Une nouvelle de très grande importance – Quand les librairies indépendantes préfèrent l’internet à un salon du livre

L’Agence Télégraphique Suisse SA (ats), agence nationale suisse d’information, a informé les médias abonnés à son service que plusieurs librairies indépendantes préfèrent s’investir dans des sites web et les réseaux sociaux plutôt que de participer au Salon du livre de Genève. J’ai trouvé deux articles reprenant la nouvelle de l’agence :

Internet vaut bien un Salon du livre dans le quotidien suisse indépendant LA LIBERTÉ. La chapeau de cet article se lit comme suit :

Les libraires indépendants préfèrent séduire leurs clients grâce au web plutôt qu’avec un stand à Genève

Internet séduit les libraires indépendants sur le site web de nouvelles Swisscom, l’entreprise phare des télécommunications en Suisse. Le chapeau de cet article se lit comme suit :

Depuis quelques années, les libraires indépendants ont déserté le Salon du livre de Genève, qui se tiendra de mercredi à dimanche. Les bouquinistes semblent désormais se tourner vers un autre médium pour se promouvoir: les sites internet et les réseaux sociaux.

Cette nouvelle revêt une importance primordiale non pas parce qu’elle nous rappelle que plusieurs librairies sont présentent sur le web mais plutôt parce qu’elles préfèrent cette présence dans le monde virtuel à une présence physique dans un salon du livre.

À ce jour, les libraires montaient tous au front pour défendre le contact de personne à personne dans leurs locaux pour contrebalancer la concurrence du monde virtuel. Cette approche m’apparaissait néfaste parce qu’elle laissait le champ libre à cette concurrence virtuelle.

Plusieurs libraires qualifient cette concurrence du web de déloyale, entre autres, parce que les librairies virtuelles tout numérique (opérant uniquement en ligne) n’avaient pas à soutenir financièrement des locaux avec pignon sur rue voire des inventaires de milliers d’exemplaires. Ces avantage du tout numérique, dénoncé vertement par les librairies physiques, permet notamment aux librairies opérant uniquement en ligne de baisser le prix de vente de leurs livres et de livrer ainsi une concurrence impossible à rencontrer.

L’impression à la demande rentre aussi en jeu dans le coût de gestion et d’entreposage de l’inventaire. Bon nombre de librairies en ligne font appel à l’impression à la demande permettant d’imprimer un seul exemplaire à la fois à la suite du paiement de la commande par l’acheteur. Dans ce nouveau contexte, tout exemplaire imprimé est un exemplaire déjà vendu. De plus, il peut être acheminé directement au lecteur par l’imprimeur.

Les imprimeurs à la demande sont présents presque partout dans le monde. Il est alors possible pour un librairie en ligne de servir des clients à l’étranger en confiant l’impression de l’exemplaire vendu à un imprimeur dans le pays de l’acheteur, économisant ainsi sur les frais de port.

Mais la plupart des exemplaires de livres dans le monde ne sont pas encore imprimés à la demande. Les éditeurs traditionnels, quoiqu’ils réduisent les tirages, se voient encore dans l’obligation d’imprimer par centaines ou par milliers les exemplaires des livres à leur catalogue pour s’assurer d’une place sur les rayons des librairies physiques. L’impression à la demande profitent tout de même aux éditeurs traditionnels en permettant des micros tirages pour les œuvres dont la demande est limitée.

L’impression traditionnelle (Offset) exige une production de milliers d’exemplaires pour être économiquement rentable, c’est-à-dire pour que le coût à l’exemplaire soit le plus bas possible. Bref, mettre en marche une presse Offset demeure plus dispendieux que de lancer un appareil d’impression à la demande.

Les nouvelles technologies du numérique ont donné lieu à la naissance d’une chaîne du livre dématérialisée, de l’éditeur aux libraires opérant uniquement en ligne.

Le plus grand libraire en ligne dans le monde, Amazon, fait régulièrement l’objet d’attaque de la part de la chaîne du livre traditionnel pour sa concurrence dite déloyale. Mais il faut de rappeler que Amazon n’était qu’une toute petite librairie en ligne à ses débuts et que l’entreprise a pu grandir à sa guise occupant le champ libre laissé par l’industrie traditionnelle du livre qui boudait les nouvelles technologies. Comme je l’ai mentionné dans un autre article dans ce magazine, «la nature a horreur du vide» et cela a profité à Amazon et autres grandes librairies virtuelles du tout numérique.

Aujourd’hui, la majorité des librairies avec pignons sur rue se sont dotées d’un site web et s’assurent d’une présence sur les réseaux sociaux.

Au Québec, ce rattrapage est rendu possible avec des millions de dollars en subvention du gouvernement, dont plusieurs sont récurrentes (reviennent à chaque année). Cette aide financière s’ajoute à celle existante. Les libraires conservent les mêmes obligations et font les mêmes choix budgétaires de base.

