Les indépendants préfèrent internet au Salon du livre – L’Agefi, quotidien de l’Agence économique et financière

Article reproduit avec l’aimable autorisation de L’Agefi, quotidien de l’Agence économique et financière

LIBRAIRES. Le web leur apporte une meilleure visibilité et leur permet d’atteindre un public plus jeune.

(25 avril 2017 – Lausanne – Suisse – © 2017 – agefi.com) Depuis quelques années, les libraires indépendants ont déserté le Salon du livre de Genève. La grand-messe, qui se tiendra de mercredi à dimanche, est jugée chronophage et peu rentable. Les bouquinistes semblent désormais se tourner vers un autre médium pour se promouvoir et parfois acquérir une nouvelle clientèle: les sites internet et les réseaux sociaux.

Le libraire grisonnant, tranquillement assis derrière son comptoir ou feuilletant un livre dans ses rayons en attendant qu’un client ose pousser la porte de sa boutique, semble définitivement appartenir au passé. Aujourd’hui, le bouquiniste part activement à la recherche de sa clientèle sur la toile.

«Le nerf de la guerre, c’est la rapidité. Les gens veulent obtenir leurs livres dans un délai très court», affirme Françoise Berclaz, propriétaire de la librairie La Liseuse, à Sion. «Dans cette perspective, internet est un outil bienvenu. Il nous permet d’être efficace, de nous faire connaître et de résister aux plates-formes en ligne, comme Amazon, qui proposent les mêmes livres que nous».

Grâce à son site de vente en ligne, Françoise Berclaz a réussi à atteindre de nouveaux clients. «Il s’agit principalement de personnes qui ne peuvent pas se rendre sur place à cause de leurs horaires de travail ou de leur lieu de domicile», précise-t-elle.

Véronique Overney, copropriétaire des librairies La Fontaine à Lausanne et Vevey (VD), affirme également que son site de vente en ligne et sa page Facebook lui ont permis d’attirer «un public plus jeune avec des envies plus compulsives».

L’accueil chaleureux et personnalisé, souvent mis en avant par les libraires, n’est-il pas mis à mal par les ventes en ligne anonymes? «Absolument pas», assure Véronique Overney. «Toutes les commandes sont regardées avec attention par nos libraires. Si une anomalie est remarquée, comme un livre en anglais au milieu de cinq en français, nous téléphonons à notre client pour vérifier.» A l’instar des deux commerçantes, les libraires suisses sont nombreux à être présents sur la toile. «Presque tous nos membres ont un site», affirme Dani Landolf, secrétaire général de l’Association suisse alémanique des libraires et éditeurs (SBVV). Côté romand, le constat est similaire. «Tous nos membres libraires actifs ont un site», affirme Jacques Scherrer, secrétaire général de l’Association romande des diffuseurs, éditeurs et libraires (ASDEL).

Contrairement à Françoise Berclaz et Véronique Overney, tous les libraires n’ont de loin pas de système de ventes en ligne. Dani Landolf estime qu’environ la moitié de ses membres offre un tel service. Jacques Scherrer n’a lui pas pu donner de statistiques. En cause: les coûts élevés de ce sites. «Les librairies indépendantes sont de petites entreprises avec de petits chiffres d’affaires et peu de marge. Elles n’ont pas toujours les moyens de développer des sites de vente en ligne», explique Jacques Scherrer. Dani Landolf regrette de son côté que «les solutions de ventes en ligne pour les libraires indépendants fassent défaut». Les libraires, qui ne font pas de ventes en ligne, utilisent internet pour avoir une meilleure visibilité.  Comme  une  sorte  de deuxième vitrine. Sites et réseaux sociaux sont utilisés pour se présenter, communiquer ses événements – rencontres ou dédicaces avec les auteurs – ou encore partager ses coups de cœur. Avec cet avantage, qu’ils permettent d’atteindre un public  lu vaste et plus facilement. «Par courriel, nous pouvons atteindre entre 250 à 300 personnes. Sur Facebook, si les gens partagent notre post, un événement prend tout de suite plus d’ampleur», explique Céline Bosson, gérante de la librairie L’Étage à Yverdon-les-Bains. Jacques Houssay, un des six gérants de la Librairie du Boulevard, à Carouge (GE), concède lui que «grâce aux réseaux sociaux,  nous  devons  fournir moins d’effort pour que l’information parvienne aux jeunes». Internet n’est toutefois qu’un outil comme un autre, selon lui, pour conforter une assise déjà existante. «Si la librairie n’a pas une identité forte et une clientèle de base, ce n’est pas internet qui va les lui créer», insiste le libraire de 40 ans. «Rie ne remplace a le rapport direct avec les gens.» – (ats)

Les groupes cartonnent sur le net

Présentes sur la Toile depuis de nombreuses années, les grandes librairies profitent pleinement de ce canal, aussi bien pour informer leurs clients que pour écouler leurs ouvrages. Les ventes en ligne de ces commerces affichent d’ailleurs une forte progression. «Le commerce en ligne est un pilier très important de notre entreprise», assure Alfredo Schilirò, porte-parole d’Orell Füssli Thalia. Il représente plus de 20% des ventes totales et enregistre une progression à deux chiffres sur les dernières années. Chez Payot, la part des ventes sur internet ne s’élève qu’à 5%. «Toutefois, sans la concurrence de l’euro, cette part devrait tourner au tour des 10 à 15%», précise le directeur général de Payot Pascal Vandenberghe. La société affiche également une augmentation de 7 à 13% de ses ventes en ligne depuis quelques années. Les deux poids lourds estiment en outre que le commerce sur internet continuera à croître à l’avenir, quoique de manière peut-être plus pondérée. Si la part des ventes sur internet a augmenté, les librairies n’ont pas pour autant touché un nouveau public. «En 2005, nous avons interrogé nos clients en ligne et découvert que 93% d’entre eux étaient également clients de nos librairies», précise Pascal Vandenberghe. – (ats)

Source : L’Agefi, quotidien de l’Agence économique et financière

© 2017 – agefi.com


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