Facebook et Google, 70% des revenus publicitaires en ligne au Canada. Bravo !

Sur le site web de l’ADISQ, on peut lire :

«Saviez vous que…

À eux deux, Facebook et Google empochent 70% des revenus publicitaires en ligne au Canada. Cette mainmise spectaculaire de deux géants américains sur notre marché affecte grandement les médias traditionnels, journaux imprimés et télévision en tête. Seule la radio, média hyperlocal, est parvenue à échapper à une chute de ses revenus.»

Je ne suis pas d’accord avec cette protestation car elle se base sur une mauvaise compréhension de ce qui se passe au Québec à l’ère numérique.

Partons du principe que la nature a horreur du vide. Or, au Québec, c’est le presque le vide complet sur le plan numérique. Il n’en faut pas plus pour que Facebook et Google prennent la place laissée vacante par le Québec. Et il en va ainsi partout dans le monde où le développement du numérique se fait attendre.

De plus, n’allez pas croire que toute cette économie du numérique est une affaire de sorcier. Des dizaines de millions de dollars de nos taxes et de nos impôts ne permettront pas de combler le vide numérique au Québec.

En fait, quand on ne possède pas la base, il ne sert à rien de construire quoique ce soit. Et le Québec, à commencer par le gouvernement, ne possède pas les connaissances de base pour occuper le terrain du numérique. Quand il faut expliquer au gouvernement du Québec comment faire un document PDF qui sera repéré par les moteurs de recherche sur le web, comme nous l’avons fait dans le cadre d’une commission parlementaire l’année dernière, peu importe les millions de dollars, la situation demeurera la même.

C’est la base de la première composante de l’économie numérique qu’il faut posséder : le code ! Le code et la programmation informatique. Après et seulement après nous pourrons espérer développer une économie numérique. Pourquoi pensez-vous que l’industrie québécoise des jeux vidéo remporte un vif succès ? Il possède le code. On aura beau avoir toute la créativité de monde, si on ne possède pas le code pour l’exploiter à l’ère du numérique, on tourne en rond.

Et quant à un «Saviez-vous que…», en voici un de mon cru.

Saviez vous que… la Loi du livre au Québec interdit au gouvernement de supporter financièrement les éditeurs libraires en ligne comme nous ! Eh oui, au Québec, un éditeur est encore et uniquement reconnu à ce titre que s’il distribue ses livres dans le réseau des librairies avec pignon sur rue. Un éditeur en ligne sur le web n’est pas un éditeur au sens de la Loi du livre.

Il y a donc un vide au Québec dans le domaine de l’édition en ligne. Et qui vient combler ce vide : des entreprises étrangères. Est-ce qu’on peut protester contre ces entreprises qui attirent de nombreux auteurs et écrivains québécois. NON. Le gouvernement du Québec préfère s’en tenir à la Loi du livre et ne pas supporter financièrement le développement de l’édition en ligne, pas plus que l’impression à la demande, alors, comme la nature a horreur du vide, les entreprises étrangères le comble sans encombre.

Et encore faut-il savoir que l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) ne veut pas intégrer le livre numérique à la Loi du livre. L’industrie traditionnelle du livre ne veut pas changer un iota à la Loi du livre et c’est elle qui dicte au ministre de la Culture et des Communications du Québec ce qu’il doit faire ou non. Je ne vous parle pas ici d’un puissant lobby de l’industrie traditionnelle du livre mais de rien de moins que d’un contrôle du ministère de la Culture et des Communications du Québec par l’industrie traditionnelle du livre.

Autrement, expliquez-moi pourquoi il n’y a pas des dizaines d’éditeurs et de libraires «tout numériques» (uniquement virtuels) au Québec ? On les compte par dizaines en France et par centaines au USA depuis la commencement des années 2000. On en trouve partout ailleurs en Europe et en Asie. Elles FONT l’économie numérique du livre dans le monde ! Au Québec ? C’est le vide mis à part quelques expériences comme celle de la Fondation littéraire Fleur de Lys.

La Fondation littéraire Fleur de Lys a innové à un point tel que plus de 50% de ses auteurs provenaient de la France en 2005, trois ans seulement après sa création. Mais le gouvernement du Québec demeurait encore et toujours sourd à nos demandes d’aide financière. Nous avions une occasion unique de faire rayonner le Québec dans le secteur de l’édition à travers toute la francophonie mais le gouvernement du Québec ne voulait rien savoir de sortir du cadre de la Loi du livre. D’autres ont pris la place.

Une simple reconnaissance de nos efforts dans le domaine de l’édition en ligne, une simple référence du ou de la ministre en poste à la Culture et aux Communications, aurait fait toute une différence auprès de la population et des médias et par le fait même sur notre développement économique. Mais pas un mot – le vide total.

Le Québec est la seule place dans LE MONDE ENTIER où il y a une telle LOI DU LIVRE qui dicte au gouvernement qui il peut aider financièrement.

Alors, quand on vient de plaindre de «l’envahisseur» étranger dans le domaine du numérique au Québec, je pense encore et toujours establishment en place qui ne veut pas faire un seul pas en avant sans l’aide financière du gouvernement du Québec. Le gouvernement doit encore donner aux entreprises des crédits d’impôt pour acheter des ordinateurs (mais pas aux éditeurs en ligne) ! Nous sommes en 2017 !!!

Pourquoi Facebook et Google sont en ligne de tête de la publicité en ligne au Canada ? Parce que c’est là qu’il faut annoncer pour que ce soit rentable – c’est une simple question d’efficience, rien de plus, rien de moins. Le train numérique est passé et si jamais le Québec le rattrape, il sera et demeurera dans le wagon de queue, selon toute vraisemblance.

Bravo à Facebook et Google ! La maîtrise du code permet l’innovation et ça, c’est payant ! Aucune politique numérique ne donnera au Québec les fruits attendus puisqu’elle ne porte pas sur l’essentiel mais uniquement sur des artifices mal ficelés et… des privilèges à un establishment.

Vivement le quinzième anniversaire de la Fondation littéraire Fleur de Lys l’année prochaine.

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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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