L’écrivain « social » – La condition de l’écrivain à l’âge numérique, un rapport captivant signé par Frédéric Martel (PDF gratuit)

frederic_martel_ecrivain_numerique_01

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Remise du rapport

L’écrivain « social », la condition de l’écrivain à l’âge numérique

cnl_011(13 novembre 2015 – Centre national du livre – France) A l’initiative de Jean-François Colosimo, précédent président du Centre national du livre, Frédéric Martel a développé sa vision de la condition de l’écrivain à l’âge numérique dans un rapport qu’il a remis à Vincent Monadé, président de l’établissement.

Dans ce rapport, Frédéric Martel engage la réflexion sur l’avenir de l’écrivain et sur ses potentielles rémunérations. Il étudie notamment la manière dont l’écrivain peut s’adapter à ce nouvel environnement en devenant un écrivain « social », c’est-à-dire connecté, et pose les bases de nouveaux modes de prescription en développant le concept de « smart curation ».

Consulter en ligne le rapport L’écrivain « social », la condition de l’écrivain à l’âge numérique

« Si je ne partage pas toutes les conclusions de ce rapport, déclare Vincent Monadé, j’estime néanmoins qu’il s’agit d’un travail sérieux et engagé qui mérite d’en débattre ».

Pour prolonger cette réflexion, le Centre national du livre accueillera jeudi 19 novembre de 14h30 à 18h30 un colloque organisé par nonfiction.fr. Celui-ci se propose, à l’occasion de deux tables rondes, d’explorer les problématiques liées au modèle économique de l’écrivain et à l’avenir de la critique culturelle face aux évolutions technologiques du XXIe siècle.

Table ronde n°1 : Le modèle économique de l’écrivain

Table ronde n°2 : L’avenir de la critique culturelle

Consulter le programme complet du colloque professionnel nonfiction.fr

Ce rapport permettra de creuser de nombreuses pistes d’action. Certaines ont d’ailleurs déjà été explorées par le CNL ou les professionnels du livre, en matière de rémunération des auteurs ou de négociations interprofessionnelles (par exemple, le nouveau contrat d’édition signé entre le SNE et le CPE).

Établissement public du Ministère de la Culture et de la Communication, le Centre national du livre a pour mission de soutenir, grâce à différents dispositifs et commissions, tous les acteurs de la chaîne du livre : auteurs, traducteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires, organisateurs de manifestations littéraires. Il participe ainsi activement au rayonnement et à la création littéraire francophone.

Source : Centre national du livre, France.

«En France, pratiquement aucun auteur ne peut gagner sa vie ; toute la chaîne du livre vit du livre, sauf l’écrivain.»

Johathan Littell, Le Monde, 16 novembre 2006

SOMMAIRE

Avant-Propos – Lettre aux écrivains français du XXIe siècle

Première partie – L’écrivain en 2025

L’auteur à la veille de sa grande mutation

La révolution des usages

La mutation de la culture et des médias

La singularité de l’édition parmi les industries créatives

Le livre numérique

Le livre numérique en France

Le géant Amazon

Évolutions internationales

Le piratage des livres

L’abonnement illimité : le modèle all you can eat ou « Bundle »

Les bibliothèques et le numérique

Deuxième partie – L’écrivain à 360°

La protection du droit d’auteur

Le contrat auteur-éditeur

Conférences, festivals, colloques, symposiums, lectures, signatures, etc.

Les droits audiovisuels

Articles, tribunes, opinions, etc.

L’écrivain-chercheur

MFA et creative writings

Troisième partie – L’écrivain devient « social »

L’abondance

« Sérendipité » ou curation

La culture selon les critiques

La culture selon les algorithmes

« The long click » ou l’algorithme en devenir

Les recommandations d’Amazon et leurs biais

Algorithmes et diversité

Le critique culturel est mort, vive le critique culturel

Les réseaux sociaux et les nouveaux prescripteurs

Les réseaux sociaux et leur insécurité

Quatrième partie – La smart curation

La curation

La smart curation

Le phénomène des « booktubers »

Les réseaux sociaux comme smart curation

Wattpad

GoodReads

Tentations littéraires des nouveaux sites de journalisme

Native Book Reviews et pure players

« Mini-Oprahs », petits prescripteurs et autres exemples de smart curation

Cinquième partie – Vingt-cinq recommandations

Propositions pour aider les auteurs

Propositions pour aider les critiques et les sites de smart curation

Propositions pour aider les auteurs et les éditeurs

Propositions pour aider les libraires et les bibliothèques

Bibliographie

Généralités

Sur l’édition, confrontée au numérique, en général

Sur le numérique en général

Sur la participation culturelle en France et aux États-Unis

Sur Amazon

Sur Google

Sur la fiscalité européenne

Sur les bibliothèques à l’âge numérique

Sur le piratage des livres numériques

Sur le « nouveau » copyright

Sur le cloud

Sur Netflix

Sur les creative writing programs

Sur l’avenir de la critique littéraire (et culturelle)

