Nouveauté (livre numérique gratuit) : Au temps de Jeune Nation – Les écrits polémiques d’un contre-révolutionnaire tranquille, Histoire, Jean-Claude Dupuis, Ph.D., Fondation littéraire Fleur de Lys

AU TEMPS DE JEUNE NATION
Les écrits polémiques d’un contre-révolutionnaire tranquille
Jean-Claude Dupuis, Ph. D.
Histoire – Recueil de textes
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2017, 298 pages.
ISBN 978-2-89612-528-9
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RÉSUMÉ

Jean-Claude Dupuis a dirigé, de 1992 à 1995, les Cahiers de Jeune Nation, une publication qui se présentait comme la “revue de la droite nationale au Québec”. Le Cercle Jeune Nation voulait faire renaître l’école de pensée nationaliste canadienne-française du chanoine Lionel Groulx pour combattre les valeurs dominantes de la société québécoise contemporaine : l’individualisme libéral, l’étatisme social-démocrate, l’égalitarisme pédagogique, le relativisme moral et le multiculturalisme mondialisant. Ce petit groupe d’intellectuels marginaux et anticonformistes osait ramer à contre-courant en critiquant les paradigmes de la sacro-sainte Révolution tranquille. Il s’attaquait notamment au “nationalisme officiel” du Parti Québécois, qui commettait l’erreur de dissocier le projet indépendantiste du nationalisme identitaire canadien-français. Les organisations d’extrême-gauche et certains médias ont accusé Jeune Nation de “racisme” et de “fascisme”, par la tactique de l’amalgame, propre au néo-maccarthysme de la rectitude politique. L’Affaire Jeune Nation a soulevé un âpre débat au sein de la prestigieuse Ligue d’Action Nationale. En réalité, le Cercle Jeune Nation se composait surtout de nationalistes canadiens-français traditionnels, plus ou nostalgiques du Québec duplessiste. Mais les bien-pensants paraissaient déstabilisés par son discours à la fois conservateur et intelligent.

L’ancien directeur des Cahiers de Jeune Nation, qui se qualifie de “contre-révolutionnaire tranquille”, a rassemblé dans cet ouvrage ses écrits polémiques pour défendre et illustrer une certaine idée du Canada français : un nationalisme intégral fondé sur l’union de la foi catholique et de la culture classique française. L’auteur invite les Québécois à “reconstituer la plénitude de leur vie française” et à s’opposer à l’idéologie mondialiste, qui cherche à supprimer les patries pour instaurer une gouvernance planétaire de type orwellien. Le retour au réel par l’enracinement culturel pourrait libérer l’humanité de la tyrannie du matérialisme et du relativisme, qui prétend faire de nous des “esclaves heureux”.

PRÉSENTATION

Wikipédia décrit le Cercle Jeune Nation de la manière suivante : “Le Cercle Jeune Nation est un ancien groupe ultranationaliste du Québec, classé à l’extrême-droite selon des militants antifascistes. Il a été fondé en 1986. Le groupe est disparu en 1996. Le Cercle Jeune Nation se revendiquait de la droite dite nationale, dans une optique de défense de l’identité canadienne-française. Cercle de réflexion contre l’avortement, l’immigration de non-européens, anti-multiculturaliste, antimaçonnique, antilibéral, le Cercle s’inspirait à sa fondation des droites radicales européennes, autant par anticommunisme que par antilibéralisme .”

Les informations sont relativement exactes, bien que le texte soit court et péjoratif. Les références montrent que les auteurs de la notice se sont appuyés uniquement sur l’opinion des groupes d’extrême-gauche. Quelques années auparavant, Wikipédia avait publié un article beaucoup plus élaboré sur le même sujet. Le texte n’était certes pas favorable au nationalisme de droite, mais il présentait le Cercle Jeune Nation comme un mouvement intellectuel sérieux et articulé. J’étais plutôt satisfait de la manière dont il exposait mes propres idées politiques et religieuses. Mais Wikipédia a ensuite supprimé cet article, que je n’ai malheureusement pas sauvegardé, pour le remplacer par la brève notice citée plus haut. Certains collaborateurs de l’encyclopédie numérique, soi-disant “libre”, affirmaient que le seul fait d’exposer impartialement notre idéologie revenait à faire la “promotion de l’extrême-droite”.

En revanche, le chercheur Ivan Carel (UQAM) a publié dans le Bulletin d’histoire politique une étude succincte, mais plus professionnelle . Il conclut que les Cahiers de Jeune Nation ont réussi à “produire un discours certes non unifié mais globalement cohérent, et qui surtout offrait un espace respectable, jusque dans une certaine mesure, à différentes voies de la droite québécoise, mais aussi étrangère”.

