Ouvrir le livre et voir l’écran : pratiques littéraires et pratiques numériques, un dossier à lire absolument, Sens Public – Revue web – Université de Montréal

Chloé Savoie-Bernard
Jean-François Thériault

Ouvrir le livre et voir l’écran : pratiques littéraires et pratiques numériques


Écrire à l’ère du numérique n’a aucune parenté avec «le bon vieux temps» où l’auteur ne disposait que de feuilles de papier , d’un encrier et d’une plume dans l’intimité de son imagination. Le numérique a tout changé : les outils, les pratiques, les habitudes, les perceptions… En sommes-nous conscients ? Voici un dossier des plus intéressant offert par la revue web Sens Public de l’Université de Montréal. Les auteurs, Chloé Savoie-Bernard et Jean-François Thériault, et leurs collaborateurs, tentent de répondre à la question : «Comment pratiques littéraires et pratiques numériques peuvent-elles dialoguer aujourd’hui, et que peut-on dire des interactions qui découlent de ces échanges ?»


Résumé

Ce dossier s’intéresse à la manière dont s’entrelacent littérature et numérique dans la littérature contemporaine. Puisque le numérique teinte l’ensemble des pratiques humaines, la littérature fait partie des lieux qu’elle investit. Ainsi, la question autour de laquelle s’articulent les textes de ce dossier est donc la suivante : comment pratiques littéraires et pratiques numériques peuvent-elles dialoguer aujourd’hui, et que peut-on dire des interactions qui découlent de ces échanges ? Il ne s’agit pas d’affirmer que toute la production littéraire contemporaine développe un discours sur le numérique, mais bien que les nouvelles possibilités de lecture et d’analyse qui nous sont offertes méritent d’être analysées et mises à l’épreuve.


Introduction au dossier

22 décembre 2016

Naviguer sur les blogues de cuisine afin de trouver une recette parfaite pour le repas du soir, celle qui utilisera tous les ingrédients orphelins du réfrigérateur ; googler le nom d’une écrivaine afin de se renseigner sur l’ensemble de ses publications alors qu’on lit son dernier roman ; se donner rendez-vous au bar avec les copains en utilisant Facebook comme agenda commun ; rencontrer l’âme sœur grâce à des applications comme Tinder ou OkCupid : de tels évènements participent à l’édification et à la régulation du quotidien. Alors qu’on a souvent affirmé que l’avènement des technologies numériques dans la vie quotidienne engendrerait une rupture entre deux régimes d’historicité, l’omniprésence, voire l’ubiquité de ces pratiques aujourd’hui nous amènent plutôt à penser que notre usage d’Internet et du web est de plus en plus, pour ainsi dire, pacifié. Le passage entre le « en-ligne » et le « hors-ligne » se fait sans heurt, sans frontière sensible, alors que la manière dont dialoguent la vie de tous les jours et l’usage des outils numériques est fluide. Le numérique ne crée plus de résistance et constitue un prisme au travers duquel s’incarne notre rapport aux formes d’art. Pour le dire avec Gregory Chatonsky, « [o]n reconnaît par là même qu’Internet configure notre perception, c’est-à-dire notre esthétique, et qu’il constitue pour ainsi dire son a priori transcendantal : derrière ce que nous percevons, il y aurait toujours de l’Internet1 ». Difficile en effet de penser aujourd’hui les technologies numériques en dehors du réel, alors qu’elles participent à sa construction. Milad Doueihi, dans Pour un humanisme numérique, a interrogé ces changements sous l’angle d’une « culture numérique », qui serait le « résultat d’une convergence entre notre héritage culturel complexe et une technique devenue un lieu de sociabilité sans précédent2 ». Cette culture ne saurait, à la lumière de ces considérations, se limiter à l’unique usage des écrans. Elle teinterait plutôt l’ensemble des expériences humaines, du moins celles des sociétés technologisées.

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NOTES

1 Gregory Chatonsky, « Post-internet : époque, ontologie et stylistique », Artichaut Magazine, 5 avril 2015, en ligne : http://chatonsky.net/flux/?p=4932 (page consultée le 9 novembre 2016).

2 Milad Doueihi, Pour un humanisme numérique, Paris, Seuil, 2012, p. 6.

 


Dans le Dossier

Ouvrir le livre et voir l’écran : pratiques littéraires et pratiques numériques


 

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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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