they were admitted peacefully on the campus is due in good measure to the conduct of the students of the University of Alabama, who met their responsibilities in a constructive way.

I hope that every American, regardless of where he lives, will stop and examine his conscience about this and other related incidents. This Nation was founded by men of many nations and backgrounds. It was founded on the principle that all men are created equal, and that the rights of every man are diminished when the rights of one man are threatened.

Today we are committed to a worldwide struggle to promote and protect the rights of all who wish to be free. And when Americans are sent to Viet-Nam or West Berlin, we do not ask for whites only. It ought to be possible, therefore, for American students of any color to attend any public institution they select without having to be backed up by troops.

It ought to be possible for American consumers of any color to receive equal service in places of public accommodation, such as hotels and restaurants and theaters and retail stores, without being forced to resort to demonstrations in the street, and it ought to be possible for American citizens of any color to register to vote in a free election without interference or fear of reprisal.

It ought to be possible, in short, for every American to enjoy the privileges of being American without regard to his race or his color. In short, every American ought to have the right to be treated as he would wish to be treated, as one would wish his children to be treated. But this is not the case.

The Negro baby born in America today, regardless of the section of the Nation in which he is born, has about one-half as much chance of completing a high school as a white baby born in the same place on the same day, one-third as much chance of completing college, one-third as much chance of becoming a professional man, twice as much chance of becoming unemployed, about one-seventh as much chance of earning $10,000 a year, a life expectancy which is 7 years shorter, and the prospects of earning only half as much.

This is not a sectional issue. Difficulties over segregation and discrimination exist in every city, in every State of the Union, producing in many cities a rising tide of discontent that threatens the public safety. Nor is this a partisan issue. In a time of domestic crisis men of good will and generosity should be able to unite regardless of party or politics. This is not even a legal or legislative issue alone. It is better to settle these matters in the courts than on the streets, and new laws are needed at every level, but law alone cannot make men see right.

We are confronted primarily with a moral issue. It is as old as the scriptures and is as clear as the American Constitution.

The heart of the question is whether all Americans are to be afforded equal rights and equal opportunities, whether we are going to treat our fellow Americans as we want to be treated. If an American, because his skin is dark, cannot eat lunch in a restaurant open to the public, if he cannot send his children to the best public school available, if he cannot vote for the public officials who will represent him, if, in short, he cannot enjoy the full and free life which all of us want, then who among us would be content to have the color of his skin changed and stand in his place? Who among us would then be content with the counsels of patience and delay?

One hundred years of delay have passed since President Lincoln freed the slaves, yet their heirs, their grandsons, are not fully free. They are not yet freed from the bonds of injustice. They are not yet freed from social and economic oppression. And this Nation, for all its hopes and all its boasts, will not be fully free until all its citizens are free.

We preach freedom around the world, and we mean it, and we cherish our freedom here at home, but are we to say to the world, and much more importantly, to each other that this is the land of the free except for the Negroes; that we have no second-class citizens except Negroes; that we have no class or caste system, no ghettoes, no master race except with respect to Negroes?

Now the time has come for this Nation to fulfill its promise. The events in Birmingham and elsewhere have so increased the cries for equality that no city or State or legislative body can prudently choose to ignore them.

The fires of frustration and discord are burning in every city, North and South, where legal remedies are not at hand. Redress is sought in the streets, in demonstrations, parades, and protests which create tensions and threaten violence and threaten lives.

We face, therefore, a moral crisis as a country and as a people. It cannot be met by repressive police action. It cannot be left to increased demonstrations in the streets. It cannot be quieted by token moves or talk. It is time to act in the Congress, in your State and local legislative body and, above all, in all of our daily lives.

It is not enough to pin the blame on others, to say this is a problem of one section of the country or another, or deplore the fact that we face. A great change is at hand, and our task, our obligation, is to make that revolution, that change, peaceful and constructive for all.

Those who do nothing are inviting shame as well as violence. Those who act boldly are recognizing right as well as reality.

Next week I shall ask the Congress of the United States to act, to make a commitment it has not fully made in this century to the proposition that race has no place in American life or law. The Federal judiciary has upheld that proposition in the conduct of its affairs, including the employment of Federal personnel, the use of Federal facilities, and the sale of federally financed housing.

But there are other necessary measures which only the Congress can provide, and they must be provided at this session. The old code of equity law under which we live commands for every wrong a remedy, but in too many communities, in too many parts of the country, wrongs are inflicted on Negro citizens and there are no remedies at law. Unless the Congress acts, their only remedy is in the street.

