Quand l’auteur veut connaître

La Fondation littéraire Fleur de Lys dédie la semaine du 6 au 12 mars 2017 à l’épistémologie, un domaine de la philosophie consacré à l’étude de la connaissance.

Quand l’auteur veut connaître

Il y a quelques années, un jeune homme dans la trentaine m’a confié croire que l’opinion était le seul fruit possible de sa faculté de penser. Tout n’est qu’opinion. J’ai été déstabilisé par l’ampleur de la tâche pour déconstruire une telle croyance.

Il est bel et bien vrai que nous vivons dans un monde où l’opinion règne en roi et maître dans notre monde, dans les médias, dans nos échanges avec autrui. La quête n’est plus de connaître mais d’avoir raison. Et en cas d’échec, on enferme l’autre dans ses dires en soutenant «À chacun son opinion».

Nous réduisons la connaissance à un simple moyen pour fonder et développer une opinion, comme si cette dernière constituait le plus haut sommet de la pensée.

Plus souvent qu’autrement, l’opinion devient une croyance. Nous transformons alors une connaissance en une croyance ou, pis encore, nous confondons l’une et l’autre.

L’esprit de l’homme a pris la mauvaise habitude de charcuter la connaissance pour nourrir l’opinion. La dérive est telle qu’il nous faut évoquer un automatisme involontaire et inconscient pour la comprendre.

«Il est vrai que je pense» et «Ce que je pense est vrai»

J’ai la nette impression que bon nombre de personnes ne différencie pas «Il est vrai que je pense» et «ce que je pense est vrai, du fait même que je le pense». On prend pour vrai une  »chose » uniquement parce qu’on la pense. «À chacun son opinion» devient alors «À chacun sa vérité».

Cette approche de ce que l’on pense procure une assurance contre toutes les failles possibles. On a raison, envers et contre tous.

«Je ne suis heureuse quand je n’ai pas raison»

Une adolescente m’a confié un jour à son retour de l’école : «Je ne suis pas heureuse quand je n’ai pas raison». L’affirmation a donné lieu à une discussion de plusieurs heures au sujet de l’importance d’avoir ou non raison et du bonheur.

Les gens qui se donnent raison sont-ils plus heureux que les autres ? Avoir ou se donner raison ne peut pas être un fondement au bonheur et, encore moins, de la valeur de la personne.

Chez plusieurs adolescents ostracisés par une famille dont les parents et les aînés se donnent raison, l’idée d’être adulte est souvent associée à celle d’avoir raison, à celle de pouvoir se donner raison. L’esprit de ces adolescents à qui l’on donne torts avant même qu’ils ouvrent la bouche lors des discussions en famille se déploie alors dans un véritable enfer.

Tous les gens autours de lui ont raison sauf lui-même et ceci du seul fait de l’autorité que leur confère leur âge supérieur.

«La lumière entre par les failles»

La jeunesse, par définition, n’a pas assez vécu pour avoir raison, comme si seules les années conféraient la vérité. Grandir dans un monde où tout un chacun se donne raison, peu importe le sujet, le contexte, les opinions contraires et la connaissance, ne laisse aucun repos à l’esprit. Et souvent ce dernier ne possède pas encore la capacité ou l’expérience utile pour éliminer l’inconfort dans lequel il se trouve, jour après jour.

Ma propre adolescence a été profondément marqué par une affirmation fort simple mais oh combien libératrice : «La lumière entre par les failles». Dès lors, toute personne qui se donnait raison, sans raison ou par force de conviction, m’apparut comme vivant dans un système de pensées sans faille, c’est-à-dire dans le noir ou, si vous préférez, sans aucune possibilité de profiter de la lumière extérieure (des autres). Sans cette lumière, on ne peut pas savoir si on tort ou raison, on ne peut pas voir si l’on fait erreur ou non, s’il y a quelque chose de tordue dans sa pensée.

Ces gens s’acharnent à colmater la moindre faille qui laisse entrer la lumière pour ainsi ne pas perdre la raison, pour ne pas avoir tort. Il est vrai que toute lumière, si faible soit-elle, aveugle celui qui vit dans le noir complet depuis des années. Il n’est pas question d’avoir mal aux yeux à cause de cette maudite faille qui laisse entrer cette maudite lumière.

La confiance en soi ou en sa raison

De nos jours, on parle constamment de l’importance de la confiance en soi pour réussir dans la vie. «Ne doutez pas de vos aptitudes, de votre passion, etc., ayez confiance en vous» conseille-t-on aux jeunes (et moins jeunes). Les  »experts » lient la confiance en soi à l’absence de doute. Selon moi, le doute est cette faille qui permet à la lumière d’entrer. Sans le doute, on a une confiance aveugle en soi.

