L’écrivain et l’argent, Louis Hamelin, Le Devoir (Liens et commentaires)

J’attendais que la série d’articles L’ÉCRIVAIN ET L’ARGENT signé par LOUIS HAMELIN dans le quotidien LE DEVOIR soit complétée pour vous inviter à la lire et la commenter. Pour ma part, je suis déçu car les textes manquent de profondeur et de références. Et il dévalorise le Peuple en écriture.

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L’écrivain et l’argent (1/4)

Pour quelques dollars de plus

12 septembre 2015 |Louis Hamelin

Prenons un cas fictif (ou presque) : un grand festival littéraire de France. Dans la chambre d’hôtel de chaque auteur invité l’attend une copie d’un contrat lui assurant le versement d’une somme forfaitaire censée couvrir les cachets de participation à diverses activités et les per diem. Montant : 225 euros. Pas de quoi virer fou, mais ça va. Le taux de change aidant, ça paie les petites dépenses quand on se dit écrivain professionnel et qu’on vit des seuls fruits de son travail. Tu signes le contrat, tu fais tes choses, tu retournes prendre ton avion, tu t’envoles… Et tu n’entends plus parler des euros. Apparemment, ils se sont envolés, eux aussi. Lire la suite

Dans ce premier texte de la série, il s’agit d’une histoire d’argent entre un écrivain anonyme et un grand festival littéraire de France. Un exemple québécois s’imposait pour nous mettre sur la piste.

Monsieur Hamelin écrit : «Nous sommes ce peuple d’anciens paysans catholiques qui continuerait, en secret, de tenir la pauvreté pour une vertu. Chez nous, on s’enrichit, on a quatre autos devant la porte, mais le discours sur la richesse, c’est ouache, caca. Imaginez comment peut se sentir le pauvre écrivain québécois qui veut parler d’argent…»

La référence aux relations troubles des Québécois avec l’argent ne tient pas la route lorsqu’on sait que la plupart de nos écrivains se taisent d’abord et avant tout en raison de la loi du silence en vigueur dans notre milieu du livre.

L’écrivain et l’argent (2/4)

Comment peut-on être un écrivain professionnel?

26 septembre 2015 |Louis Hamelin

Au XIXe siècle, Octave Crémazie, considéré comme le premier commentateur de notre institution littéraire, se montre déjà sensible aux réalités matérielles et commerciales de l’écriture. Les écrivains locaux, note-t-il, sont voués à demeurer des « amateurs » tant que leur travail n’est pas rémunéré. Crémazie parle aussi de la difficulté de trouver des lecteurs dans une « société d’épiciers ». Gaston Miron aimait bien citer la fameuse étude de l’UNESCO qui concluait que pour faire vivre une culture nationale, un pays doit posséder, au minimum, douze millions d’habitants. En dessous de ce plancher, on a le choix entre devenir de vrais provinciaux et puiser dans le trésor public. Lire la suite

Dans ce deuxième texte de la série, Louis Hamelin traite de la difficulté de vivre de ses écrits au Québec. Il présente alors l’écrivain professionnel comme un auteur de métier rémunéré. La qualité de la littérature ne trouve pas ici l’écho souhaitable pour qualifier de professionnel un écrivain. C’est une simple question d’argent. 

Il écrit : «Jusqu’à ce que je me réveille, des années plus tard, dans la fausse situation décrite par Miron. J’étais connu, salué par la confrérie, célébré par la critique, mais le calcul annuel de mes droits d’auteur rendait un autre son de cloche. Encore plus tard, il m’arriverait de penser que si la littérature ne permettait pas, ici, de faire vivre une famille de deux enfants, ce n’était pas moi qui avais un problème. C’était la littérature.»

Je ne comprend pas pourquoi monsieur Hamelin rejette la faute sur la littérature. Ce n’est pas la littérature qui a problème mais l’industrie du livre.

Les écrivains et l’argent (3/4)

La complainte de Maupassant

10 octobre 2015 |Louis Hamelin

Un paradoxe hante la question de la rémunération des écrivains. Que la littérature fasse mal vivre son homme, les plus sages d’entre eux l’ont compris depuis longtemps. «… si elle est d’excellente compagnie, [elle] s’est toujours révélée une piètre béquille pour ceux qui s’appuient exclusivement sur elle pour subvenir à leurs besoins », écrit en 1812, de son opulent manoir de style baronnial, sir Walter Scott à un jeune homme de lettres qu’il patronne. Lire la suite

Ce troisième article me laisse perplexe fasse à l’écrivain dit professionnel qui, selon Hamelin, pourrait se laisser influencer par sa condition financière lorsque vient le temps de choisir la forme même de son œuvre, «brève, demandant « moins de temps et d’énergie »» en citant Olivier Larizza dans Les écrivains et l’argent (Orizons, 2012). Plus d’œuvres sur le marché = plus de revenus. Ou des œuvres courtes parce que le travail à temps plein m’occupe à des tâches alimentaires. Louis Hamelin nous parle des «Prolétaires de l’écriture». Aujourd’hui, il faut davantage parler de l’auteur entrepreneur.

L’écrivain et l’argent (4/4)

Combien ça vaut?

24 octobre 2015 | Louis Hamelin

J’ai cessé de fréquenter l’établissement d’un bouquiniste qui, devant les boîtes de livres en bon état, souvent comme neufs, dont je débarrassais mes garde-robes, hochait la tête : valeur de revente à peu près nulle, pronostiquait-il d’un air sombre, en leur accordant à peine un coup d’oeil. Peut-être qu’une Louise Penny ou un Marc Lévy eussent trouvé grâce à ses yeux, mais ma boîte de carton ne regorgeait pas précisément de ces best-sellers naturels qui, de toute manière, sont très capables de se passer de cette attente forcée sur une voie de garage. La dernière chose que veut un écrivain, c’est se faire rappeler que les livres ne valent rien. Maintenant, je fourgue mes piles d’usagés à la bibliothèque municipale, où je suis toujours accueilli par un grand sourire. Lire la suite

Dans ce dernier texte, Louis Hamelin trouve un coupable de la «dévaluation de l’écriture» dans l’autoédition.

Il écrit : «Il reste que l’autoédition plus ou moins spontanée dans l’espace virtuel entraîne une dévaluation de l’écriture difficile à nier : 1) tout le monde écrit ; 2) n’importe comment, dans une joyeuse autosatisfaction instantanée ; 3) tout est égal, car également consommable.».

La logique ne tient pas la route car ce n’est pas la rareté qui donne à l’écriture sa valeur, pas plus que son édition. Si tout le monde écrit, c’est parce que l’écriture est en soi une source de valorisation toute personnelle. Le pouvoir de l’écriture agit en notre temps plus que jamais il ne l’a fait au cours de l’Histoire de l’Homme. C’est une victoire importante. Et c’est tant mieux si cet exercice donne lieu à «une joyeuse autosatisfaction». C’est beaucoup mieux qu’une torture de l’esprit !

Plus encore, il ne trouve que très peu d’auteurs autoédités pour prétendre que «tout est égal, car également consommable.» En revanche, un nombre élevé d’écrivains professionnels du marché traditionnel de l’édition dévalorisent de but en blanc l’autoédition.

Voulez-vous bien me dire qu’est-ce que ces écrivains professionnels souhaitent en dévalorisant ainsi le Peuple en écriture, celui qu’il accusait hier de ne savoir ni lire ni écrire ?

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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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