Le discours de Jeune Nation avait irrité les bien-pensants dans les années 1990, et il semble encore agacer les dévots de la rectitude politique vingt-cinq ans plus tard, puisqu’ils veulent toujours le censurer. Comment se fait-il que les idées “réactionnaires” d’un obscur groupuscule de “pelleteux de nuages”, nostalgiques du Québec de la “grande noirceur duplessiste”, et sans aucune influence politique, aient pu soulever tant de controverse? C’est sans doute parce que l’image du Cercle Jeune Nation ne correspondait pas à celle du Cro-Magnon raciste et inculte que les organisations “antifascistes” veulent associer au nationalisme identitaire. Les moralistes de la rectitude politique sont déstabilisés par un discours qui est à la fois conservateur et intelligent.

Voyons plutôt la présentation officielle de notre organisation, qui apparaissait sur la page d’abonnement de la revue, que j’ai dirigée de sa fondation en 1992 jusqu’à sa disparition en 1995 :

“Le Cercle Jeune Nation est un mouvement d’action intellectuelle qui vise à définir et à promouvoir une pensée nationale canadienne-française fondée sur nos traditions politiques, culturelles et religieuses. Nous luttons contre l’idéologie mondialiste qui en¬tend détruire les particularismes nationaux, priver l’humanité des richesses de la diversité des peuples et des cultures, et créer un homo oeconomicus américanisé, uni¬forme, sans idéal social et spirituel. Les Cahiers de Jeune Nation publient des textes de réflexion politique, historique, culturelle et religieuse en accord avec les principes de la droite nationale.”

Les Cahiers de Jeune Nation avaient adopté la maxime suivante: “Notre doctrine, elle peut tenir tout entière en cette brève formule : nous voulons reconstituer la plénitude de notre vie française.” – Lionel Groulx, L’Action française, 1921.

Notre but était de redécouvrir l’authentique culture canadienne-française, qui avait été, à notre avis, profondément altérée par le libéralisme et le laïcisme de la Révolution tranquille. On nous a qualifiés à tort de “racistes” et de “fascistes”. Nous étions tout simplement des nationalistes fidèles à l’esprit de nos pères. Notre combat était une sorte de quête intérieure, la recherche de notre “âme collective”, une réponse contemporaine à ce que Lionel Groulx avait appelé, dans son célèbre roman, L’appel de la race . Nous n’avions aucune hostilité envers les étrangers. Nous faisions plutôt une critique radicale des valeurs du Québec “moderne et ouvert”, qui produisaient une sorte d’acculturation volontaire de la nation canadienne-française.

Le Cercle Jeune Nation n’a eu, bien sûr, aucun rayonnement politique. Mais il mérite néanmoins de figurer dans l’histoire intellectuelle du Québec parce qu’il a formé en son temps la seule école de pensée qui osait remettre en question le paradigme de la Révolution tranquille. J’ai donc cru utile de rassembler dans cet ouvrage mes écrits polémiques publiés dans les Cahiers de Jeune Nation, ainsi que dans quelques autres revues militantes.

L’étiquette de “contre-révolutionnaire tranquille” me convient bien; d’une part parce que je combats effectivement les valeurs de la Révolution tranquille : individualisme, matérialisme, laïcisme et multiculturalisme; d’autre part parce que je suis un homme plutôt tranquille, dans le sens que je n’aime pas l’agitation sociale, l’anarchie intellectuelle, la violence politique. Je suis instinctivement un défenseur de “la loi et de l’ordre”, mais également une sorte d’anticonformiste de droite, un “libre réactionnaire” à la manière de Léon Daudet. Parfois, je me demande si le Bon Dieu ne m’aurait pas fait la grâce de vivre dans une société libérale et laïque pour que je devienne, par réaction, un “catholique intégriste”. J’avoue qu’il y a peut-être un soupçon d’orgueil intellectuel dans mon cheminement. Mais les voies de la Providence sont impénétrables… Deo gratias!

Au Collège de l’Assomption, je soutenais dès mon secondaire IV (1977-1978), et au grand scandale de mon professeur d’histoire, que Maurice Duplessis avait été un excellent premier ministre. Au Cégep de Saint-Jérôme (1978-1980), je m’opposais aux élèves qui contestaient l’autorité des professeurs, je votais toujours contre les grèves étudiantes et je discutais vigoureusement avec les militants marxistes qui infestaient l’institution. Au département d’histoire de l’Université de Montréal (1980-1983), je me suis fait connaître, et détester, pour mes positions anticommunistes et reaganiennes. Je militais aussi dans le parti conservateur (1982-1985), où j’avais la réputation d’être un “Blue Tory”. J’ai finalement quitté le PC parce que Brian Mulroney me paraissait trop libéral. À la Faculté de droit (1984-1987), j’ai délaissé le néo-conservatisme à la Ronald Reagan pour m’aligner sur le nationalisme identitaire à la Jean-Marie Le Pen. À la même époque, la lecture de Charles Maurras me fit découvrir les erreurs philosophiques de la démocratie. Sa défense de la culture classique et de l’ordre catholique m’a ouvert les yeux sur la crise de la civilisation moderne : le problème remontait à la Révolution française de 1789, voire à la Réforme protestante de 1517. J’ai ensuite lu la Lettre ouverte aux catholiques perplexes de Mgr Marcel Lefebvre (1985). À ce moment, je n’avais pas encore la foi, mais j’avais été attiré par la réputation d’anticommunisme que les médias accolaient à Mgr Lefebvre. J’ai compris que le Concile Vatican II avait été une sorte de révolution libérale à l’intérieur de l’Église. C’est pourquoi le clergé catholique, qui était autrefois si conservateur, était devenu si progressiste. Je me suis alors dit que si je me convertissais un jour à la religion catholique, ce serait au catholicisme traditionnel, et non pas au catholicisme moderniste, qui se faisait l’écho de tous les slogans de gauche que j’abhorrais. J’ai finalement adhéré à la foi catholique en 1990, après avoir abandonné la profession d’avocat pour revenir à l’étude de l’histoire. Simple coïncidence ou signe du ciel?

