Gilles Herman, Les éditions du Septentrion, manque de reconnaissance face à l’aide de l’État

Dans son billet intitulé  «Une histoire d’amour» et publié dans la catégorie «Le Québec fait fureur à la Foire du livre de Bruxelles» sur le blogue de l’Association nationale des éditeurs de livres, Gilles Herman, directeur général de Les Éditions du Septentrion, fait preuve d’un grand manque de reconnaissance envers l’aide de l’État. Parlant du secteur du livre, il s’adresse en ces mots à la ministre de la Culture et des Communication du Québec, Mme Hélène David :

Notre gouvernement, dans un souci de performance, pourrait être tenté de réduire son support à un secteur qu’il ne juge jamais essentiel.

Source : Une histoire d’amour, Gilles Herman, Blogue, ANEL

Gilles Herman affirme que le gouvernement ne juge jamais essentiel le secteur du livre. Comment cet éditeur peut-il affirmer cela alors que nos gouvernements investissent chaque année des millions de dollars en subventions non remboursables et en crédits d’impôt dans le secteur du livre.

Au cours de son dernier exercice financier (2013-2014), la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) a donné au secteur du livre et de l’édition spécialisé 5 316 232 $ dans le cadre de ses programmes généraux, 812 757 $ dans le cadre du Programme destiné à l’exportation et au rayonnement culturel, 2 490 000 $ dans le cadre du programme du Financement des entreprises, 309 178 $ dans le cadre de son programme de Financement intérimaire et 9 578 014 $ dans le cadre de ses Décisions préalables : montant pressenti du crédit d’impôt (Source : Rapport annuel de gestion, 2013-2014, Société de développement des entreprises culturelles).

N’est-ce pas là des millions de dollars d’aide distribuée par la SODEC qui prouvent hors de doute raisonnable que le gouvernement du Québec juge essentiel le secteur du livre et de l’édition spécialisée, contrairement à l’affirmation de Gilles Herman ?

Et ce n’est pas tout, il y a aussi l’aide versée par le Conseil des arts et des lettres du Québec, comme en témoigne ces tableaux tirés du Rapport annuel de gestion 2013-2014 de l’organisme :

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Source : Rapport annuel de gestion 2013-2014, Conseil des arts et des lettres du Québec.

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Source : Rapport annuel de gestion 2013-2014, Conseil des arts et des lettres du Québec.

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Source : Rapport annuel de gestion 2013-2014, Conseil des arts et des lettres du Québec.

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Source : Rapport annuel de gestion 2013-2014, Conseil des arts et des lettres du Québec.

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Source : Rapport annuel de gestion 2013-2014, Conseil des arts et des lettres du Québec.

Voilà donc encore des millions de dollars en aide de l’État accordée par le Conseil des arts et des lettres du Québec qui prouvent une fois de plus que le gouvernement juge le secteur du livre comme essentiel, contrairement aux dires de l’éditeur Gilles Herman.

Attention ! Ce n’est pas tout. Il y a «Les dépenses en culture de l’administration publique québécoise depuis 1985» auxquelles le Bulletin Optique Culture (Observatoire de la culture et des communications – Institut de la statistique du Québec) consacre un numéro spécial.

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Bulletin Optique Culture, Observatoire de la culture et des communications, Institut de la statistique du Québec

Encore une pluie de millions de dollars de l’administration publiques pour le livre et périodique et pour les bibliothèques. Et, peut-on lire dans le bulletin, «Sur la période de presque trente ans d’observation, les plus forts taux de croissance annuels moyens sont constatés pour les domaines suivants : Patrimoine, institutions muséales et archives, Livre et périodique, Cinéma et audiovisuel, Enseignement des arts et Activités multidisciplinaires.»

À cela s’ajoute encore les subventions municipales aux bibliothèques publiques et aux événements littéraires.

L’éditeur Gilles Herman adopte le comportement typique des intervenants du secteur du livre au Québec en jugeant l’aide de l’État toujours insuffisante plutôt que d’apprécier les efforts gouvernementaux à leur juste valeur.

Si après tous ces millions de dollars versés par le gouvernement au secteur du livre, et ce à même nos impôts et nos taxes, monsieur Herman affirme encore que le gouvernement ne juge jamais le secteur du livre comme essentiel, il est complètement dans le champ.

Le secteur du livre est et demeure un secteur essentiel pour le gouvernement du Québec et nous en avons pour preuve son aide financière cumulant plusieurs millions de dollars annuellement, sans compter sa Politique du livre et de la lecture et la Loi du livre !

Le secteur québécois du livre ne semble jamais rassasié ! Il demande toujours plus d’aide à l’État. Et même lorsqu’il l’obtient, ce n’est pas encore assez. Et il manque de reconnaissance envers l’État et, par le fait même, envers les payeurs de taxes et d’impôts qui financent cette aide de l’État au secteur du livre.

Avant de faire des affirmations à l’emporte-pièce, Gilles Herman devrait considérer ce que deviendrait son secteur et sa maison d’édition sans l’aide de l’État.

Avec un tel manque de reconnaissance, il ne serait pas étonnant que le gouvernement du Québec soit tenté de réduire ses investissements dans ce secteur.

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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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