I am, therefore, asking the Congress to enact legislation giving all Americans the right to be served in facilities which are open to the public–hotels, restaurants, theaters, retail stores, and similar establishments.

This seems to me to be an elementary right. Its denial is an arbitrary indignity that no American in 1963 should have to endure, but many do.

I have recently met with scores of business leaders urging them to take voluntary action to end this discrimination and I have been encouraged by their response, and in the last 2 weeks over 75 cities have seen progress made in desegregating these kinds of facilities. But many are unwilling to act alone, and for this reason, nationwide legislation is needed if we are to move this problem from the streets to the courts.

I am also asking the Congress to authorize the Federal Government to participate more fully in lawsuits designed to end segregation in public education. We have succeeded in persuading many districts to desegregate voluntarily. Dozens have admitted Negroes without violence. Today a Negro is attending a State-supported institution in every one of our 50 States, but the pace is very slow.

Too many Negro children entering segregated grade schools at the time of the Supreme Court’s decision 9 years ago will enter segregated high schools this fall, having suffered a loss which can never be restored. The lack of an adequate education denies the Negro a chance to get a decent job.

The orderly implementation of the Supreme Court decision, therefore, cannot be left solely to those who may not have the economic resources to carry the legal action or who may be subject to harassment.

Other features will also be requested, including greater protection for the right to vote. But legislation, I repeat, cannot solve this problem alone. It must be solved in the homes of every American in every community across our country.

In this respect I want to pay tribute to those citizens North and South who have been working in their communities to make life better for all. They are acting not out of a sense of legal duty but out of a sense of human decency.

Like our soldiers and sailors in all parts of the world they are meeting freedom’s challenge on the firing line, and I salute them for their honor and their courage.

My fellow Americans, this is a problem which faces us all–in every city of the North as well as the South. Today there are Negroes unemployed, two or three times as many compared to whites, inadequate in education, moving into the large cities, unable to find work, young people particularly out of work without hope, denied equal rights, denied the opportunity to eat at a restaurant or lunch counter or go to a movie theater, denied the right to a decent education, denied almost today the right to attend a State university even though qualified. It seems to me that these are matters which concern us all, not merely Presidents or Congressmen or Governors, but every citizen of the United States.

This is one country. It has become one country because all of us and all the people who came here had an equal chance to develop their talents.

We cannot say to 10 percent of the population that you can’t have that right; that your children cannot have the chance to develop whatever talents they have; that the only way that they are going to get their rights is to go into the streets and demonstrate. I think we owe them and we owe ourselves a better country than that.

Therefore, I am asking for your help in making it easier for us to move ahead and to provide the kind of equality of treatment which we would want ourselves; to give a chance for every child to be educated to the limit of his talents.

As I have said before, not every child has an equal talent or an equal ability or an equal motivation, but they should have an equal right to develop their talent and their ability and their motivation, to make something of themselves.

We have a right to expect that the Negro community will be responsible, will uphold the law, but they have a right to expect that the law will be fair, that the Constitution will be color blind, as Justice Harlan said at the turn of the century.

This is what we are talking about and this is a matter which concerns this country and what it stands for, and in meeting it I ask the support of all our citizens.

Thank you very much.


Le genre de paix que nous désirons

Commencement Address at American University, Washington, D.C., June 10, 1963

President John F. Kennedy
Washington, D.C.
June 10, 1963

President Anderson, members of the faculty, board of trustees, distinguished guests, my old colleague, Senator Bob Byrd, who has earned his degree through many years of attending night law school, while I am earning mine in the next 30 minutes, distinguished guests, ladies and gentlemen:

It is with great pride that I participate in this ceremony of the American University, sponsored by the Methodist Church, founded by Bishop John Fletcher Hurst, and first opened by President Woodrow Wilson in 1914. This is a young and growing university, but it has already fulfilled Bishop Hurst’s enlightened hope for the study of history and public affairs in a city devoted to the making of history and the conduct of the public’s business. By sponsoring this institution of higher learning for all who wish to learn, whatever their color or their creed, the Methodists of this area and the Nation deserve the Nation’s thanks, and I commend all those who are today graduating.

Professor Woodrow Wilson once said that every man sent out from a university should be a man of his nation as well as a man of his time, and I am confident that the men and women who carry the honor of graduating from this institution will continue to give from their lives, from their talents, a high measure of public service and public support.

