Journée internationale du théâtre – 27 mars

Les pièces de théâtre éditées par la Fondation littéraire Fleur de Lys

La mère malade
ALAIN K.F. LINSOUSSI
Pièce de théâtre,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Laval, Québec, juillet 2009, 74 pages.
ISBN 978-2-89612-301-8

Qu’est-ce qui sauvera l’Afrique du sous-développement? Les discours ou les actes? Face à une telle question, il est aisé de proposer en réponse les actes, mais il importe de reconnaître que pour un véritable éveil des consciences pour le salut du continent noir, il faut aussi et même d’abord des convictions et des discours, mais des discours qui ne font de cadeau à personne. Si un sincère diagnostic du retard du continent africain révèle deux catégories de responsables, les occidentaux et les africains eux-mêmes, tout sérieux discours d’éveil a raison, d’une part de fustiger le néocolonialisme, la main mise économique ainsi que l’impérialisme politique des uns, et d’autre part, de condamner le manque de patriotisme, la corruption, l’injustice, la médiocrité et par-dessus tout l’inconscience des autres. C’est une formule d’exorcisme, voire une potion amère, qui, si elle est avalée, produira des effets heureux. Mais pour la proposer, il faut, non seulement de l’audace, mais surtout un zèle sincère et une passion authentique pour l’Afrique. Dans tous les cas, l’Afrique éternellement assistée continue de gémir sous les coups de piqûre et de la perfusion occidentale. Et quand l’un de ses fils ose lui adresser des paroles de guérison telle ‘prends ton grabat et marche’, ce sont des coups de fusil qui lui ferment la bouche. De héraut de la dignité noire et de l’indépendance de l’Afrique, on a vite fait de devenir le héros impitoyablement sacrifié sur l’autel du courroux des puissances dominatrices avec la lâche complicité d’égoïstes dirigeants africains.

Ce dramatique sort souvent réservé aux prophètes du redressement de l’Afrique, Alain LINSOUSSI nous le fait revivre à travers cette pièce où l’intrépide Sonagnon (dont le nom signifie demain sera bon), trop soucieux de développement, n’a pas voulu trahir son rêve. Parce que ses convictions dérangent et que ses discours égratignent, il sera successivement victime de mensonge, de révocation professionnelle, d’arrestation arbitraire, avant d’aboutir à la mort. Une véritable réécriture au présent du drame de nombre de figures de l’histoire africaine ! Finalement, la situation de l’Afrique est si compliquée ! Et ne cesse de se compliquer !… Mais on ne peut se lasser d’en parler, on ne l’évoquera jamais assez même si cela vous casse la tête. Merci donc Alain de nous resituer face à notre destin, de nous mettre en garde contre la somnolence et les compromissions mortifères, de nous tenir en éveil et en alerte car en dépit de tout, si nous sommes de dignes fils de l’Afrique, nous n’avons pas le droit de nous donner du repos tant que l’Afrique ne se mettra pas debout, même si ce n’est pas demain la veille…

Père Roger ANOUMOU

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Kim
HENRI MARINEAU
Pièce de théâtre,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Laval, 2009, 152 pages.
ISBN 978-2-89612-297-4

L’adolescence, période propice à toutes sortes d’expériences souvent appréhendées par les parents qui, souvent en désarroi, sont catapultés dans un univers nébuleux. La crise d’adolescence, rébellion ou cri d’alarme ?

À travers le personnage de Kim, l’auteur tente de décoder la complexité de cette adolescente, tantôt rebelle, tantôt morose, tantôt attachante. Entourée de parents fort différents l’un de l’autre et d’une sœur au tempérament opposé au sien, Kim pallie sa triste solitude en se lançant à corps perdu à la recherche d’une terre fertile où elle espère récolter quelques douceurs. Et pourtant, les chemins qu’elle emprunte la conduisent inlassablement dans des labyrinthes sans issue… jusqu’au jour où…

«Kim», une invitation à escalader les montagnes russes en compagnie d’une adolescente ballottée par ses soubresauts et ses vertiges, une histoire qui pourrait ressembler à celle de milliers de jeunes comme Kim aux prises avec des questions sans réponses qui trouveraient peut-être un espoir de solution dans l’accueil bienveillant d’un simple sourire.

