La charte du livre : quand le lecteur n’est plus qu’un consommateur

Lors de la 9e rencontre interprofessionnelle du livre le 1er mars 2017 à Montréal, l’Association des libraires du Québec (ALQ) recevait Jean-Luc Treutenaere, co-président de l’EIBF – Fédération Européenne et Internationale des Libraires. « À ce titre, écrit l’ALQ, À ce titre, il défend les intérêts tous les libraires dans un monde où les évolutions du marché, de la consommation et des usages posent de nouveaux challenges (Retrouvez la charte du livre ici).»

Dans la Charte du livre, le lecteur n’est plus qu’un consommateur

Dans cette charte, le mot «consommateur» revient à 15 reprises et le mot «lecteur» à 3 reprises».

Dans le tout premier paragraphe, le mot «consommateur» revient à TROIS reprises : (la couleur et le soulignement sont de nous) :

Pour chaque acteur de la filière du livre, ce qui importe avant tout, c’est de faciliter en permanence l’accès des consommateurs au livre – quel que soit le format de lecture choisi. Dans un monde en perpétuelle évolution, nous devons tous – auteurs, éditeurs, libraires, distributeurs, agents, bibliothécaires, etc. – travailler ensemble afin de faire en sorte que rien ne s’oppose à ce que chaque consommateur puisse lire ce qu’il veut, quand il le veut et dans le format qu’il privilégie. Et d’ailleurs, il nous faut bien constater et accepter qu’en dépit de la fantastique évolution de la technologie, les librairies et les bibliothèques restent toujours des lieux privilégiés de découverte de nouveaux livres pour les consommateurs.

Voici le lien pour télécharger le document et constater vous-même que le lecteur est d’abord et avant tout un consommateur pour le libraire : http://mynextread.eu/europe/wp-content/uploads/2014/11/BookCharter-FR-Booklet.pdf

Cette charte n’est pas une «Charte du livre» mais une «Charte du libraire».

Et on ose nous dire que les libraires sont des «passeurs de culture», des «médiateurs culturels»… ILS SONT DES COMMERÇANTS et ils voient le livre comme un simple produit commercial et le lecteur comme rien de plus qu’un consommateur.

Œuvre de l’esprit conçue par un auteur, le livre sert d’interface avec un lecteur. Objet culturel lié à l’histoire humaine, il permet de transmettre du sens selon une forme matérielle particulière au-delà de l’espace et du temps. Pour le lecteur, « un livre est une extension de la mémoire et de l’imagination1. »

1 Jorge Luis Borges, cité par Baez, p. 25.

Tant et aussi longtemps que les libraires nous abordent comme des consommateurs, ils manquent le bateau.

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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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