« There are few earthly things more beautiful than a university, » wrote John Masefield in his tribute to English universities–and his words are equally true today. He did not refer to spires and towers, to campus greens and ivied walls. He admired the splendid beauty of the university, he said, because it was « a place where those who hate ignorance may strive to know, where those who perceive truth may strive to make others see. »

I have, therefore, chosen this time and this place to discuss a topic on which ignorance too often abounds and the truth is too rarely perceived–yet it is the most important topic on earth: world peace.

What kind of peace do I mean? What kind of peace do we seek? Not a Pax Americana enforced on the world by American weapons of war. Not the peace of the grave or the security of the slave. I am talking about genuine peace, the kind of peace that makes life on earth worth living, the kind that enables men and nations to grow and to hope and to build a better life for their children–not merely peace for Americans but peace for all men and women–not merely peace in our time but peace for all time.

I speak of peace because of the new face of war. Total war makes no sense in an age when great powers can maintain large and relatively invulnerable nuclear forces and refuse to surrender without resort to those forces. It makes no sense in an age when a single nuclear weapon contains almost ten times the explosive force delivered by all the allied air forces in the Second World War. It makes no sense in an age when the deadly poisons produced by a nuclear exchange would be carried by wind and water and soil and seed to the far corners of the globe and to generations yet unborn.

Today the expenditure of billions of dollars every year on weapons acquired for the purpose of making sure we never need to use them is essential to keeping the peace. But surely the acquisition of such idle stockpiles–which can only destroy and never create–is not the only, much less the most efficient, means of assuring peace.

I speak of peace, therefore, as the necessary rational end of rational men. I realize that the pursuit of peace is not as dramatic as the pursuit of war–and frequently the words of the pursuer fall on deaf ears. But we have no more urgent task.

Some say that it is useless to speak of world peace or world law or world disarmament–and that it will be useless until the leaders of the Soviet Union adopt a more enlightened attitude. I hope they do. I believe we can help them do it. But I also believe that we must reexamine our own attitude–as individuals and as a Nation–for our attitude is as essential as theirs. And every graduate of this school, every thoughtful citizen who despairs of war and wishes to bring peace, should begin by looking inward–by examining his own attitude toward the possibilities of peace, toward the Soviet Union, toward the course of the cold war and toward freedom and peace here at home.

First: Let us examine our attitude toward peace itself. Too many of us think it is impossible. Too many think it unreal. But that is a dangerous, defeatist belief. It leads to the conclusion that war is inevitable–that mankind is doomed–that we are gripped by forces we cannot control.

We need not accept that view. Our problems are manmade–therefore, they can be solved by man. And man can be as big as he wants. No problem of human destiny is beyond human beings. Man’s reason and spirit have often solved the seemingly unsolvable–and we believe they can do it again.

I am not referring to the absolute, infinite concept of peace and good will of which some fantasies and fanatics dream. I do not deny the value of hopes and dreams but we merely invite discouragement and incredulity by making that our only and immediate goal.

Let us focus instead on a more practical, more attainable peace– based not on a sudden revolution in human nature but on a gradual evolution in human institutions–on a series of concrete actions and effective agreements which are in the interest of all concerned. There is no single, simple key to this peace–no grand or magic formula to be adopted by one or two powers. Genuine peace must be the product of many nations, the sum of many acts. It must be dynamic, not static, changing to meet the challenge of each new generation. For peace is a process–a way of solving problems.

With such a peace, there will still be quarrels and conflicting interests, as there are within families and nations. World peace, like community peace, does not require that each man love his neighbor–it requires only that they live together in mutual tolerance, submitting their disputes to a just and peaceful settlement. And history teaches us that enmities between nations, as between individuals, do not last forever. However fixed our likes and dislikes may seem, the tide of time and events will often bring surprising changes in the relations between nations and neighbors.

So let us persevere. Peace need not be impracticable, and war need not be inevitable. By defining our goal more clearly, by making it seem more manageable and less remote, we can help all peoples to see it, to draw hope from it, and to move irresistibly toward it.