Une jeune voisine me répondit un jour qu’elle en avait assez de douter. Elle revenait d’une retraite où les remises en question l’avaient visiblement épuisée. Se remettre en question pour mieux se connaître peut aller contre nature si l’exercice est mal fait ou dirigé par un incompétent. Toute remise en question doit s’accompagner du bénéfice du doute.

Tirer le bénéfice du doute

À l’évidence, peu de gens savent comment tirer le bénéfice du doute. Plus encore, peu de gens connaissent le bénéfice du doute.

D’abord, douter m’implique pas un malaise. Autrement dit, si votre esprit ressent un malaise, votre doute n’est pas sain et il est fort à parier que vous cesserez d’alimenter tout doute. Un reflex d’autoprotection légitime.

Le doute entraîne un malaise ou un inconfort en raison des liens de dépendances avec les émotions, la confiance en soi et même les valeurs profondes de l’individu. Aussi, un lien affectif avec la connaissance incitera à repousser le doute.

Un doute doit être indépendant ou libre de tout lien. Ainsi, un malaise face au doute laisse entendre un lien néfaste à éliminer.

Plus on accorde de valeur à une  »chose », plus est difficile d’en douter. C’est précisément le lien entre la valeur accordée et la  »choses » dont on doit douter qui cause problème.

Or, une  »chose » ne perd pas de valeur parce qu’on en doute. Au contraire, le doute est l’ultime valeur que l’on peut donner à une  »chose ».

Et si jamais vous reliez le doute à votre propre valeur, sachez que le doute n’altère en rien la valeur intrinsèque de tout homme et de femme. Cette valeur intrinsèque partagée par tout un chacun est nulle autre que la vie qui nous habite. 🙂 Doutez sainement ne vous fera pas mourir.

Votre valeur ne repose pas sur vos connaissances, vos opinions, vos émotions, vos sentiments, vos croyances… Vous pouvez donc en douter sereinement, laisser entrer la lumière pour éclairage maximum et ainsi être dans la position utile pour en tirer tous les bénéfices possibles.

De toute l’histoire de l’humanité, la pensée scientifique demeure le meilleur exemple de pratique du doute systématique et raisonnable, car il ne s’agit de douter pour douter, pour avoir bonne conscience ou projeter une image d’intelligence.

En science, le doute inspire la démarche critique. Ainsi, la connaissance n’est vraie que le temps qu’une nouvelle connaissance la rende désuète. Dans mon livre J,aime penser, je me rapporte au professeur Olivier Clain :

Selon le professeur et sociologue des sciences Olivier Clain, non seulement le premier geste de la démarche critique est une mise en doute des connaissances acquises, mais la connaissance elle-même apparaît dès lors comme une réflexion critique, c’est-à-dire, comme « une démarche qui rend possible une avancée continuelle du savoir par destruction du déjà su, des évidences déjà accumulées»*.

* Source : Clain, Olivier, cours Science, Éthique et Société, programme de formation Télé-Universitaire du département de sociologie de l’Université Laval.

Reprenons : «une démarche qui rend possible une avancée continuelle du savoir par destruction du déjà su, des évidences déjà accumulées». C’est doutant de ce que nous savons, y compris de ce qui nous apparaît comme évident, que nous pouvons aspirer à «une avancée continuelle» de notre savoir.

Le bénéfice du doute : la certitude sous condition du doute

En science, on tire du bénéfice du doute une certitude de la nouvelle connaissance à condition d’entretenir un doute raisonnable face à cette nouvelle connaissance. Le doute est une condition essentielle à la certitude. Nous devons adopter la même démarche critique dans notre vie personnelle (et professionnelle).

Si je ne doute pas de la connaissance établie, il n’est aucune raison de croire que je sais mal. Si je doute d’une connaissance établie, mon doute détruit cette connaissance et c’est sur ces ruines que s’installera une nouvelle connaissance, plus certaine, jusqu’à ce qu’un doute vienne la détruire à son tour, pour une connaissance encore plus certaine. Lorsque je crois en une connaissance, j’accepte l’éventualité de devoir l’abandonner si un doute survient. Le bénéfice du doute, c’est la certitude… jusqu’au prochain doute !

Source : Guay, Serge-André, J’aime penser, Essai et témoignage de gouvernance personnelle, Fondation littéraire Fleur de Lys.