Voilà la nouveauté à souligner de plusieurs traits : un glissement du budget vers le web, plus rentable et moins chronophage, selon les libraires eux-mêmes interrogés par l’Agence Télégraphique Suisse.

En Suisse, les libraires indépendants se démarquent parce qu’ils ne font plus les mêmes choix budgétaires. Ils préfèrent se payer une présence active sur le web en place et lieu d’un kiosque au Salon du livre de Genève. Voilà la nouveauté à souligner de plusieurs traits : un glissement du budget vers le web, plus rentable et moins chronophage, selon les libraires eux-mêmes interrogés par l’Agence Télégraphique Suisse.

«Le nerf de la guerre, c’est la rapidité. Les gens veulent obtenir leurs livres dans un délai très court», affirme Françoise Berclaz, propriétaire de la librairie La Liseuse, à Sion. «Dans cette perspective, internet est un outil bienvenu. Il nous permet d’être efficaces, de nous faire connaître et de résister aux plateformes en ligne, comme Amazon, qui proposent les mêmes livres que nous.»

La rapidité, c’est le bouquinage en ligne dans le confort de son foyer et la livraison en quelques heures ou quelques jours. Les libraires indépendants suisses ajoutent le facteur que je nomme «Achetez localement sur le web». Plus le siège physique de l’entreprise en ligne est proche, plus la livraison aux clients locaux est rapide. Et, comme le souligne une libraire, il lui suffit de téléphoner au client si un défaut apparaît dans sa commande.

Au Québec, le ministère de la Culture et des Communications a déployé une campagne nationale de promotion sur le livre avec un budget de 1,2 million de dollars. La campagne comprend des messages publicitaires diffusée à la télévision et sur le web ayant pour thème «Pour de bonnes histoires, passez voir votre libraire».

L’objectif est clair : inciter la population à se rendre en librairies (le ministère cible ici uniquement les librairies indépendantes qu’il a agréées et non pas toutes les librairies québécoises).

Ici, on utilise le web comme lieu de diffusion pour amener des gens en librairies avec pignon sur rue.

Je qualifie cette approche de passéiste parce que cette campagne nationale de promotion sur le livre n’inclut pas la vente en ligne. On note l’absence totale de promotion de la plateforme québécoise de vente de livres en ligne de la coopérative des Librairies indépendantes du Québec (LIQ) :

http://www.leslibraires.ca/

http://quebecois.leslibraires.ca/

N’est-ce aberrant que la part de cette campagne diffusée sur le web ne parle pas de l’achat en ligne ?

Crédit : Bach Illustration

Cette campagne nationale comprend un second volet sous le titre «Appui aux activités citoyennes de promotion sur le Web et les médias sociaux» en référence à « L’activité Le 12 août, j’achète un livre québécois, lancée par deux jeunes auteurs québécois en 2014 (Amélie Dubé et Patrice Cazeault), a eu un impact important.» Mais attention, même s’il est question «de promotion sur le Web et les médias sociaux», le but demeure d’inciter le gens à se rendre en librairie avec pignon sur rue plutôt que d’acheter des livres québécois en ligne sur des plateformes québécoises.

Site web à consulter : http://uneideequiconte.ca/

Ce deuxième volet s’est concrétisé dans le cadre du concours «Une idée qui conte» au cours duquel «les citoyens et les librairies sont invités à soumettre une initiative visant à mettre en valeur leur librairie agréée». Il fut introduit en ces mots : «Vous aimez bouquiner dans votre librairie de proximité et vous soutenez l’achat local?» Malgré les apparences, il n’est pas question de l’achat en ligne de livres québécois. D’ailleurs, aucune des cinq idées retenues lors de la première édition de ce concours visaient la vente en ligne.

Promouvoir le livre québécois sur le web et les réseaux sociaux est une bonne idée mais la réaliser pour que les gens se rendent en librairies avec pignon sur rue ne l’est pas.

Dès que je vois un livre sur le web ou sur les réseaux sociaux, je dois pouvoir l’acheter immédiatement en ligne. Sur le web, il faut miser sur l’achat compulsif comme le souligne une libraire suisse :

Véronique Overney, copropriétaire des librairies La Fontaine à Lausanne et Vevey (VD), affirme également que son site de vente en ligne et sa page Facebook lui ont permis d’attirer « un public plus jeune avec des envies plus compulsives ».

Source : Internet vaut bien un Salon du livre, LA LIBERTÉ, quotidien suisse indépendant.

Sur le web, il faut agir vite et bien. On attire rapidement l’attention, on la retient et on profite alors de l’occasion pour communiquer un message claire et simple et motiver ainsi un action facile d’exécution. Dire aux gens qu’ils doivent planifier un déplacement dans une librairie avec pignon sur rue pour acheter un livre qu’ils viennent de voir à l’instant sur le web n’est pas une action facile voire logique. Le message tombe à l’eau et on passe au clic suivant…, parfois même, si la motivation d’achat persiste, un clic sur la première librairie en ligne qui vient à l’esprit, Amazon, à défaut de connaître celles du Québec.

 

 

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