Second: Let us reexamine our attitude toward the Soviet Union. It is discouraging to think that their leaders may actually believe what their propagandists write. It is discouraging to read a recent authoritative Soviet text on Military Strategy and find, on page after page, wholly baseless and incredible claims–such as the allegation that « American imperialist circles are preparing to unleash different types of wars . . . that there is a very real threat of a preventive war being unleashed by American imperialists against the Soviet Union . . . [and that] the political aims of the American imperialists are to enslave economically and politically the European and other capitalist countries . . . [and] to achieve world domination . . . by means of aggressive wars. »

Truly, as it was written long ago: « The wicked flee when no man pursueth. » Yet it is sad to read these Soviet statements–to realize the extent of the gulf between us. But it is also a warning–a warning to the American people not to fall into the same trap as the Soviets, not to see only a distorted and desperate view of the other side, not to see conflict as inevitable, accommodation as impossible, and communication as nothing more than an exchange of threats.

No government or social system is so evil that its people must be considered as lacking in virtue. As Americans, we find communism profoundly repugnant as a negation of personal freedom and dignity. But we can still hail the Russian people for their many achievements–in science and space, in economic and industrial growth, in culture and in acts of courage.

Among the many traits the peoples of our two countries have in common, none is stronger than our mutual abhorrence of war. Almost unique among the major world powers, we have never been at war with each other. And no nation in the history of battle ever suffered more than the Soviet Union suffered in the course of the Second World War. At least 20 million lost their lives. Countless millions of homes and farms were burned or sacked. A third of the nation’s territory, including nearly two thirds of its industrial base, was turned into a wasteland–a loss equivalent to the devastation of this country east of Chicago.

Today, should total war ever break out again–no matter how–our two countries would become the primary targets. It is an ironic but accurate fact that the two strongest powers are the two in the most danger of devastation. All we have built, all we have worked for, would be destroyed in the first 24 hours. And even in the cold war, which brings burdens and dangers to so many nations, including this Nation’s closest allies–our two countries bear the heaviest burdens. For we are both devoting massive sums of money to weapons that could be better devoted to combating ignorance, poverty, and disease. We are both caught up in a vicious and dangerous cycle in which suspicion on one side breeds suspicion on the other, and new weapons beget counterweapons.

In short, both the United States and its allies, and the Soviet Union and its allies, have a mutually deep interest in a just and genuine peace and in halting the arms race. Agreements to this end are in the interests of the Soviet Union as well as ours–and even the most hostile nations can be relied upon to accept and keep those treaty obligations, and only those treaty obligations, which are in their own interest.

So, let us not be blind to our differences–but let us also direct attention to our common interests and to the means by which those differences can be resolved. And if we cannot end now our differences, at least we can help make the world safe for diversity. For, in the final analysis, our most basic common link is that we all inhabit this small planet. We all breathe the same air. We all cherish our children’s future. And we are all mortal.

Third: Let us reexamine our attitude toward the cold war, remembering that we are not engaged in a debate, seeking to pile up debating points. We are not here distributing blame or pointing the finger of judgment. We must deal with the world as it is, and not as it might have been had the history of the last 18 years been different.

We must, therefore, persevere in the search for peace in the hope that constructive changes within the Communist bloc might bring within reach solutions which now seem beyond us. We must conduct our affairs in such a way that it becomes in the Communists’ interest to agree on a genuine peace. Above all, while defending our own vital interests, nuclear powers must avert those confrontations which bring an adversary to a choice of either a humiliating retreat or a nuclear war. To adopt that kind of course in the nuclear age would be evidence only of the bankruptcy of our policy–or of a collective death-wish for the world.

To secure these ends, America’s weapons are nonprovocative, carefully controlled, designed to deter, and capable of selective use. Our military forces are committed to peace and disciplined in self- restraint. Our diplomats are instructed to avoid unnecessary irritants and purely rhetorical hostility.

For we can seek a relaxation of tension without relaxing our guard. And, for our part, we do not need to use threats to prove that we are resolute. We do not need to jam foreign broadcasts out of fear our faith will be eroded. We are unwilling to impose our system on any unwilling people–but we are willing and able to engage in peaceful competition with any people on earth.

Meanwhile, we seek to strengthen the United Nations, to help solve its financial problems, to make it a more effective instrument for peace, to develop it into a genuine world security system–a system capable of resolving disputes on the basis of law, of insuring the security of the large and the small, and of creating conditions under which arms can finally be abolished.

At the same time we seek to keep peace inside the non-Communist world, where many nations, all of them our friends, are divided over issues which weaken Western unity, which invite Communist intervention or which threaten to erupt into war. Our efforts in West New Guinea, in the Congo, in the Middle East, and in the Indian subcontinent, have been persistent and patient despite criticism from both sides. We have also tried to set an example for others–by seeking to adjust small but significant differences with our own closest neighbors in Mexico and in Canada.

