«Et s’il faut sacrifier un maillon, on le sacrifiera pour que les autres soient plus forts.» Monique Simard, présidente et chef de la direction, Société de développement des entreprises culturelles, Québec

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Mme Monique Simard, présidente et chef de la direction de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) – 7 novembre 2014

Extrait de la conférence «La culture du changement pour une culture en changement» prononcée par Mme Monique Simard, présidente et chef de la direction de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), devant les membres et les invités  du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) le 7 novembre 2014.

Face aux défis qui attendent les entreprises culturelles, Madame affirme :

«Et s’il faut sacrifier un maillon, on le sacrifiera pour que les autres soient plus forts.»

«On ne vit plus dans un milieu linéaire avec un début, un milieu et une fin. Tout est extrêmement complexe, interconnecté. Faut mettre notre cerveau dans ce mode là. On ne vit plus dans un univers fermé. Des territoires bloqués, ça n’existe plus. Compliqué à changer ? Oui. Moi, je pense que, et puis vous allez me dire «Ah ! Mon dieu, c’est terrible qu’elle nous sorte ça», mais je le dis avec beaucoup de candeur, d’honnêteté, lucidité (…), Moi, je pense qu’on doit être solidaire, en solidarité, parce que les défis dont je viens de vous parler vous concernent tous sans exception, peu importe le maillon de la chaîne à laquelle vous appartenez. Et si vous pensez que votre maillon va survivre quand les autres ne survivront pas, détrompez-vous. C’est toute la chaîne qui va couler en(…), c’est qui qui va y allez avant, mais à la fin, tout le monde. Tout le monde est fragilisé et tout le monde doit être solidaire. Et s’il faut sacrifier un maillon, on le sacrifiera pour que les autres soient plus forts.»

«La culture du changement pour une culture en changement», Mme Monique Simard, présidente et chef de la direction de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC)

Écouter cet extrait

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Vidéo de la conférence

Cliquez ici pour voir et écouter la conférence en ligne

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Documents en ligne

Communiqué de presse de la SODEC

Les notes de la conférence sur le site de la SODEC

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Mon commentaire

J’attends une telle lucidité depuis l’étude de marché que j’ai réalisée en 2001-2002 pour la création de la première maison d’édition en ligne avec impression à la demande au Québec, la Fondation littéraire Fleur de Lys. À l’analyse des informations alors disponible au sujet de la chaîne du livre dans l’ère numérique, je devais reconnaître que tous les maillons de la chaîne traditionnelle du livre n’étaient plus indispensables. À titre d’auteur, je constatais pouvoir me priver de certains «intermédiaires» entre moi et mes lecteurs potentiels. En plus d’agir à titre d’auteur, j’apprenais que je pouvais devenir mon propre éditeur, distributeur, diffuseur et libraire. Tout cela grâce aux technologies numériques.

Notez ici que l’idée n’était pas de passer par-dessus les éditeurs mais de le devenir, de passer outre la chaîne du livre mais plutôt d’en assumer moi-même les tâches. Le numérique m’offrait tous les outils nécessaires et le web me donnait accès à toutes les informations nécessaires pour assumer mes fonctions. Et puisque je disposais déjà du sens critique indispensable pour une telle aventure littéraire, il ne restait plus qu’a me perfectionner. Enfin, le web me permettait de briser l’isolement type de l’auteur pour inviter d’autres amateurs et professionnels de l’écriture à se joindre à ce projet d’éditeur-libraire en ligne.

Au cours des dix dernières années, j’ai souvent observé cette tendance à reproduire la chaîne traditionnelle du livre dans le monde numérique, préservant ainsi tous les maillons, même si ces derniers ne sont plus tous indispensables avec les nouvelles technologies. Le Québec en est un très bel exemple.

Entendre aujourd’hui la présidente et chef de la direction de la SODEC affirmer que «s’il faut sacrifier un maillon, on le sacrifiera pour que les autres soient plus forts», est une véritable révolution dans le discours officiel du principal bailleurs de fonds gouvernemental des entreprises culturelles au Québec.

Enfin, notez bien le titre de cette conférence : «La culture du changement pour une culture en changement». Il est loin d’être anodin ou formuler ainsi pour épater la galerie. Madame Simard observe un résistance aux changements dans le milieu des entreprises culturelles. Elle veut visiblement instaurer une «culture du changement» au sein de ces entreprises qui, autrement, seront vouées à la disparition. Comme j’aime à l’écrire :

Il faut libérer l’industrie du livre de ses chaînes… pour lui donner la liberté de changement garante de son avenir.

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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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Publié dans Actualité au jour le jour

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