La BD numérique à la limite des frontières, un mémoire captivant signé Dorine Godard

Godard, Dorine (2016) La BD numérique à la limite des frontières. [Mémoire]. PDF GRATUIT

«Ce travail s’interroge sur la bande dessinée numérique et plus précisément sur son rapport avec les autres formats que sont l’animation et les jeux vidéo. On remarque en effet que la frontière entre ces différents médias a tendance à s’amincir, voire à disparaître sous couvert d’une transmédialité grandissante dans tous les domaines. Or, sans une délimitation de la forme, comment pouvons-nous savoir si une œuvre est de la bande dessinée ou non ? L’intérêt de ce travail est donc de définir une certaine constante dans le format BD qu’il faudrait tendre à préserver dans le numérique.» Source : http://dante.univ-tlse2.fr/2353/

Voici, en guide d’extrait, l’introduction de ce mémoire captivant.

Introduction

Lorsque nous parlons de bande dessinée en France, il s’agit bien souvent de la bande dessinée franco-belge, qui a connu son heure de gloire dans les années soixante-dix et qui reste solidement attachée au format cartonné. Cette période, aussi appelée l’âge d’or de la BD franco-belge, a permis à la BD de prendre son essor en France. Toute une génération va alors grandir avec les grands noms de la bande dessinée comme Franquin, Morris, Goscinny, etc., et certaines maisons d’éditions vont se développer comme

Dupuis, Dargaud, Casterman, etc. Il est intéressant de noter que bien que le terme de bande dessinée désigne tout récit en images, en France seule la BD franco-belge est appelé ainsi. Nous distinguons donc la bande dessinée américaine (les comics) de la bande dessinée asiatique (les mangas et les manhwa (1)).

Bien que la bande dessinée soit née, d’une certaine manière, en Europe avec Rodolphe Töpffer dans les années 1830(2), l’Amérique a permis à ce format de se développer et de se définir. En effet, le phénomène des comics trips (3) s’est développé au point de permettre la naissance des premiers comic books dans les années 1930. C’est à ce moment-là qu’a eu lieu l’âge d’or des comics, avec la naissance des super-héros qui vont avoir un grand succès auprès du public (Superman, Batman, Captain America, etc.). C’est un véritable phénomène qui a réussi à perdurer malgré quelques essoufflements. Dans les années soixante, nous assistons alors à ce que nous pouvons alors appeler l’âge d’argent des comics, avec la reprise de certains super-héros par DC Comics, puis les années soixante-dix marquent l’âge de bronze des comics et de la domination des histoires de super-héros. La période actuelle marque le grand retour des super-héros grâce au cinéma (Superman, Spiderman, les X-men, etc.) et la naissance des webcomics qui marque l’entrée des comics dans l’ère du numérique.

Face au phénomène comics, seul le manga semble arriver à se faire une place. Celui-ci est un des formats les plus jeunes de la bande dessinée et semble encore dans son âge d’or, cela depuis les années quatre-vingt-dix. Très apprécié par la jeunesse, son succès semble lié aux films d’animation et aux séries d’animation.

Il semble donc qu’à notre époque le succès d’une bande dessinée soit à mettre en corrélation avec son succès sur l’écran. Ce phénomène touche l’ensemble de la production éditoriale, puisqu’il n’est pas rare de voir un roman devenir un best-seller après une adaptation cinématographique. Ce qui est surprenant ici, c’est que seule la BD franco-belge semble déroger à la règle. Nous pouvons donc définir un premier constat : l’attractivité, qu’offre le cinéma par exemple, semble être le principal but recherché par le lecteur. À l’heure du tout numérique, il semble que celle-ci se retrouve plus sur un écran que sur une feuille de papier…

L’édition a compris ce problème et cherche depuis des années à trouver une nouvelle forme de publication qui permettra à la BD de prendre un nouveau départ et de retrouver un public. L’intérêt étant de dépoussiérer un format perçu comme démodé par la nouvelle génération et quoi de mieux pour cela que le numérique. Plusieurs choses ont été tentées pour déplacer la BD du papier à l’écran : publications sur disquette, CD-ROM, e-book, web et application. D’abord en version homothétique, puis enrichie, les publications numériques ont commencé à évoluer vers des ouvrages plus attractifs et interactifs en se basant sur les succès d’aujourd’hui : l’animation et le jeu vidéo.

Cependant, en se rapprochant des autres formats la bande dessinée prend le risque de se perdre elle-même. En effet, un livre numérique qui ne serait composé que d’images animées serait-il toujours de la BD ? Un e-book dans lequel les cases s’animent dans des petites saynètes audio peut-il être considéré comme une BD ? Et comment différencier un jeu d’une BD lorsqu’une application propose par de multiples actions de changer une histoire ?

Pour répondre à toutes ces questions, il est important de savoir ce qu’est la bande dessinée. L’objectif de ce mémoire n’est pas de donner une définition définitive, cela est impossible et la bande dessinée a la particularité de réussir à adapter sa forme aux possibilités de son époque. Il nous faut alors essayer de dégager ce qui pourrait être son essence, quelques éléments sans lesquels nous basculons d’un format à un autre. Il convient de commencer par rechercher dans la bande dessinée une constante, qui permettra de poser les bases de la bande dessinée. Une fois cela fait, nous nous intéresserons au sujet même de ce mémoire : les rapports entre la bande dessinée et les autres médias et plus particulièrement les frontières que la bande dessinée numérique entretient avec eux. Pour cela nous ferons un état des lieux de l’offre numérique existante, en essayant de dégager un format qui correspondrait à notre définition de la bande dessinée mais qui pourrait exploiter toutes les possibilités du numérique.

  1. Le Manhwa (화/畵, en coréen) désigne la bande dessinée coréenne.
  2. Rodolphe Töpffer (1799-1846) est un auteur de bande dessinée suisse à qui l’on attribue la paternité du médium avec l’Histoire de Mr Jabot, (Genève, 1833). Il en est également le premier théoricien avec son ouvrage Essai de Physiognomonie (Genève, 1845).
  3. Les comic strips sont des bandes dessinées, composées de quelques cases et généralement en bandeau, publiées dans la presse quotidienne.

Lien de téléchargement

http://dante.univ-tlse2.fr/2353/7/godard_dorine_M22016.pdf

 

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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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