À 30 ans, mes convictions étaient fixées. Je me suis alors engagé dans un militantisme intellectuel qui m’a fermé bien des portes sur le plan professionnel, mais qui m’a ouvert de vastes horizons sur le plan spirituel. Ce fut d’abord l’aventure des Cahiers de Jeune Nation, qui secoua au passage la vénérable Ligue d’Action nationale. Ce fut ensuite le Cercle d’étude des jeunes catholiques traditionalistes (CEJCT) de l’Université Laval, qui fit beaucoup de bruit sur le campus en dénonçant entre autre la “croisade du condom”. Ce sont maintenant les Journées québécoises du Christ-Roi (Fraternité Saint-Pie X), où l’on enseigne la doctrine sociale de l’Église fondée sur l’union du nationalisme et du catholicisme : “La langue gardienne de la foi.”

Mais la plus grande satisfaction de ma vie militante reste mes cours d’histoire. Quel plaisir que d’éveiller les âmes des adolescents aux grandeurs du passé. Le réflexe naturel de l’homme de droite, c’est de prendre le parti des Anciens contre les Modernes. L’Âge d’Or se trouve dans le passé, et non pas dans le présent ni dans l’avenir. Nous le savions depuis Hésiode et Homère. Le sombre Siècle des Lumières nous l’a fait oublier. Il faut redécouvrir cette vérité essentielle. On nous répondra sans doute qu’il est impossible de “revenir en arrière”. Voilà un argument qui démontre l’étroitesse de vue des progressistes. Il ne s’agit évidemment pas de faire revivre le passé, mais de s’inspirer du passé pour construire l’avenir, au lieu d’idolâtrer le présent pour pétrifier l’état de la société, avec toutes ses injustices et ses immoralités. L’histoire est le pire ennemi du totalitarisme.

Logo du Cercle Jeune Nation

Jésus-Christ était lui-même un “réactionnaire” puisqu’il voulait restaurer l’esprit de la Loi de Moïse, qui avait été défiguré par les “novateurs” de l’école pharisaïque. Mais il déclencha la plus grande révolution de tous les temps. La Vérité n’est donc ni de droite ni de gauche : elle est d’en Haut, comme l’indiquait le logo du Cercle Jeune Nation.

AU SUJET DE L’AUTEUR

Né en 1961, Jean-Claude Dupuis a étudié au Collège de L’Assomption, au Cégep de Saint-Jérôme, à l’Université de Montréal et à l’Université Laval. Diplômé en histoire, en droit et en pédagogie, il fut procureur de la couronne pendant quelques années avant de faire une maîtrise sur L’Action française de Montréal (1917-1928), sous la direction de Pierre Trépanier, et un doctorat sur Mgr Elzéar-Alexandre Taschereau et le catholicisme libéral au Canada français (1820-1898), sous la codirection de Brigitte Caulier et Nive Voisine. Spécialisé en histoire intellectuelle et religieuse du Québec des XIXe et XXe siècles, boursier du Fonds FCAR et du CRSHC, il a présenté plusieurs communications dans les sociétés savantes et publié des articles dans diverses revues, notamment la Revue d’histoire de l’Amérique française, L’Action nationale, Études d’histoire religieuse et Le Sel de la Terre. Il a remporté le Prix Guy-Frégault (1994), décerné par l’Institut d’histoire de l’Amérique française, pour son article sur “La pensée économique de L’Action française”. Il enseigne présentement l’histoire et la géographie, ainsi que l’éthique et culture religieuse à l’École Sainte-Famille (Lévis), une institution catholique traditionnelle liée à la Fraternité Saint-Pie X. Se considérant comme un héritier du nationalisme groulxien, il n’hésite pas à critiquer le bilan de la Révolution tranquille et les valeurs matérialistes du Québec contemporain. En accord avec la doctrine sociale de l’Église, il prône un humanisme chrétien fondé sur l’enracinement national et communautaire dans un esprit d’ouverture aux différenciations culturelles. En tant qu’historien catholique, il entend défendre la mémoire de l’Église, qui est si malhonnêtement discréditée par un certain anticléricalisme médiatique. Résolument hostile au modernisme de Vatican II, il pense qu’il faut “tout instaurer dans le Christ”, suivant le mot du pape saint Pie X (Omnia instaurare in Christo).

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