À qui profitent les biens culturels gratuits sur Internet ?

La gratuité, à quel prix ?

ina-globalLes internautes peuvent accéder aujourd’hui, sans dépense apparente, à une multitude de biens culturels. Quels modèles économiques se cachent derrière cette gratuité ? À qui profite l’abondance de contenus gratuits sur Internet ?

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Titre : La gratuité, à quel prix ?
Sous-titre de l’ouvrage : Circulation et échange de biens culturels sur Internet
Auteur(s) : Joëlle Farchy, Cécile Méadel, Guillaume Sire
Éditeur(s) : Presse des Mines
Parution : 01.03.2015

« Un repas gratuit, ça n’existe pas ». C’est en reprenant cette célèbre citation du prix Nobel d’économie Milton Friedman que Joëlle Farchy, chercheuse au Centre d’économie de la Sorbonne, Cécile Méadel, chercheuse au Centre de sociologie de l’innovation à l’école Mines ParisTech et Guillaume Sire, maître de conférences à l’Institut Français de Presse, introduisent leur ouvrage La Gratuité, à quel prix ?, (Presses des Mines, 2015). Tout comme les repas gratuits du XIXe siècle aux États-Unis, l’apparente gratuité des biens culturels sur Internet cache en réalité des modèles économiques bien calculés. Si à l’époque des saloons, ces derniers proposaient gratuitement des repas très salés pour mieux vendre des boissons, aujourd’hui les acteurs du web utilisent des modèles économiques bien plus complexes… Sous une même apparence de gratuité, se cachent des mécanismes économiques aux conséquences bien différentes pour l’utilisateur et le créateur. Les trois auteurs de La Gratuité, à quel prix ? comptent bien éclaircir ce « saloon de l’Internet », où la gratuité semble être devenue la norme.

Derrière la gratuité, des formes complexes et hétéroclites

Streaming, téléchargement, peer to peer… Les internautes peuvent accéder de multiples façons à des biens culturels sur Internet, avec à chaque fois des logiques économiques différentes. À partir des travaux de Karl Polanyi[+], les trois auteurs établissent une typologie des formes de gratuité sur Internet. La notion de gratuité apparait ainsi divisée en trois catégories : la gratuité publique, la gratuité coopérative et la gratuité marchande.

La France défend depuis plusieurs années l’idée d’une exception culturelle : les biens culturels n’étant pas des marchandises comme les autres, ils ne peuvent être soumis aux lois du marché. William Baumol et William Bowel[+] montrent dès 1966 que les industries culturelles sont condamnées structurellement au déficit. Traditionnellement, l’État vient donc au secours des secteurs culturels pour les aider à atteindre l’équilibre. La gratuité publique correspond à ces biens ou services culturels financés par le contribuable. C’est ce qui permet par exemple aux musées d’ouvrir gratuitement les premiers dimanches du mois. Même si l’émergence du réseau Internet a été permise par une longue période de financement public, la gratuité publique est aujourd’hui devenue marginale sur la toile. Ce qui permet à Wikipédia de proposer des milliers de contenus gratuitement, ce ne sont pas des subventions publiques mais l’esprit coopératif au cœur du réseau.

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Résumé par l’éditeur

Le prix Nobel d’économie Milton Friedman l’a dit clairement : « un repas gratuit, ça n’existe pas ». Pourtant, le web semble remettre en cause cet axiome puisqu’il permet aux internautes d’accéder, sans dépense apparente, à une multitude de biens culturels. Que vaut cette gratuité numérique ? Faut-il dans la continuité du rapport Lescure proposer une légalisation des échanges non marchands ? L’ouvrage explore ces notions et analyse trois secteurs qui constituent les principaux produits d’appel du marché de l’internet : l’audiovisuel, la musique et le livre.

L’analyse des revenus que Spotify ou DpStream, iTunes ou Usenet, LastFM ou Popcorn, VLC ou Shazam, et bien d’autres encore, tirent de la circulation des biens culturels permet de comprendre leur place dans l’économie numérique.

Derrière une même apparence de gratuité pour l’internaute, les modèles proposés ont des conséquences bien différentes. L’internaute devra lui aussi en payer le prix, sous forme directe ou indirecte, aujourd’hui ou demain, tandis que les modalités de partage de valeur entre les acteurs économiques sont amenées à évoluer.

Source : Presses des mines

Lire un extrait du livre (PDF)

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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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