Sur les nouveaux prescripteurs

Sur la Smart curation

Sur les MOOCS

Sur la Digital Literacy

Sur le Crowdfunding

Remerciements

Annexes

Annexe 1 : Étude sur la chronologie des médias Netflix      

Annexe 2 : WGA : « Code of Working Rules »

Annexe 3 : WGA : « Basic Agreement »

Annexe 4 : Le financement du numérique aux États-Unis

Annexe 5 : La régulation du numérique aux États-Unis

Annexe 6 : Le débat sur la neutralité du net

Annexe 7 : La régulation du numérique au sein de l’Union européenne

Annexe 8 : Régulations internationales : UIT vs. ICANN

Annexe 9 : Commission Expert Group on Taxation of the Digital Economy

Annexe 10 : Appel de l’écrivain Tim Kreider dans le New York Times.    

Annexe 11 : La charte des auteurs et des dessinateurs de jeunesse

Annexe 12 : Article : « Pas d’auteurs = pas de livres ! »

Annexe 13 : Tableau des régulations d’internet aux États-Unis

Annexe 14 : Tableau : les Géants du net

AVANT-PROPOS

LETTRE AUX ÉCRIVAINS FRANÇAIS DU XXIE SIÈCLE

Une espèce humaine est en voie de disparition : l’écrivain. En France, aujourd’hui, il est devenu impossible de vivre de sa plume. Il n’en a pas toujours été ainsi ; il n’en va pas de même dans d’autres pays. La transition numérique affecte tous les secteurs de la culture mais elle menace plus particulièrement d’extinction les écrivains. En France, tout particulièrement.

Cette paupérisation, cette lente disparition des écrivains, ne fait que commencer. Le livre est à la veille de sa grande mutation : l’édition changera davantage dans les dix ans qui viennent qu’elle n’a changé depuis un siècle. Rien de ce qui existe aujourd’hui n’existera encore, sous sa forme actuelle, dans dix ans. Pour une large part, les librairies seront bouleversées par ces évolutions ; la chaîne de distribution des livres sera transfigurée ; quant aux bibliothèques, elles vont changer de rôle, de mission, comme jamais dans leur histoire.

L’auteur lui-même est mort s’il ne change pas. Il doit changer s’il veut survivre. Son modèle économique, traditionnellement instable, n’est plus assuré ; sa visibilité, déjà précaire, est menacée par l’épuisement de la prescription médiatique. La place donnée au livre dans les médias sera de plus en plus réduite. La crise de la fonction critique va s’accélérer.

Certains pensent que les difficultés qui affectent les auteurs et l’édition sont une simple « crise », ce qui supposerait qu’un retour à la situation antérieure soit possible et que nous puissions, à terme, retrouver l’« âge d’or » dans lequel, dit-on, nous vivions précédemment. Ce n’est pas le cas. Ce modèle, et avec lui celui de l’industrie du livre et de l’« exception culturelle » qui caractérise notre pays, est en mutation profonde. La mondialisation de la culture, d’une part, la transition numérique, d’autre part, participent en commun, leurs effets s’additionnant, à cette redéfinition du modèle. Cette transformation d’ensemble est décisive, totale – et elle est irréversible.

Pour en comprendre les ressorts profonds et tenter d’imaginer les contours qui pourront définir le nouveau modèle éditorial français à venir, il convient de faire d’abord, à gros traits, un diagnostic de la situation actuelle à la veille de la grande mutation du secteur du livre (première partie). À partir de ce constat, il sera possible de s’intéresser aux nouvelles conditions de rémunération des auteurs(deuxième partie).

Ensuite, s’agissant des questions de visibilité, il faudra revenir sur les raisons de la crise de la fonction critique et les causes de son accélération (troisième partie). En développant une approche à travers la smart curation, une analyse des solutions pourra être, dès lors, proposée (quatrième partie).

Ce rapport sur le modèle économique de l’écrivain, d’une part, et la visibilité de son œuvre, d’autre part, se terminera par une série de vingt-cinq propositions (cinquième partie), une bibliographie et quelques annexes.