Speaking of other nations, I wish to make one point clear. We are bound to many nations by alliances. Those alliances exist because our concern and theirs substantially overlap. Our commitment to defend Western Europe and West Berlin, for example, stands undiminished because of the identity of our vital interests. The United States will make no deal with the Soviet Union at the expense of other nations and other peoples, not merely because they are our partners, but also because their interests and ours converge.

Our interests converge, however, not only in defending the frontiers of freedom, but in pursuing the paths of peace. It is our hope– and the purpose of allied policies–to convince the Soviet Union that she, too, should let each nation choose its own future, so long as that choice does not interfere with the choices of others. The Communist drive to impose their political and economic system on others is the primary cause of world tension today. For there can be no doubt that, if all nations could refrain from interfering in the self-determination of others, the peace would be much more assured.

This will require a new effort to achieve world law–a new context for world discussions. It will require increased understanding between the Soviets and ourselves. And increased understanding will require increased contact and communication. One step in this direction is the proposed arrangement for a direct line between Moscow and Washington, to avoid on each side the dangerous delays, misunderstandings, and misreadings of the other’s actions which might occur at a time of crisis.

We have also been talking in Geneva about the other first-step measures of arms control designed to limit the intensity of the arms race and to reduce the risks of accidental war. Our primary long range interest in Geneva, however, is general and complete disarmament– designed to take place by stages, permitting parallel political developments to build the new institutions of peace which would take the place of arms. The pursuit of disarmament has been an effort of this Government since the 1920’s. It has been urgently sought by the past three administrations. And however dim the prospects may be today, we intend to continue this effort–to continue it in order that all countries, including our own, can better grasp what the problems and possibilities of disarmament are.

The one major area of these negotiations where the end is in sight, yet where a fresh start is badly needed, is in a treaty to outlaw nuclear tests. The conclusion of such a treaty, so near and yet so far, would check the spiraling arms race in one of its most dangerous areas. It would place the nuclear powers in a position to deal more effectively with one of the greatest hazards which man faces in 1963, the further spread of nuclear arms. It would increase our security–it would decrease the prospects of war. Surely this goal is sufficiently important to require our steady pursuit, yielding neither to the temptation to give up the whole effort nor the temptation to give up our insistence on vital and responsible safeguards.

I am taking this opportunity, therefore, to announce two important decisions in this regard.

First: Chairman khrushchev, Prime Minister Macmillan, and I have agreed that high-level discussions will shortly begin in Moscow looking toward early agreement on a comprehensive test ban treaty. Our hopes must be tempered with the caution of history–but with our hopes go the hopes of all mankind.

Second: To make clear our good faith and solemn convictions on the matter, I now declare that the United States does not propose to conduct nuclear tests in the atmosphere so long as other states do not do so. We will not be the first to resume. Such a declaration is no substitute for a formal binding treaty, but I hope it will help us achieve one.  Nor would such a treaty be a substitute for disarmament, but I hope it will help us achieve it.

Finally, my fellow Americans, let us examine our attitude toward peace and freedom here at home. The quality and spirit of our own society must justify and support our efforts abroad. We must show it in the dedication of our own lives–as many of you who are graduating today will have a unique opportunity to do, by serving without pay in the Peace Corps abroad or in the proposed National Service Corps here at home.

But wherever we are, we must all, in our daily lives, live up to the age-old faith that peace and freedom walk together. In too many of our cities today, the peace is not secure because the freedom is incomplete.

It is the responsibility of the executive branch at all levels of government–local, State, and National–to provide and protect that freedom for all of our citizens by all means within their authority. It is the responsibility of the legislative branch at all levels, wherever that authority is not now adequate, to make it adequate. And it is the responsibility of all citizens in all sections of this country to respect the rights of all others and to respect the law of the land.

All this is not unrelated to world peace. « When a man’s ways please the Lord, » the Scriptures tell us, « he maketh even his enemies to be at peace with him. » And is not peace, in the last analysis, basically a matter of human rights–the right to live out our lives without fear of devastation–the right to breathe air as nature provided it–the right of future generations to a healthy existence?