En savoir plus : http://manuscritdepot.com/a.henri-marineau.5.htm

Les Sansoucy à Old Orchard
HENRI MARINEAU
Pièce de théâtre
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, 2009, 132 pages.
ISBN 978-2-89612-330-8

Quoique le théâtre soit conçu pour être mis en scène et joué devant public, l’auteur de ce chapitre de vie de la famille Sansoucy vous invite à en tirer tous les plaisirs de sa lecture et si, parmi vous, il en est qui ont le goût de monter sur scène avec elle, allez-y !…

Le rideau se lève sur les Sansoucy ! Une famille sans histoire ! Et pourtant !… Leur voyage à Old Orchard nous permettra d’entrer dans les antichambres de leur intimité familiale, remplies de rebondissements invraisemblables.

Les Sansoucy, six personnages colorés, incarnent une naïveté sympathique qui nous transporte dans les coulisses d’une complicité contagieuse. Impossible de résister aux scènes hilarantes que nous présentent leurs attitudes souvent maladroites.

Néanmoins, nous sommes subjugués par l’attachement qui réussit à émerger de leurs discussions parfois houleuses au-delà desquelles nous sommes amenés, petit à petit, à découvrir les liens profonds qui unissent la famille Sansoucy.

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Hamlet à la freudienne
JEANNE ZHAU
Théâtre, tragédie en trois actes
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Montréal, 2004, 180 pages.
ISBN 2-89612-066-2

Écrite à partir de la pièce de Shakespeare « Hamlet », cette œuvre en offre une libre interprétation, quoique plusieurs passages (de la traduction française) du texte original soient conservés. L’auteure suit l’intrigue de la pièce shakespearienne mais elle se permet de modifier certains endroits et d’interpoler plusieurs monologues dans lesquelles elle ajoute ses propres réflexions sur des questions d’éthique: la culpabilité et l’essence de l’innocence, la légitimité morale de nos actes et leurs responsabilités conséquentes.

L’auteure met l’accent sur le complexe de culpabilité du héros principal (Hamlet), complexe qui devient pour lui un obstacle insurmontable sur la voie de la vengeance et qui le freine tout au long de la pièce. Selon l’auteure, Hamlet souffre de la prise de conscience de sa propre lâcheté; sa réaction (ses sentiments) à la mort de son père n’est pas adéquate à la morale commune. Il se retrouve face à sa vraie nature qui se révèle lâche et amorale selon les directives et les normes éthiques universellement reconnues. Cette découverte cruelle le pousse à réfléchir sur la nature humaine en général et sur la conscience de la culpabilité. « Mais est-il en notre pouvoir

de maîtriser nos propres sentiments et pensée ? Si ce pouvoir nous échappe, alors pourquoi nous accuser ? » se demande Hamlet. Autrement dit, est-ce que la question de la responsabilité de nos sentiments se pose ou non.

L’auteure croit que l’héritage littéraire est non seulement une source inépuisable de réflexions mais aussi de créations nouvelles, toujours ouvertes à l’exploration et à une lecture inédite, où les découvertes se succèdent.

En savoir plus : http://manuscritdepot.com/a.jeanne-zhau.html

La fleur gênée
Nabil Zakher
Théâtre pour enfants
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Montréal, 2004, 48 pages.
ISBN 2-89612-072-6

C’est l’histoire d’une fille, Line, dont la maman est morte et le père s’est remarié. Elle a une demie sœur, Pauline, du deuxième mariage du père. Lucie, la femme de son père, ne l’aime pas, elle veut s’en débarrasser. Elle l’envoie lui chercher le poisson de la lune. Line a réussi à le trouver chez un pauvre pêcheur. Lucie, la méchante femme envoie Line lui chercher la fleur gênée, du sommet de la montagne. Pauline part avec sa sœur Line à la recherche de la fleur gênée. Elles la trouvent chez une vieille femme qui connaissant l’histoire de la malheureuse Line, s’engage à l’aider. Le père et la mère se mettent à la recherche de leurs filles et rencontrent la vieille femme qui avait caché les deux filles. Enfin, la vieille dame promet de les aider à retrouver leurs filles si Lucie arrête de faire souffrir Line et de l’aimer comme sa propre fille, Pauline. Elle leur offre aussi la fleur gênée.