Quiconque veut douter raisonnablement, sereinement, épousera un nouveau comportement face aux différentes affirmations auxquelles il est confronté :

« Lorsque quiconque avance une affirmation qu’il prétend être une vérité, lorsqu’il veut la faire reconnaître et partager comme telle (comme une vérité), on est toujours en droit de lui demander « pourquoi devrais-je vous croire? ». Selon les domaines et les circonstances, les réponses peuvent être très diverses : on peut invoquer l’expérience quotidienne, la pratique, un témoignage, l’autorité de quelqu’un de reconnu comme compétent, la tradition, une révélation, l’intime conviction, l’intuition, le raisonnement, le sentiment d’évidence, et encore bien d’autres raisons de croire. »*

La science procède autrement :

« Les affirmations scientifiques, elles, devraient en principe appuyer leur validité sur des arguments à la fois empiriques, rationnels, et publics. À la question ci-dessus, le scientifique devrait pouvoir répondre : « voilà l’expérience ou l’observation que j’ai réalisée et les raisonnements que j’ai faits pour en tirer mes conclusions. Vous pouvez les refaire, je vous donne toutes les indications nécessaires pour cela, vous verrez que vous aboutirez au même point que moi ». »*

Quelle différence remarquez-vous? Lorsqu’un scientifique avance une affirmation qu’il prétend être vraie, il doit la soumettre à l’approbation publique. Dans notre vie privée, nous nous contentons souvent de nous approuver nous-mêmes. Nous jugeons nous-mêmes si nous pouvons être certains ou non, par conséquent, notre capacité à reconnaître nos erreurs est réduite uniquement à notre propre expérience.

Le scientifique ne saurait se contenter d’une preuve personnelle, il la soumettra aux d’autres :

« Une preuve scientifique doit pouvoir s’imposer à toute personne suffisamment informée; obtenir le consensus est donc une visée de tout effort de recherche. La connaissance scientifique est, par sa nature même, partageable. (Un chimiste anglais, Ziman (1968), a forgé pour cela l’adjectif ‘ consensible ’, c’est-à-dire susceptible d’être l’objet d’un consensus, pour exprimer la même idée ».*

Source : Matalon, Benjamin, La construction de la science – De l’épistémologie à la sociologie de la connaissance scientifique, Delachaux et Niestlé S.A., Lausane (Switzerland) – Paris, 1996

En résumé, si tu as une meilleure idées que la mienne, je vais la prendre parce que je n’ai pas de temps à perdre à être certain de tout ce que je crois.

L’auteur et le doute

L’auteur ne vient pas d’une autre planète. Tout comme vous et moi, il vient de la société dans laquelle nous vivons. Et cela implique qu’il a les qualités et les défauts de cette société. À titre d’éditeur, j’ai lu un grand nombre de manuscrits depuis le lancement de la Fondation littéraire Fleur de Lys en 2003. Et j’ai trop souvent observé l’absence de doute raisonnable de l’auteur face à son œuvre, tout l’absence de doute chez ses personnages, une marque de notre temps observable en un très grand nombre d’individus et de disciplines.

Dialoguer ou débattre

Est-ce que vos personnages dialoguent ou débattent ? Nous pouvons attribuer au moins quatre grandes différences entre la discussion et le débat d’opinions :

  1. Dans une discussion, on cherche avec la vérité d’une connaissance. Dans un débat d’opinion, on cherche à imposer sa vérité.
  1. Dans une discussion, je m’adonne avec l’autre à l’étude de la vérité sans rien prendre pour acquis. Dans un débat d’opinions, je m’oppose à l’autre en prenant pour acquis que je détiens la vérité.
  1. Dans une discussion, chacun s’enrichit de la recherche de la vérité. Dans un débat d’opinions, chacun se contente de défendre sa propre vérité.
  1. Dans une discussion, l’autre peut me donner raison et je peux donner raison à l’autre. Dans un débat d’opinions, l’autre ne peut pas me donner raison et je ne peux pas donner raison à l’autre, si ce n’est pour le piéger en vue de faire triompher ma vérité sur la sienne.

Seule l’ouverture d’esprit, entretenue par le doute, détermine si nous discutons de la vérité ou si nous débattons de nos opinions.

Aussi, j’ai passablement cherché à discuter de la vérité pour conclure que la plupart des gens ont davantage l’habitude des débats d’opinions que de la discussion. Celui qui doute a tout le recul nécessaire pour s’apercevoir que la plupart des gens ont le nez collé à « leurs » vérités. Nous vivons dans un monde d’opinions ou très peu de vérités sont réellement discutées, même dans nos relations intimes. L’enfant apprend vite à défendre son opinion, très peu à en discuter. Il imite les adultes.

Dès qu’on laisse voir qu’on a un doute sur ce qu’on pense, l’esprit de l’autre y voit une faiblesse, une occasion d’imposer sa vérité toute faite. Dans un monde aussi vantard d’être certain à chaque fois qu’il ouvre la bouche, il n’est pas étonnant que le doute soit perçu comme une faiblesse. Le plus fort est certain et le plus faible doute. Ainsi, la plupart des gens apprennent vite à cacher au monde leur moindre doute, de peur de voir le loup entrer dans la bergerie.

