Très brève introduction à l’accès ouvert, par Peter Suber

Très brève introduction à l’accès ouvert, par Peter Suber

Document original: A Very Brief Introduction to Open Access, by Peter Suber.

Traduction par Marie Lebert.
Première mise en ligne le 10 septembre 2012.
Dernière révision le 28 janvier 2015.

Une présentation plus longue et plus complète est également disponible en français et en anglais.


La littérature scientifique en accès ouvert est numérique, en ligne, gratuite et exempte de la plupart des restrictions en termes de droit d’auteur et de licence. Ce qui rend l’accès ouvert possible est l’internet et le consentement de l’auteur ou du détenteur du droit d’auteur.

Dans la plupart des domaines, les revues académiques ne rémunèrent pas les auteurs, qui peuvent ainsi choisir une diffusion en accès ouvert sans perte de revenus. À cet égard, les universitaires et les scientifiques sont dans une situation très différente de celle de la plupart des musiciens et cinéastes, et les controverses sur l’accès ouvert pour la musique et les films ne sont pas de mise pour les travaux de recherche.

L’accès ouvert est entièrement compatible avec l’évaluation des articles par les pairs, et toutes les initiatives majeures promouvant l’accès ouvert aux travaux universitaires et scientifiques insistent sur l’importance de cette évaluation. Tout comme les auteurs d’articles scientifiques font don de leur travail, c’est aussi le cas de la plupart des directeurs de publication et membres des comités de lecture.

La production de la littérature scientifique en accès ouvert n’est pas gratuite, tout en étant plus économique que la production de la littérature scientifique publiée de manière conventionnelle. La question n’est pas de savoir si la littérature académique peut être produite gratuitement, elle est de savoir s’il existe de meilleures façons de couvrir les coûts que de faire payer les lecteurs et de créer des barrières d’accès. Les modèles économiques permettant de couvrir ces coûts dépendent du mode de diffusion de cette littérature en accès ouvert.

Il existe deux modes principaux de diffusion en accès ouvert pour les articles de recherche: les archives ouvertes et les revues ouvertes.

* Les archives ouvertes ne sont pas soumises à une évaluation par les pairs, mais mettent simplement leur contenu gratuitement à la disposition de tous. Ces archives peuvent contenir des prépublications (preprints) non évaluées par les pairs, des publications validées par les pairs ou bien les deux. Ces archives peuvent appartenir à des institutions, par exemple des universités ou des laboratoires, ou bien relever d’une discipline donnée, par exemple la physique ou l’économie. Des auteurs peuvent archiver leurs prépublications sans la permission de quiconque, et la majorité des revues permet d’ores et déjà aux auteurs d’archiver leurs postpublications (postprints). Lorsque les archives se conforment au protocole de collecte des métadonnées de l’Open Archives Initiative (OAI), l’interopérabilité de ces archives permet aux usagers de trouver un contenu donné sans devoir connaître quelles archives existent, où elles se trouvent et ce qu’elles contiennent. Il existe maintenant des logiciels open source permettant de créer et de gérer des archives conformes au protocole de l’OAI, tout comme un mouvement mondial prônant de tels logiciels.

* Les revues ouvertes soumettent les articles à une évaluation par les pairs et mettent ensuite les articles acceptés à la disposition de tous gratuitement. Les dépenses de ces revues concernent l’évaluation des articles par le comité de lecture, la préparation des manuscrits et l’espace requis sur un serveur. Les revues ouvertes financent les coûts engagés de la même manière que les chaînes de télévision ou les stations de radio. Celles qui privilégient la diffusion du contenu financent les coûts de production en amont afin de permettre le libre accès de ce contenu à quiconque disposant de l’équipement voulu. Dans certains cas, cela signifie que les revues reçoivent une subvention accordée par l’université dont elles relèvent ou par une association professionnelle. Dans d’autres cas, cela signifie que les revues facturent des frais de publication sur les articles acceptés, ces frais étant pris en charge par l’auteur ou par le sponsor de l’auteur (employeur ou agence de financement). Les revues ouvertes qui facturent des frais de publication suppriment souvent ces frais si l’auteur a des difficultés économiques. Les revues ouvertes recevant des subventions institutionnelles ne facturent en général pas les frais de publication. Certaines revues ouvertes peuvent se contenter de subventions ou de frais de publication moindres si elles disposent par ailleurs de revenus provenant d’autres publications, de la publicité, d’adds-on payants ou de services annexes. Certaines institutions et certains consortiums proposent des remises sur les frais de publication. Certains éditeurs de revues ouvertes suppriment les frais de publication pour tous les chercheurs affiliés à des institutions ayant souscrit un abonnement annuel. De nombreuses solutions créatives sont possibles pour trouver des formules permettant de payer les coûts d’une revue ouverte avec évaluation par les pairs, et nous sommes loin d’avoir épuisé les ressources de notre intelligence et de notre imagination dans ce domaine.


Pour une présentation plus longue et plus complète proposant de nombreux liens vers d’autres sources, voir Présentation de l’accès ouvert en français et Open Access Overview en anglais.

cc

Source : https://marielebert.wordpress.com/2012/09/10/accesouvert_intro/

* * *

actualitte_logo_02« Open access » doit être traduit par « accès ouvert »

Comprendre un concept complexe

Le jeudi 29 janvier 2015 par Marie Lebert

open_access_01

biblioteekje, CC BY NC SA 2.0

Depuis douze ans maintenant, notre communauté francophone traduit « open access » par « accès libre » alors que la traduction est tout simplement « accès ouvert ». Nous avons un terme français pour « open », qui est « ouvert ». Alors, pourquoi ne pas l’utiliser, comme toutes les autres langues ?

Lorsque le mouvement de l’« open access » a été lancé il y a douze ans, le but était aussi de lancer un nouveau concept, proche de l’accès libre, il est vrai, mais plus récent et un peu différent. L’accès libre touche de nombreux supports, l’accès ouvert toucherait en priorité les publications – d’abord les revues scientifiques, puis les livres scientifiques, puis toute forme de publication, multimédia ou non.

Depuis douze ans maintenant, les Espagnols traduisent « open access » par « acceso abierto », les Italiens traduisent « open access » par « accesso aperto », les Portugais traduisent « open access » par « acesso aberto », les Roumains traduisent « open access » par « acces deschis », les Catalans traduisent « open access » par « accés obert », etc.

Lire la suite

—-

Advertisements

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

Tagged with: , , ,
Publié dans Actualité au jour le jour

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Magazine littéraire

Ce magazine littéraire est l’œuvre de la Fondation littéraire Fleur de Lys et s'inscrit dans une mission d'éducation populaire au sujet du monde du livre, et ce, tant auprès des auteurs que des lecteurs.

Vous pouvez nous écrire à l'adresse suivante :


contact@manuscritdepot.com

Archives
%d blogueurs aiment ce contenu :