En savoir plus : http://manuscritdepot.com/a.nabil-zakher.html

A propos de la Journée Mondiale du Théâtre

La Journée Mondiale du Théâtre a été créée en 1961 par l’Institut international du théâtre ITI. Elle est célébrée chaque année le 27 mars par les Centres de l’ITI et la communauté théâtrale internationale. Divers événements nationaux et internationaux de théâtre sont organisés pour marquer cette occasion. L’un des plus importants est la diffusion du message de la Journée Mondiale du Théâtre à travers lequel, à l’invitation de l’ITI, une figure d’envergure mondiale partage ses réflexions sur le thème du théâtre et de la culture de la paix. Le premier message de la Journée Mondiale du Théâtre a été rédigé par Jean Cocteau en 1962.

Depuis, chaque année, le 27 mars (date de l’ouverture de la saison «Théâtre des Nations» en 1962 à Paris), la Journée Mondiale du Théâtre a été célébrée de nombreuses façons par les Centres de l’ITI – qui sont plus de 90 à travers le monde. De plus, les théâtres, les professionnels du théâtre, les amateurs de théâtre, les universités de théâtre, les académies et les écoles célèbrent aussi cette journée.

Chaque année, une personnalité exceptionnelle du théâtre ou une personne exceptionnelle de cœur et d’esprit d’un autre domaine est invitée à partager ses réflexions sur le théâtre et l’harmonie internationale. Ce que l’on appelle le message international est traduit dans plus de 50 langues, lu pour des dizaines de milliers de spectateurs avant les représentations dans des théâtres à travers le monde, et imprimé dans des centaines de journaux quotidiens. Des collègues dans le domaine audiovisuel prêtent une main fraternelle, avec plus d’une centaine de stations de radio et de chaines de télévision diffusant le message aux auditeurs dans tous les coins des cinq continents.

Source : https://world-theatre-day.org/fr/worldtheatreday.html

Message Journée Mondiale du Théâtre 2017 par Isabelle Huppert

Voici donc 55 ans que chaque année au printemps une Journée Mondiale du Théâtre à lieu. Une journée, c’est à dire 24 heures qui commencent du côté du théâtre NO et du Bunraku, qui passent par l’Opéra de Pékin et le Kathakali, s’attardent entre la Grèce et la Scandinavie, d’Eschyle à Ibsen, de Sophocle à Strinberg, entre l’Angleterre et l’Italie, de Sarah Kane à Pirandello, et aussi la France entre autres, où nous sommes et où Paris est tout de même la ville du monde qui reçoit le plus de troupes étrangères. Ensuite nos 24 heures nous mènent de la France en Russie, de Racine et Molière à Tchékhov, puis traversent l’Atlantique pour finir dans un campus californien où des jeunes gens réinventent peut-être le théâtre. Car le théâtre renait toujours de ses cendres. Il n’est que convention qu’il faut inlassablement abolir. C’est ainsi qu’il reste vivant. Le théâtre a une vie foisonnante qui défie l’espace et le temps, les pièces les plus contemporaines sont nourries par les siècles passés, les répertoires les plus classiques deviennent modernes chaque fois qu’on les monte à nouveau.

Une Journée Mondiale du Théâtre, ce n’est évidemment pas une journée au sens banal de nos vies quotidiennes. Elle fait revivre un immense espace-temps et pour évoquer l’espace-temps, je voudrais faire appel à un dramaturge français, aussi génial que discret, Jean Tardieu. Je le cite : « Pour l’espace, il demande quel est le plus long chemin d’un point à un autre… Pour le temps il suggère de mesurer en dixième de secondes le temps qu’il faut pour prononcer le mot «éternité». Pour l’espace-temps il dit aussi : «Fixez dans votre esprit avant de vous endormir deux points quelconques de l’espace et calculez le temps qu’il faut, en rêve, pour aller de l’un à l’autre.» C’est le mot «en rêve» que je retiens. On dirait que Jean Tardieu et Bob Wilson se sont rencontrés. On peut aussi résumer notre jour mondial du théâtre en se souvenant de Samuel Beckett qui fait dire à Winnie dans son style expéditif : «Oh le beau jour que ça aura été.» En songeant à ce message qu’on m’a fait l’honneur de me demander, je me suis souvenue de tous ces rêves de toutes ces scènes. Ainsi je n’arrive pas toute seule dans cette salle de l’UNESCO, tous les personnages que j’ai interprétés sur scène m’accompagnent, des rôles qu’on a l’air de quitter quand c’est fini, mais qui mènent en vous une vie souterraine, prêt à aider ou à détruire les rôles qui leur succéderont : Phèdre, Araminte, Orlando, Hedda Gabbler, Médée, Merteuil, Blanche Dubois… M’accompagnent aussi tous les personnages que j’ai aimés et applaudis en spectatrice. Et là j’appartiens au monde entier. Je suis grecque, africaine, syrienne, vénitienne, russe, brésilienne, perse, romaine, japonaise, marseillaise, new yorkaise, philippine, argentine, norvégienne, coréenne, allemande, autrichienne, anglaise, vraiment le monde entier. La vraie mondialisation elle est là.

