L’écrivain est une startup via Page 42 – Neil Jomunsi

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(Page 42 – Neil Jomunsi) L’industrie du livre change et, avec elle, ceux qui la construisent : le livre numérique bouleverse les rapports de force. Si les éditeurs et les libraires français rechignent à s’engager dans la transition et freinent des quatre fers de façon ostensible, les auteurs se montrent plus curieux. Il faut dire que c’est à eux que les outils numériques s’adressent en priorité, de façon presque native, contrairement au reste de l’industrie qui doit retrouver les rails d’un écosystème rentable en bouleversant son mode de fonctionnement.

Avec le numérique, les écrivains peuvent, s’ils le souhaitent, toucher directement leur public et s’affranchir de presque tous les intermédiaires. À l’heure où un livre vendu 10€ ne rapporte qu’entre 0,5€ et 1€ à son auteur, il est légitime d’essayer d’imaginer de nouveaux modèles économiques plus justes destinés à ceux qui, justement, sont les piliers de cette industrie. Le numérique est une chance pour les auteurs de toucher un large public. Si aujourd’hui l’ebook représente une faible proportion des ventes globales de livres, cette part ne fera qu’augmenter de façon exponentielle dans les années à venir. D’autres industries artistiques se sont déjà engouffrées, d’abord difficilement, puis avec succès, dans le secteur numérique, notamment le cinéma et la musique.

Mais un écrivain peut-il réaliser seul ce que des éditeurs, des correcteurs, des services marketing, des diffuseurs et des distributeurs accomplissent en équipe (et souvent très bien, ce billet n’est absolument pas une remise en question du travail des éditeurs pour lequel j’ai le plus grand respect) ? Vue de l’extérieur, la tâche semble ardue, pour ne pas dire impossible.

Par essence, l’écrivain est un travailleur solitaire. Son travail consiste la plupart du temps à s’isoler dans son bureau ou à la table d’un café pour extraire la substantifique moelle de son cerveau débordant d’imagination. D’ailleurs, la plupart des auteurs que je rencontre sur le net rechignent à se promouvoir, partant du principe que ce travail n’est pas le leur.

Je ne peux pas leur en vouloir, puisque c’est vrai. Bâtir un succès numérique est une entreprise difficile. Beaucoup de gens écrivent, beaucoup de gens veulent être publiés. Parmi le peu qui le seront, une infime minorité tirera son épingle du lot pour atteindre le succès tant espéré.

Mais puisque le but est, de toute façon, déjà difficile à atteindre, tant en numérique qu’au format papier, pourquoi ne pas tenter l’aventure de la startup ?

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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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