Connaissez-vous Harold Gendron ?

VigiSODEC_n58_02

Le nom «Gendron, Harold» est la seule métadonnée qui apparaît dans le bulletin VigiSODEC (Société de développement des entreprises culturelles). Le connaissez-vous ? Sur le site de la SODEC, on peut lire :

«Si vous avez des commentaires, des attentes ou des suggestions à propos du bulletin de veille VigiSODEC, n’hésitez pas à les faire parvenir à Harold Gendron, harold.gendron@sodec.gouv.qc.ca

Source : SODEC

VigiSODEC_n58

«VigiSODEC – Publié tous les quinze jours par la Direction générale du développement stratégique et du bureau de la présidence, ce nouvel outil d’information propose des suggestions de lecture qui peuvent contribuer à mieux comprendre les enjeux et les impacts des nouvelles technologies et des nouveaux médias sur les différents domaines culturels.» Source

Ci-dessus, la dernière édition du bulletin VigiSODEC (no 58 – 22 janvier 2015). Le bulletin se présente sous la forme d’un fichier PDF avec des liens hypertextes vers différents articles accessibles sur le web.

Curieusement, la section ÉDITION nous réfère à une article intitulé «Publier à l’ère de mégadonnées». On pourrait s’attendre à ce que ce document PDF de la SODEC, attirant lui-même notre attention sur les mégadonnées, prêche par l’exemple en état lui-même balisé de métadonnées mais il n’en est rien.

Je me demande si Harold Gendron sait que son nom apparaît dans les propriétés du PDF VigiSODEC.

Un autre document fantôme du web culturel québécois

VigiSODEC s’ajoute à la liste des documents fantômes du web culturel québécois (voir notre article : Les documents fantômes du web culturel québécois). Il s’agit de documents accessibles sur Internet, c’est-à-dire stocker sur un serveur, mais qui sont peu repérables par les moteurs de recherche parce qu’ils ne contiennent pas de métadonnées, dans le cas présent, un titre, un sujet et des mots-clés.

L’importance de ce document

Ce document revête une importance aussi grande que tous les autres documents traitant de la culture québécoise, et ce, au même titre que tous nos produits culturels (livres, musiques…) accessibles sur Internet. Oui, une chanson québécoise accessible sur Internet et ce bulletin de veille de la SODEC ont une même importance. Pourquoi? Parce qu’ils jouent tous un rôle de premier plan dans la fameuse masse critique que l’on tente de constituer sur Internet en faveur de la culture québécoise pour faire face à concurrence.

Masse critique : Le tout est plus grand que la sommes des parties

«Les programmes relatifs à la numérisation de contenus, offerts actuellement par la SODEC aux entreprises — notamment dans les domaines du livre et de la musique —, sont trop modestes pour générer une offre numérique de grande envergure. Un appui adéquat aux entreprises permettrait de rendre disponible une masse critique de contenus culturels québécois et de joindre une multitude de niches de consommateurs.»

Source : Rapport de consultation intitulé Porte grande ouverte sur le numérique – Option culture, virage numérique (Voir notre article : Livre et culture numérique au Québec : un rapport révélateur de la SODEC).

La SODEC, à l’instar des autres sociétés d’état et de la plupart des entreprises culturelles, croit que la «masse critique» qui assure à la concurrence une certaine domination sur Internet est constituée uniquement de biens et services culturels. Selon la SODEC, le tout est destinés aux «consommateurs», c’est-à-dire que la masse critique en question est essentiellement commerciale.

Or, ce n’est pas le cas. Cette masse critique ne représente pas une ou des «concurrences étrangères» mais des «cultures étrangères». Il est très important de sortir du contexte commercial. En effet, la masse critique des autres cultures nationales sur Internet, notamment celle des États-Unis et celle de la France, ne constitue pas avant tout une «offre» dans le sens commercial du terme mais un témoignage de la vie culturelle, de tout ce qui implique la vie culturelle.

Prenons l’exemple d’un livre. Il est en soi un poids sur Internet, une partie de la masse critique. Mais tout seul, il ne profite que de son propre poids. Alors qu’est-ce qui peut augmenter son poids sur Internet? Des articles dans les médias lui accordant une couverture de presse, des critiques sur des blogues, des mentions dans des bulletins et des études littéraires, des vidéo, des mentions dans les réseaux sociaux, le tout accessible sur Internet. Ainsi, le livre gagne du poids grâce à toutes ces parties qui constituent une masse critique. On conviendra aisément que le poids proprement dit de tout ce qui tourne autours d’un livre est plus grand que le poids du livre lui-même. Bref, la masse critique dépasse largement le poids du bien ou du service culturel lui-même.

Sans ces références, le livre demeurera dans l’ombre, C’est ainsi que le web fonctionne : plus un contenu fait parler de lui, plus il sera en bonne position dans les résultats de recherches affichés par les moteurs de recherches.

Sur le web, le livre n’est qu’une annonce de lui-même sur le site web de l’éditeur et ceux des libraires. Parfois, il est aussi présent sous la forme d’un extrait en ligne. La base de la masse critique est donc cette annonce et cet extrait, plus précisément, les métadonnées codées dans la page web de l’annonce et dans le fichier de l’extrait. Sans cela, il sera difficile au livre d’attirer l’attention des planètes de la galaxie du livre.

Multiplier les biens et les services culturels à l’attention des internautes «consommateurs» ne servira à rien en l’absence des métadonnées utiles au référencement par les moteurs de recherche.

Et tous les contenus culturels ont leur importance, du bulletin de la SODEC à celui de l’UNEQ en passant par les études universitaires. Chaque document est une partie prenante de la masse critique de la culture québécoise sur le web. On vient de le voir, le produit ou service culturel lui-même, n’est rien s’il ne profite pas d’un milieu de vie virtuel plus large.

C’est cet espace culturel virtuel que l’on doit créer sur Internet. Et cela exige que le moindre document soit codé de métadonnées, y compris le bulletin VigiSODEC.

À LIRE AUSSI

Sujet de prédilection de ce magazine en 2015 : le Big data, en français « mégadonnées »

Métadonnées – On en parle beaucoup mais qu’est-ce que c’est ?

Les documents fantômes du web culturel québécois

Mise à jour – 23 janvier 2015 – 14h50

Je viens de découvrir que monsieur Harold Gendron est «Chargé de projet nouveaux médias chez SODEC» depuis plus de cinq ans sur le site Linkedin. J’aimerais lire sa définition de tâches.

—-

Advertisements

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

Tagged with: , , , , , , , , , ,
Publié dans Actualité au jour le jour
8 comments on “Connaissez-vous Harold Gendron ?
  1. […] Monsieur Harold Gendron, le fonctionnaire responsable du bulletin de veille de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), n’ajoute toujours pas les métadonnées utiles au repérage du fichier PDF de cette publication par les moteurs de recherche. Nous l’avions souligné en janvier dernier (2015) dans notre article «Connaissez-vous Harold Gendron?» […]

  2. […] nos interventions répétées (ici et ici) auprès de la Société de développement des entreprises culturelles, cette dernière […]

  3. […] les documents officiels de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) (voir ici et ici). Nous avons écrit à la présidente directrice générale, madame Monique Simard, et au […]

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Magazine littéraire

Ce magazine littéraire est l’œuvre de la Fondation littéraire Fleur de Lys et s'inscrit dans une mission d'éducation populaire au sujet du monde du livre, et ce, tant auprès des auteurs que des lecteurs.

Vous pouvez nous écrire à l'adresse suivante :


contact@manuscritdepot.com

Archives
%d blogueurs aiment ce contenu :