En 1964 à l’occasion de cette journée du théâtre, Laurence Olivier annonçait qu’après plus d’un siècle de combat, on venait enfin de créer en Angleterre un théâtre national, dont il avait aussitôt voulu que ce soit un théâtre international, au moins par son répertoire. Il savait bien que Shakespeare appartenait à tout le monde dans le monde.

J’ai aimé apprendre que le premier message de ces Journées Mondiales du Théâtre en 1962 a été confié à Jean Cocteau, tout désigné puisqu’il est, n’est-ce pas, l’auteur d’«un tour du monde en 80 jours». J’ai fait le tour du monde différemment, je l’ai fait en 80 spectacles ou 80 films. Je dis films aussi car je ne fais aucune différence entre jouer au théâtre et jouer au cinéma, ce qui surprend à chaque fois que je le dis, mais c’est vrai, c’est comme ça. Aucune différence.

En parlant ici je ne suis pas moi-même, je ne suis pas une actrice, je suis juste l’une des si nombreuses personnes grâce à qui le théâtre continue d’exister. C’est un peu notre devoir. Et notre nécessité: Comment dire: Nous ne faisons pas exister le théâtre, c’est plutôt grâce à lui que nous existons. Le théâtre est très fort, il résiste, il survit à tout, aux guerres, aux censures, au manque d’argent. Il suffit de dire «le décor est une scène nue d’une époque indéterminée» et de faire rentrer un acteur. Ou une actrice. Que va-t-il faire ? Que va-t-elle dire ? Vont-ils parler ? Le public attend, il va le savoir, le public sans lequel il n’y a pas de théâtre, ne l’oublions jamais. Une personne dans le public c’est un public. Pas trop de chaises vides quand même ! Sauf chez Ionesco… À la fin la Vieille dit : « Oui oui mourons en pleine gloire …Mourons pour entrer dans la légende… Au moins nous aurons notre rue… »

La Journée Mondiale du Théâtre existe depuis maintenant 55 ans. En 55 ans je suis la huitième femme à qui on demande de prononcer un message, enfin je ne sais pas si le mot « message » convient. Mes prédécesseurs (le masculin s’impose!) parlent à propos du théâtre d’imagination, de liberté, de l’origine, ont évoqué le multiculturel, la beauté, les questions sans réponses… En 2013 il n’y a donc que quatre ans Dario Fo dit : «la seule solution à la crise, réside dans l’espoir d’une grande chasse aux sorcières contre nous, surtout contre les jeunes qui veulent apprendre l’art du théâtre : ainsi naîtra une nouvelle diaspora de comédiens, qui tirera sans doute de cette contrainte des bénéfices inimaginables par une nouvelle représentation.» Les bénéfices inimaginables c’est une belle formule digne de figurer dans un programme politique non ?… Puisque je suis à Paris peu avant une élection présidentielle je suggère à ceux qui ont l’air d’avoir envie de nous gouverner d’être attentifs aux bénéfices inimaginables apportés par le théâtre. Mais pas de chasse aux sorcières !

Le théâtre pour moi c’est l’autre, c’est le dialogue, c’est l’absence de haine. L’amitié entre les peuples, je ne sais pas trop ce que ça veut dire mais je crois dans la communauté, dans l’amitié des spectateurs et des acteurs, dans l’union de tous ceux que le théâtre réunit, ceux qui l’écrivent, ceux qui le traduisent, ceux qui l’éclairent, l’habillent, le décorent, ceux qui l’interprètent, ceux qui en font, ceux qui y vont. Le théâtre nous protège, nous abrite… Je crois bien qu’il nous aime… autant que nous l’aimons… Je me souviens d’un vieux régisseur à l’ancienne, qui avant le lever du rideau, en coulisses, disait chaque soir d’une voix ferme : « Place au théâtre ! » Ce sera le mot de la fin. Merci.

Source : https://world-theatre-day.org/fr/messageauthor.html

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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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Publié dans Actualité au jour le jour

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