Un manuscrit du poème Le Vaisseau d’Or d’Émile Nelligan classé document patrimonial

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Ce document est utilisé à titre d’illustration pour cet article. Il ne s’agit pas du document dont il est questions dans le communiqué de presse.

Communiqué de presse
Ministère de la Culture et des Communications du Québec

QUÉBEC, le 5 mars 2015 /CNW Telbec/ – La ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Mme Hélène David, annonce le classement du manuscrit du poème Le Vaisseau d’Or d’Émile Nelligan, à titre de document patrimonial en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

« En plaçant ce document sous la protection de la loi, notre gouvernement préserve un joyau de notre patrimoine littéraire pour les futures générations. C’est là un dénouement émouvant, car ce document autographe unique est en quelque sorte une fenêtre sur l’âme de l’auteur, à un moment où il traversait une période tourmentée de son existence », a fait savoir Mme Hélène David.

Ce manuscrit du Vaisseau d’Or est une transcription autographe d’Émile Nelligan datée du 4 mars 1912, ce qui en fait la plus ancienne version connue à ce jour. Son intérêt  patrimonial repose sur ses valeurs artistique et historique. Cette œuvre emblématique de la littérature québécoise est l’un des poèmes les plus connus d’Émile Nelligan, souvent considéré comme l’auteur ayant fait entrer la poésie canadienne-française dans la modernité. Le manuscrit, produit au cours de la période d’internement de Nelligan, témoigne d’une époque de la vie de l’auteur dont il reste peu de traces.

L’information sur le manuscrit du poème Le Vaisseau d’Or et sur tous les éléments patrimoniaux inscrits au Registre du patrimoine culturel du Québec est disponible sur le site du Répertoire du patrimoine culturel du Québec (RPCQ), à l’adresse suivante : www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca.

Des outils de diffusion du patrimoine culturel du Québec

Des outils de diffusion s’ajoutent au RPCQ pour permettre aux personnes intéressées de découvrir toute la richesse et la diversité du patrimoine culturel québécois. Une partie du contenu du RPCQ est en effet disponible sur le portail des données ouvertes du gouvernement du Québec, au www.données.gouv.qc.ca, ainsi que sur le réseau social Pinterest, sous la forme d’expositions virtuelles qui peuvent être visitées, au www.pinterest.com/rpcq.

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Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec

Description

«La transcription du poème Le Vaisseau d’Or est un manuscrit autographe d’Émile Nelligan (1879-1941) daté du 4 mars 1912. Le document est une feuille de papier vélin crème de 25,6 cm sur 20,5 cm portant au recto la transcription à l’encre brune du titre et des 14 vers du poème, la signature « Émile Nelligan TW » et le folio « 172a ». Le manuscrit est daté à l’encre noire dans le coin inférieur gauche. Le verso ne présente aucune inscription. Le document porte la marque d’un pli vertical et d’un pli transversal.»

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2015.

Valeur patrimoiniale

«La transcription du poème Le Vaisseau d’Or présente un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique. Ce poème est une oeuvre emblématique de la littérature québécoise. Son auteur, Émile Nelligan (1879-1941), a profondément influencé le cours de la littérature québécoise et canadienne. Malgré une activité littéraire de courte durée, échelonnée du printemps 1896 au mois d’août 1899, son oeuvre constituée de plus de 170 poèmes, sonnets, rondeaux et chansons, est souvent considérée comme celle qui a fait entrer la poésie canadienne-française dans la modernité. Nelligan a aussi marqué l’imaginaire par son destin tragique : il a été interné en 1899 avant l’âge de 20 ans. Le poème Le Vaisseau d’Or est l’un des plus connus de l’auteur. Il est souvent vu comme l’apothéose de l’élan créateur du poète et le symbole de son destin. Pendant son internement psychiatrique qui a duré plus de 40 ans, Nelligan a continué de s’intéresser à la poésie. Séparé de ses manuscrits et affligé par la maladie, il a récité et réécrit des vers au bénéfice de ses visiteurs et du personnel médical, comme en témoigne cette transcription du Vaisseau d’Or. Ce poème est d’ailleurs celui qu’il a le plus souvent récité et réécrit durant son internement. Le manuscrit original du Vaisseau d’Or, probablement rédigé en 1899, est aujourd’hui perdu. La transcription datée du 4 mars 1912 constitue la version autographe la plus ancienne connue à ce jour du célèbre poème, les autres étant toutes postérieures à 1929.

