Communiqués de l’UNEQ – Dégringolade des achats de livres dans les écoles : l’UNEQ interpelle le ministre de l’Éducation

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Montréal, le 2 avril 2015 – L’Union des écrivaines et des écrivains québécois demande au ministre de l’Éducation du Québec, François Blais, de prendre des mesures pour s’assurer que le budget annuel de 15 millions de dollars dédié aux acquisitions de livres dans les écoles ne soit pas utilisé à d’autres fins. Devant la baisse marquée des achats de livres constatée par les libraires depuis septembre, baisse qui atteindrait 80% par endroits, plusieurs questions se posent. Comment les commissions scolaires ont-elles dépensé les 8,3 millions de dollars versés par le ministère pour l’achat de livres? Qu’est-il advenu des 6,7 millions de dollars que les commissions scolaires étaient tenues de consacrer au développement de leurs bibliothèques ?

Il est important que le ministre Blais exige de la part des commissions scolaires une reddition de comptes claire et précise qui lui permette ensuite d’agir. Il doit s’assurer, entre autres, qu’il y ait, dans le budget de l’an prochain, une compensation adéquate pour rattraper le retard de cette année. Il ne faut plus, en outre, que la situation actuelle se reproduise à l’avenir et les bibliothèques scolaires doivent être protégées contre les effets des compressions budgétaires compte tenu de l’importance de la lecture dans le projet éducatif.

« Les déclarations malheureuses de l’ex-ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, en août dernier, qui minimisaient l’impact du gel des achats de livres dans les écoles semblent donc avoir produit les résultats désastreux que nous avions craints, constate la présidente de l’UNEQ, Danièle Simpson, et ce, malgré les tentatives de l’ex-ministre de corriger le tir. »

Devant le tollé soulevé par ses propos, le ministre Bolduc avait fait marche arrière. Dans la lettre qu’il avait adressée aux commissions scolaires en date du 28 août 2014, il affirmait : « Je m’attends à ce que chaque commission scolaire injecte, au cours de la présente année scolaire [pour l’achat de livres], un montant correspondant à la somme de l’allocation du Ministère […], auquel s’ajoute un investissement additionnel de la commission scolaire puisé à même ses propres fonds. » Force est de constater que l’intervention du ministre n’a pas été prise au sérieux ou est arrivée trop tard. En effet, plusieurs commissions scolaires avaient déjà procédé à des coupes dans les achats de livres pour l’année 2014-2015.

Le ministre Blais doit donner suite aux engagements de son prédécesseur et corriger la situation. Quinze millions de dollars annuellement pour rendre le livre accessible dans toutes les écoles du Québec, c’est une portion infime du budget de près de 17 milliards de dollars consacrés à l’éducation mais une portion qui a des retombées incommensurables à long terme pour l’éducation, la culture et le secteur du livre.

Créée en 1977, l’Union des écrivaines et des écrivains québécois regroupe plus de 1 600 poètes, romanciers, auteurs dramatiques, essayistes, auteurs pour jeunes publics et auteurs d’ouvrages scientifiques et pratiques. L’UNEQ travaille à la promotion et à la diffusion de la littérature québécoise, au Québec, au Canada et à l’étranger, de même qu’à la défense des droits socioéconomiques des écrivains.

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Source : Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ)

Revue de presse

Tout a commencé avec cet article du quotidien LE DEVOIR le 1er avril 2015 :

Écoles – Baisse marquée des achats de livres – Les sommes prévues ont été utilisées à d’autres fins – 1 avril 2015 |Philippe Orfali | Éducation, LE DEVOIR

Le lendemain, 2 avril 2015, l’Opposition s’emparait de l’affaire et LE DEVOIR a fait le suivi de son article de la vielle:

Livres à l’école – L’opposition vilipende François Blais, 2 avril 2015 |Philippe Orfali | Éducation, LE DEVOIR

Finalement, l’Union des écrivains et des écrivaines québécois (UNEQ) a émis un communiqué de presse qui a trouvé écho dans cet article le 3 avril 2015.