While we proceed to safeguard our national interests, let us also safeguard human interests. And the elimination of war and arms is clearly in the interest of both. No treaty, however much it may be to the advantage of all, however tightly it may be worded, can provide absolute security against the risks of deception and evasion. But it can–if it is sufficiently effective in its enforcement and if it is sufficiently in the interests of its signers–offer far more security and far fewer risks than an unabated, uncontrolled, unpredictable arms race.

The United States, as the world knows, will never start a war. We do not want a war. We do not now expect a war. This generation of Americans has already had enough–more than enough–of war and hate and oppression. We shall be prepared if others wish it. We shall be alert to try to stop it. But we shall also do our part to build a world of peace where the weak are safe and the strong are just. We are not helpless before that task or hopeless of its success. Confident and unafraid, we labor on–not toward a strategy of annihilation but toward a strategy of peace.

Traduction partielle

« […] Quelle sorte de paix veux-je évoquer ? Quelle sorte de paix recherchons-nous ? Non une Pax Americana imposée au monde par les armes de guerre américaines ; non la paix du tombeau ou la sécurité de l’esclave. Je parle de la paix authentique, le genre de paix qui fait que la vie sur terre vaut la peine d’être vécue ; le genre de paix qui permet aux hommes et aux nations de croître, d’espérer et d’édifier une vie meilleure pour leurs enfants ; non seulement la paix pour les Américains mais la paix pour tous les hommes, non seulement la paix à notre époque, mais la paix à toutes les époques.[…]

Je parle de la paix en raison du nouvel aspect de la guerre. La guerre totale est absurde en un âge où les grandes puissances peuvent maintenir de puissantes forces nucléaires et refuser de capituler sans avoir recours à ces forces.[…] Elle est absurde en un âge où les poisons mortels produits par l’emploi réciproque d’armes nucléaires seraient transportés par le vent, par l’eau, par le sol et par les graines jusqu’aux coins les plus reculés du globe et contamineraient les générations à venir.[…] Je parle donc de la paix comme une fin nécessaire et raisonnable que doivent envisager des hommes raisonnables. J’ai conscience que la poursuite de la paix n’est pas aussi spectaculaire que celle de la guerre, et souvent les termes employés par ceux qui la poursuivent tombent dans des oreilles lasses. Mais nous n’avons pas de tâche plus urgente.[…]

Chaque citoyen conscient que la guerre désespère et qui souhaite concourir à l’avènement de la paix devrait commencer par s’interroger, par examiner sa propre attitude envers l’Union soviétique, vis-à-vis du cours de la guerre froide et vis-à-vis de la liberté et de la paix ici, dans notre pays.[…]

Je ne fais pas allusion au concept absolu, illimité de la paix et de la bonne volonté universelles dont certains esprits chimériques et fanatiques rêvent encore. […] Concentrons-nous au contraire sur une paix plus pratique, plus aisée à atteindre, fondée non sur une brusque mutation de la nature humaine, mais sur une évolution graduelle des institutions humaines ; sur une série d’actions concrètes et d’accords effectifs qui sont de l’intérêt de tous.[…]

Ne fermons donc pas les yeux sur nos divergences mais portons aussi notre attention sur nos intérêts communs et sur les moyens par lesquels ces divergences peuvent être aplanies. Et si nous ne pouvons mettre fin à nos désaccords, au moins pouvons-nous aider à assurer dans le monde une sécurité qui permette la diversité des idées. Car en dernière analyse, notre lien commun fondamental, c’est le fait que nous habitons tous sur cette planète. Nous respirons tous le même air. Nous chérissons tous l’avenir de nos enfants. Et nous sommes tous mortels.[…] »

Source : Wikipédia



Funeral Services for President John F. Kennedy, November 1963: 23-25

The funeral Service for President John F. Kennedy. The state funeral of John F. Kennedy took place during the three days that followed his assassination on Friday, November 22, 1963, in Dallas, Texas.

The body of the president was brought back to Washington, D.C. and placed in the East Room of the White House for 24 hours. On the Sunday November 24, his casket was carried on a horse-drawn caisson to the U.S. Capitol to lie in state. Throughout the day and night, hundreds of thousands lined up to view the guarded casket. Representatives from over 90 countries attended the state funeral on Monday, November 25. After the Requiem Mass at St. Matthew’s Cathedral, the late president was laid to rest at Arlington National Cemetery.


 

 

 

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One comment on “Hommage à John F. Kennedy à l’occasion du centième anniversaire de sa naissance – 29 mai 2017

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