Certaines personnes sont si profondément convaincues de la nécessité d’être certaines, face aux autres et à elles-mêmes, que le plus petit doute les rend mal à l’aise, inconfortables. Si jamais le doute persiste, la déprime les gagne. Elles perdent leur assurance, leur confiance en soi et leurs certitudes, sans différenciation. Cette indifférenciation généralise la déprime jusqu’à la dépression.

Or, l’assurance se rapporte à nos convictions, la confiance en soi à nos capacités et la certitude aux connaissances accumulées. Une pensée responsable doit faire ces différenciations (différences de fonctions) sans quoi l’assurance, la confiance et la certitude sont soumises à l’effet domino (la chute de la première entraîne celle de la deuxième et cette dernière entraîne la chute de la troisième).

Dans la pensée responsable, douter de la certitude de ses connaissances n’est pas associé à une faiblesse ou à un manque de confiance en soi mais à une force. La force de déceler ses erreurs de connaissance et ainsi de pouvoir prendre de l’expérience puisque cette dernière, après tout, est la somme de nos erreurs. La personne qui ne doute pas ne peut pas relever ses erreurs et prendre de l’expérience. Aussi, la pensée responsable limite la pratique du doute à la raison, au cerveau pensant, bref, à la conscience.

Le sens commun et l’esprit scientifique

Vos personnages font-ils la différence entre le sens commun et l’esprit critique (scientifique) ? Voici les six grandes différences entre le sens commun et l’esprit scientifique selon le philosophe américain Nagel.

  1. Contrairement au sens commun, la science cherche à expliquer systématiquement les phénomènes dont elle s’occupe, à les mettre en relation.
  2. Grâce à ces explications, la science connaît les limites de ses connaissances.
  3. Le sens commun s’accommode d’idées contradictoires, incompatibles, pas la science.
  4. Le vocabulaire du sens commun est souvent imprécis, ce qui rend ses assertions vagues et difficilement vérifiables. Même fausses, elles peuvent donc subsister beaucoup plus longtemps que les connaissances scientifiques, qui, elles, peuvent être mises à l’épreuve de façon précise.
  5. Le sens commun s’intéresse à ce qui a une importance directe sur la vie de chacun, alors que la science vise des connaissances générales pour elles-mêmes, indépendamment de leurs conséquences.
  6. Contrairement au sens commun, la science met constamment à l’épreuve ce qui passe pour des connaissances et les corrige ou les rejette s’il y a lieu.

Benjamin Matalon, La construction de la science, pp.26-27
En référence à : The Structure of Science, Nagel, 1961

Distinction des connaissances “naïves” et de l’individu “naïf”

Distinction des connaissances “naïves” et de l’individu “naïf” des connaissances scientifiques et des scientifiques, selon J. L. Beauvois

  • L’individu  »naïf » part de connaissances semblables à celles du scientifique, mais ne cherche ni à les développer, ni à les systématiser. Le premier s’arrête tôt en chemin, alors que le second poursuit son effort de recherche.
  • On sait que, spontanément, nous sommes tous sujets à différents  »biais cognitifs » qui affectent nos perceptions et nos raisonnements, et donc nos connaissances. Les méthodes scientifiques ont pour fonction de nous faire échapper à ces biais.
  • Le  »naïf » laisse ses connaissances être influencées par son affectivité, alors que le scientifique s’efforce d’en faire abstraction.”

Benjamin Matalon, La construction de la science, pp.32-33 En référence à : J.-L. Beauvois, psychologue social, Base des fonctionnements socio-cognitifs, dans Ghiglione, R., Richard, J.-F., Cours de psychologie, Dunod, Paris, 1993

Prendre du recul pour s’assurer d’un esprit critique

Vos personnages doutent-ils ou sont-ils si certains d’eux-mêmes, de ce qui savent et croient, qu’ils ne peuvent laisser entrer la lumière ? Un doute pourra déboucher sur une grande intrigue quant à la  »vérité » au sujet d’un personnage, d’une affirmation, d’une situation, d’une perception, d’un sentiment, d’une émotion, d’une attitude, d’un comportement…


Conclusion

Le doute implique une grande humilité sans pour autant remettre en question la valeur intrinsèque de chaque être, c’est-à-dire la vie elle-même, celle qui fait battre votre cœur. Personne ne peut attaquer la valeur de la vie. Elle est à la fois propre à chaque être et universellement partagée. Vous pouvez donc douter en toute sécurité et sans aucune crainte de perdre de la valeur. Et à titre d’éditeur, je vous souhaite à tous les auteurs le bénéfice du doute.

— FIN —

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