La transcription du poème Le Vaisseau d’Or présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique reposant sur son importance documentaire. Les manuscrits de Nelligan sont produits au cours de trois périodes. La première est la période créatrice qui va de 1896 à 1899; seuls les manuscrits de 24 poèmes qui n’ont pas été retenus pour la première édition de l’oeuvre de Nelligan en 1904 semblent avoir échappé à la destruction. La deuxième période correspond aux 25 ans d’internement au refuge Saint-Benoît-Joseph-Labre. De cette période, seuls une dédicace et trois poèmes nous sont parvenus, dont la transcription du Vaisseau d’Or datée du 4 mars 1912. La troisième période, qui s’étend de 1925 à 1941, est celle de l’internement à l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu. Celle-ci est la plus riche en manuscrits du poète. La transcription du 4 mars 1912 est donc un témoin d’une période de la vie de l’auteur dont il subsiste très peu de documents autographes. Par ailleurs, il s’agit de la transcription la plus fidèle au texte de l’édition princeps. Ce manuscrit de 1912, comme toutes les autres transcriptions complètes du Vaisseau d’Or, présente des variantes par rapport au texte publié en 1904. Cependant, les modifications sont moins nombreuses que dans les versions postérieures, et les variantes introduites dans cette transcription de 1912 sont reprises dans la plupart des autres versions connues. Par exemple, au premier vers, Nelligan a écrit « C’était un grand vaisseau » plutôt que « Ce fut un grand vaisseau » comme dans l’édition originale. Cette variante est reprise dans cinq des six autres transcriptions complètes connues du poème. Par rapport à l’édition de 1904, le manuscrit du 4 mars 1912 présente des substitutions (« chevaux épars » plutôt que « cheveux épars »), des modifications à la graphie de certains mots (« Cyrène » plutôt que « Syrène »), des inversions de mots (« ont entre eux disputés » plutôt que « entre eux ont disputés »), et plusieurs variantes touchant la ponctuation, les accents et les majuscules. Le document témoigne donc des fluctuations dans l’écriture du poète. En outre, il s’agit de la transcription la plus célèbre de ce poème. Elle a connu une grande diffusion en fac-similé depuis 1967, et elle a été présentée au public dans des expositions en 1979 et 2008.»

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2015.

Informations historiques

«La transcription du poème « Le Vaisseau d’Or » a été écrite par Émile Nelligan (1879-1941), figure mythique et poète majeur de l’histoire littéraire du Québec et du Canada. Il publie son premier poème, « Rêve fantasque », en 1896, sous le pseudonyme d’Émile Kovar. La même année, huit autres poèmes paraissent sous ce pseudonyme dans des périodiques. En 1897, il publie de nouveaux poèmes, cette fois sous le nom d’Émile Nelligan, et il joint l’École littéraire de Montréal. La lecture du poème « La romance du vin » le 26 mai 1899 constitue sa dernière apparition publique.

Nelligan compose plus de 170 poèmes, sonnets, rondeaux et chansons durant sa brève période créatrice qui prend fin à l’internement du poète au refuge Saint-Benoît-Joseph-Labre en 1899, avant son vingtième anniversaire. Il passera le reste de sa vie en institution. En 1925, il est transféré à l’hôpital psychiatrique Saint-Jean-de-Dieu. Pendant ses années d’internement, il transcrit de mémoire ses poèmes ou ceux de poètes français, et il offre ces transcriptions à ses visiteurs ou au personnel médical.

Le poème « Le Vaisseau d’Or » est l’un des plus connus de l’auteur. Il est souvent considéré comme l’apothéose de l’élan créateur du poète et le symbole de son destin. Le manuscrit original, probablement écrit entre mai et août 1899, est aujourd’hui perdu, comme tous les manuscrits qui ont servi à l’édition princeps de 1904. La transcription autographe du 4 mars 1912 est la plus ancienne connue à ce jour, les autres étant toutes postérieures à 1929. Il s’agit de la version la plus fidèle au texte publié en 1904, bien qu’elle comporte des substitutions, des modifications graphiques, des inversions de mots et des variantes touchant la ponctuation, les accents et les majuscules.

En 1966, le docteur Lionel Lafleur (1913-1985) fonde l’Association des amis de Nelligan pour commémorer le 25e anniversaire de la mort du poète. Lafleur avait côtoyé Nelligan au début de 1941 durant son stage comme interne à l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu. La transcription du poème « Le Vaisseau d’Or » du 4 mars 1912 fait alors partie de sa collection personnelle. Le nom du premier destinataire de cette transcription soignée et la date d’acquisition de ce manuscrit par le docteur Lafleur demeurent inconnus.

En 1966, le manuscrit est porté à la connaissance du spécialiste de l’oeuvre de Nelligan Paul Wyczynski (1921-2008), professeur à l’Université d’Ottawa. Il est connu du public depuis la publication d’une copie en fac-similé en 1967 dans l’ouvrage de Wyczynski intitulé « Émile Nelligan ». Il est à nouveau reproduit en fac-similé en 1971 dans « Nelligan et la musique », du même auteur.

La transcription du 4 mars 1912 fait partie de l’exposition « Crémazie Nelligan » organisée à la Bibliothèque nationale du Canada en 1979. Le manuscrit est à nouveau présenté au public dans le cadre de l’exposition « L’Or des Amériques » tenue au Musée de la civilisation à Québec en 2008.

La transcription du poème « Le Vaisseau d’Or » est classée en 2015.»

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2015.

Le poème Le vaisseau d’or

Ce fut un grand Vaisseau taillé dans l’or massif :
Ses mâts touchaient l’azur, sur des mers inconnues ;
La Cyprine d’amour, cheveux épars, chairs nues,
S’étalait à sa proue, au soleil excessif.
Mais il vint une nuit frapper le grand écueil
Dans l’Océan trompeur où chantait la Sirène,
Et le naufrage horrible inclina sa carène
Aux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil.
Ce fut un Vaisseau d’Or, dont les flancs diaphanes
Révélaient des trésors que les marins profanes,
Dégoût, Haine et Névrose, entre eux ont disputés.
Que reste-t-il de lui dans la tempête brève ?
Qu’est devenu mon cœur, navire déserté ?
Hélas! Il a sombré dans l’abîme du Rêve !
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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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