Lorsqu’il prend la tête de la Société des gens de lettres, en 1839, Honoré de Balzac doit traiter le sujet sensible de la rémunération des romans-feuilletons et, ce faisant, mener la bataille contre les directeurs de journaux ; il doit également se battre contre les éditeurs qui impriment à l’étranger les romans à succès, sans rémunération pour les auteurs. Or Balzac, qui aurait pu privilégier d’autres combats, puisqu’il n’était pas à cette époque dans le besoin, s’engage aux côtés des auteurs (Victor Hugo lui succédera une année après). Pourquoi Balzac s’engage-t-il alors ? Parce qu’il considère depuis longtemps que les écrivains doivent s’organiser et défendre leurs droits à une juste rémunération.

Avant Illusions perdues, qui en est aussi l’un des sujets, cet engagement était déjà inscrit dans son étude « De l’état actuel de la librairie », en 1830, ou dans sa célèbre « Lettre aux écrivains français du XIXe siècle », quatre ans plus tard, laquelle devait donner naissance à la Société des gens de lettres, parallèlement à la société analogue imaginée par Beaumarchais pour les auteurs de théâtre1.

Cent quatre-vingts ans plus tard, nous en sommes toujours là. Jamais, depuis Balzac, les auteurs n’ont été aussi menacés de paupérisation, voire de disparition. Il est grand temps qu’ils se mobilisent, que les éditeurs se mettent vraiment à les écouter et que la politique culturelle leur vienne en aide.

Septembre 2015

Téléchargement

Cliquez ici pour télécharger ce rapport (PDF)

Revue de presse

actualitte_logo_02

De internet à la rémunération : être écrivain à l’époque numérique, Nicolas Gary, 13 novembre 2015, ActuaLitté

“Une espèce humaine est en voie de disparition : l’écrivain », La rédaction, 13 novembre 2015, ActuaLitté

livres_hebdo_01

Frédéric Martel tente de définir l’écrivain du XXIe siècle, Faustine Vincent, 13 novembre 2015, Livre Hebdo

Qui est Fréféric Martel

PORTRAIT DE FRÉDÉRIC MARTEL, JOURNALISTE, RÉALISÉ DANS SON APPARTEMENT DE PARIS, LE LUNDI 03 JANVIER 2014. © Julien-Falsimagne

PORTRAIT DE FRÉDÉRIC MARTEL, JOURNALISTE, RÉALISÉ DANS SON APPARTEMENT DE PARIS, LE LUNDI 03 JANVIER 2014. © Julien-Falsimagne

«Écrivain et journaliste, Frédéric Martel est docteur en Sciences sociales (thèse à l’EHESS). Titulaire de quatre masters (Sciences sociales, Science politique, Droit public et Philosophie), il a été attaché culturel à l’Ambassade de France aux États-Unis et en Roumanie, « visiting scholar » à Harvard et a enseigné à l’ESSEC, au MBA d’HEC et à Sciences-Po Paris

Il est l’auteur de neuf livres dont De la Culture en Amérique (Gallimard, 2006) et Mainstream, Enquête sur la guerre globale de la culture et des médias (Flammarion, 2010). Ces livres ont été traduits dans une dizaine de langues et une vingtaine de pays.

Frédéric Martel anime chaque dimanche sur France Culture, « Soft Power, le magazine des internets ». Il dirige aussi la rédaction du site de critiques de livres et d’idées, nonfiction.fr et tient la chronique internationale de Slate.fr

Comme chercheur, Martel est « Senior Research Fellow » à l’université ZHdK de Zurich où ses sujets de recherche sont le soft power, la diplomatie d’influence, les industries créatives, les médias et Internet. Il a été expert auprès de la Commission européenne, où il a fait partie de la task force culturelle du président de la Commission de l’Union Européenne, « New Narrative for Europe ».

Son dernier livre Smart, Enquête sur les internets (Stock, 2014) est en cours de traduction dans une dizaine de langues

frederic_martel_ecrivain_numerique_02

Source

Site web officiel de l’auteur du rapport

Cliquez ici pour accéder au site web officiel de Frédéric Martel

 

Advertisements

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

Tagged with: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,
Publié dans Actualité au jour le jour

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Magazine littéraire de nos nouveautés

Ce magazine littéraire est désormais réservé à l'annonce de nos nouveautés, à quelques exceptions près (textes de prise de position de votre éditeur).

Tous les autres articles au sujet du monde du livre sont publiés dans un magazine littéraire privé. Pour y accéder, envoyez-nous un courriel à l'adresse suivante :


abonnement@manuscritdepot.com

Archives
%d blogueurs aiment ce contenu :