Bibliothèques scolaires – L’UNEQ demande une action du ministre, 3 avril 2015 |Catherine Lalonde | Livres, LE DEVOIR

Observations

Pas un seul mot sur les sites de l’Association des libraires du Québec (ALQ) et de l’Association nationale des éditeurs de livres, du Mouvement Sauvons les livres, de la revue Les Libraires et de la coopérative des Librairies indépendantes du Québec (LIQ).

L’Association des libraires du Québec, principale source d’information de la nouvelle développée par le journaliste du quotidien LE DEVOIR, n’a pas cru bon donner des statistiques précises, ni au journaliste, ni sur son site web. L’ALQ parle d’une baisse de l’achat de livres par les bibliothèques scolaires entre 20% et 80%:

D’une région à l’autre, les libraires enregistrent des baisses dans les achats effectués par les commissions scolaires pouvant varier de 20 % à 80 %, affirme Katherine Fafard, directrice générale de l’ALQ.

SOURCE : Écoles – Baisse marquée des achats de livres – Les sommes prévues ont été utilisées à d’autres fins – 1 avril 2015 |Philippe Orfali | Éducation, LE DEVOIR

L’ALQ a-t-elle vraiment en sa possession un tableau à jour des statistiques de la baisse des ventes de livres dans les bibliothèques scolaires du Québec ? J’en doute.

La réaction du ministre de l’Éducation du Québec, monsieur François Blais, a été d’informer le journaliste du quotidien LE DEVOIR, par le biais de son attachée de presse, qu’il allait demander une reddition de compte sur le sujet aux commissions scolaires.

Alors que les librairies appellent à l’aide, le cabinet du ministre Blais semble peu disposé à se lancer dans un nouveau bras de fer. Depuis août, le ministère a fait « plusieurs appels » pour les inciter à faire l’achat de livres, soutient l’attachée de presse de M. Blais. Un processus de reddition de compte a également été instauré à la suite de la controverse, selon Julie White. « Les commissions scolaires du Québec vont devoir rendre compte [des sommes consacrées aux livres] au moment du dépôt de leur rapport annuel. » Mme White n’a pu dire si les institutions fautives feraient face à une quelconque mesure disciplinaire dans le cas de sommes utilisées à d’autres fins. Impossible de savoir, donc, si elles vont renverser la vapeur l’année prochaine.

SOURCE : Écoles – Baisse marquée des achats de livres – Les sommes prévues ont été utilisées à d’autres fins – 1 avril 2015 |Philippe Orfali | Éducation, LE DEVOIR

C’est la meilleure réaction à avoir de la part du ministre face à l’absence de statistiques de l’Association des libraires du Québec. La nouvelle aurait pris une toute autre allure si l’association avait révélé au grand public des statistiques pour chaque région mais elle ne l’a pas fait fait, sans doute parce qu’elle ne disposait que des dires des libraires ici et là sur le territoire.

La nouvelle du quotidien LE DEVOIR n’a pas été reprise par d’autres médias. Pourquoi? Parce que la seule et unique statistique de la nouvelle (une baisse entre 20 et 80%) fut livrée dans le cadre d’une entrevue au journaliste. La statistique n’était pas de source documentaire, une source que d’autres médias aurait pu utiliser dans pour une couverture de presse de la situation. Mais puisqu’il s’agissait d’une information obtenue lors d’une entrevue par un média, la nouvelle ne pouvait pas être reprise suivant la logique de l’exclusivité. En effet, les médias ne reprennent que rarement une nouvelle exclusive à un autre médias. Si l’ALQ avait vraiment voulu marquer le coup, elle aurait publié des statistiques accompagnées d’un communiqué de presse accessibles à tous les médias.

Bizarre, bizarre !

C’est plutôt l’UNEQ qui est montée au front dès le lendemain de la publication du premier article dans le quotidien LE DEVOIR. L’Union s’est donnée la peine de publier un communiqué de presse.

Mais l’Union aborde la statistique de L’Association des libraires au conditionnel (le soulignement est de nous):

Devant la baisse marquée des achats de livres constatée par les libraires depuis septembre, baisse qui atteindrait 80% par endroits, plusieurs questions se posent.

Source : Dégringolade des achats de livres dans les écoles : l’UNEQ interpelle le ministre de l’Éducation, UNEQ, 2 avril 2015

On ne peut pas faire autrement que d’utiliser le conditionnel lorsqu’une donnée n’est pas vérifiable.

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